jeudi 27 juin 2013

26 juin, le dernier empereur d'Occident

26 juin 363

Assassinat de l'empereur Julien (331-363)...


"le plus grand homme qui peut-être ai jamais été", Voltaire.

Assassinat de l'empereur Julien le Philosophe
L'Histoire, est écrite par les vainqueurs, leur offrant ainsi la tentation humaine d'embellir leurs actions. Mais parfois, la haine dicte aussi leur témoignage qui alors humilie lâchement leur adversaire pourtant déjà à terre, alors le manque de noblesse du vainqueur, le rend indigne des lauriers que le sort de la bataille lui a décerné...

C'est ainsi que l’empereur romain Flavius Claudius Julianus, lâchement assassiné par un soldat romain chrétien. le 26 juin 363.. est communément désigné sous le nom insultant de "Julien l'Apostat" (L’apostasie signifie le renoncement consenti et réfléchi à faire partie d’une organisation religieuse).

Et pourtant, la vie de cet homme exemplaire, mort à 32 ans après seulement 20 mois de règne, force l'admiration et le respect et impose que lui soit rendu à jamais son autre nom de "Julien le Philosophe" donné par ses contemporains et qui révèle la sagesse de ses actes et de ses œuvres. 

Sa mort survenue tragiquement illustre bien la vie exemplaire de cet homme qui consacra sa courte vie à protéger et restaurer la pluralité païenne de l'empire désagrégé. Mais l'empereur Philosophe dut aussi revêtir l'armure et s'engager dans une campagne de résistance contre les Perses, enhardis depuis la mort de Constance II et qui contrôlaient alors les sources du Tigre et les portes de l'Asie mineure.

Après la bataille de Ctésiphon le 29 mai 363, et malgré la superbe victoire tactique des romains obtenue devant les murs de la cité, Julien est contraint, faute de moyens de lever le siège de la ville et de se replier le long du Tigre, harcelé par les troupes deu Roi Shapur.
L'empereur Julien reste au plus fort des combats, dans l'arrière garde l'arrière de son armée qui inflige de lourdes pertes à l'ennemi. Dans le secteur de Samarra, au centre de l'actuel Irak,  alors que l'arrière garde subit de violentes attaques, l'empereur Julien se précipite dans la mêlée au milieu de ses hommes galvanisés. 
Alors que l'ennemi est en déroute, Julien s'écroule vraisemblablement touché par un coup de lance donné par un soldat chrétien trahissant cet homme qui avait refuser de se soumettre à la religion chrétienne pour se tourner vers le Paganisme des traditions européennes...

Ainsi disparaissait le dernier grand Empereur romain et avec lui les rêves du monde antique...

Dans la vision erronée et manichéiste des vainqueurs du paganisme, Julien est faussement représenté comme un réactionnaire qui refuse l'évolution du monde social, politique ou religieux. 
Or il n'en est rien, car s'il voulait restaurer les rites anciens Julien agissait dans l'esprit de tolérance qui caractérise les polythéismes traditionnels et les platoniciens, tout en observant les nouveaux courants de pensée politique ou religieuse. Ainsi, pour ses réformes, Julien savait s’entourer des meilleurs esprits de son temps : Ammien Marcellin, le dernier grand historien latin, Libanios, le dernier grand rhéteur grec, Oribase, le dernier grand médecin de l’Antiquité, et le préfet philosophe Salutius. 


Claude Fouquet est l'auteur d'une passionnante biographie de l'empereur Julien : Julien, La mort du monde antique (1985, réédition : L'Harmattan, 2009, 366 pages, 32,50 euros).

«Quand, avec l’aide de Pierre Grimal, j’ai entrepris d’évoquer le destin de l’empereur Julien, c’est parce que, malgré la distance des siècles, je croyais comprendre les sentiments d’un homme qui voyait autour de lui s’effondrer les valeurs qu’il aimait. Mais au fur et à mesure que j’ai lu ses écrits et ceux de ses contemporains, je me suis aperçu que, loin d’être uniquement rétrospective, sa pensée était fortement imprégnée de christianisme, et que l’interprétation qu’il donnait de la pensée antique était proche de celle des Pères de l’Église, ses condisciples à Athènes, tels Grégoire de Nazianze, Basile de Césarée, et aussi de celle de Jean Chrysostome, rencontré à Antioche. Curieusement, il avait les qualités d’un saint chrétien : chasteté comprise. C’est sur le modèle de l’Église qu’il chercha à fédérer les cultes païens, qui avaient toujours été indépendants jusque-là» (Claude Fouquet)




Voici des extraits d'un texte de Christopher Gérard publié sur les blogs  "Erigénia" en 2010 et "Le chemin sous les buis" en 2013.

"Les amis de l'empereur Julien sont toujours des gens bien; et ses calomniateurs des canailles" G. Matzneff, Boulevard Saint-Germain, 1998

"Julien est admirable. Il y a toujours des moments dans la vie où son exemple fait chanceler" Michel Déon, lettre du 24 novembre 2002

Le 26 juin 363 mourait l'empereur Julien, "le plus grand homme qui peut-être ai jamais été" (Voltaire), tué à l'ennemi... mais par un javelot romain! Nul ne sait qui arma ce bras, qui priva l'Antiquité de son dernier grand capitaine et Rome de sa plus belle victoire depuis Hannibal: la chute de l'empire perse, son seul concurrent sérieux...

A Julien agonisant, ses amis les philosophes néo-platoniciens Priscos et Maxime d’Éphèse transmirent un oracle d’Hélios :


Quant à ton sceptre tu auras soumis la race des Perses,
Jusqu’à Séleucie les pourchassant à coups d’épée,
Alors vers l’Olympe tu monteras dans un char de feu
Que la région des tempêtes secouera dans ses tourbillons.
Délivré de la douloureuse souffrance de tes membres mortels,
Tu arriveras à la lumière éthérée de la cour royale de ton père,
D’où tu t ’égaras jadis, quand tu vins demeurer dans le corps d’un homme.

Ces quelques vers parurent réconforter l’Empereur qui expira à 32 ans, après un court règne de vingt mois. 

Né en 331 d’une vieille famille d’adorateurs de Sol Invictus, Julien assista à l’âge de six ans, au massacre de son père, de son oncle, de ses cousins, égorgés sous ses yeux sur l’ordre du chrétien Constance II. Seul survivant avec son demi-frère Gallus de ce carnage dynastique, il fut élevé dans la religion chrétienne, qu’il connut donc de l’intérieur avant de la combattre. Le surnom insultant d’Apostat (« renégat »), donné par des chrétiens, ne se justifie que dans une vision déformée de l’Histoire (parle-t-on de Constantin l’Apostat?) ; il est donc plus juste de l’appeler Julien le Philosophe ou même Julien le Grand, comme ses contemporains. Car Julien, « l’immense Julien » (G. Matzneff) ne fit que rejeter la religion des assassins de ses parents, qu’un baptême fort opportun avait, aux yeux du clergé, lavés de leurs crimes. »

L'immense Julien ne fit que rejeter la religion des assassins de ses parents, qu'un baptême fort opportun avait, aux yeux du clergé, lavés de leurs crimes. Après une enfance cloîtrée et studieuse, passée en Cappadoce dans l'amitié des livres mais dans la crainte constante d'être assassiné, Julien étudia la philosophie et la littérature grecque, qui achevèrent de le convaincre de l'imposture chrétienne. Dès 351, Julien est redevenu ce qu'il était depuis toujours: un adorateur des anciens Dieux, et tout particulièrement d'Hélios. [...]

À l'âge de vingt ans, sa conversion au paganisme consommée, Julien fréquente les cénacles païens, qui observent d'un oeil plein de sympathie pour ce jeune prince impérial dévoué à leur cause. Pour cette franc-maçonnerie qui rêve au retour des Dieux, Julien représente l'espoir de restaurer l'hellénisme, de sauver l'Empire de la décadence qui le mine. Supérieurement intelligent et lucide, rempli d'un amour aristocratique du passé et d'un mépris infini pour le présent chrétien, Julien, qui est aussi le dernier descendant de la famille de Constantin, mène alors la vie rangée du jeune philosophe, simple et accessible, d'où sa popularité, qui ne laisse d'inquiéter Constance II. Vers 350, le christianisme est encore minoritaire: les classes dominantes, l'intelligentsia, la haute administration, le corps professoral, l'armée, l'aristocratie, demeurent fidèles aux Dieux de l'Empire. Sous Constantin (306-337), les chrétiens ne représente que cinq pourcents de la population mais ils sont remarquablement organisés en une Église, qui est déjà un modèle d'opportunisme.

Les conversions sont souvent dictées par l'intérêt, comme celle de l'évêque de Pégase, adorateur en secret d'Hélios… Dans ce contexte, parler de "Crépuscule des Dieux", de "fin du paganisme" ne correspond nullement à la réalité: à l'instar de la civilisation romaine, on peut dire, en paraphrasant Piganiol, que le paganisme a été assassiné. [...]

Naturaliter paganus, le jeune prince a, très tôt, ressenti une répulsion instinctive pour la foi chrétienne, totalement incompatible avec son mysticisme panthéiste et solaire, son amour de la culture grecque, méprisée par les Galiléens. Primordial est le rôle joué par son pédagogue, Mardonios, qui fut pendant les années de jeunesse de l'orphelin, le seul adulte à lui témoigner de l'affection. Il semble qu'il y ait eu conversion à Mardonios, qui se mua en conversion à la Paideia hellénique, ce qui explique son refus du christianisme, en tant que contre-culture.

Après quelques courts moments passés à Athènes, où il se fait initier aux Mystères d'Eleusis, Julien se voit confier la défense des Gaules ravagées par les Barbares. Il y fait ses premières armes et montre des qualités militaires et administratives inattendues chez un rat de bibliothèque. Sa popularité ne cesse de croître, attisée par ses amis crypto-païens, à la tête desquels se trouve le médecin Oribase. Enhardi par ses premiers faits d'armes, Julien écrase les Germains près de Strasbourg: il est alors maître d'une Gaule pacifiée pour 50 ans. Il n'hésite pas à franchir le Rhin à plusieurs reprises, dernier César à porter les aigles impériales au-delà du fleuve. C'est dans sa chère Lutèce, dans l'Ile de la Cité, qu'il est proclamée Auguste à la mode germanique en 360 par les troupes celtiques révoltées.

Relisons ce qu'en dit Julien. Les hommes de Constance tentent de soudoyer ses partisans, mais "l'un des officiers de la suite de ma femme surprend cette surnoise manœuvre et me la révèle sans tarder. Quand il voit que je n'en fais aucun cas, hors de lui comme les gens inspirés par les Dieux, il se met à crier en public, au milieu de la place: Soldats, étrangers et citoyens, ne trahissez pas l'Empereur !

A ces mots, l'indignation saisit les soldats: tous accourent en armes dans le Palais, et là, m'ayant trouvé vivant, ils se livrent à la joie comme on le ferait à la vue inespéré d'un ami.

Ils m'entourent de tous côtés, m'embrassent, me portent sur leurs épaules. C'était un spectacle digne d'être vu: on se serait cru devant un divin transport". Ammien Marcellin décrit la façon, peu orthodoxe pour un Romain, dont fut couronné Julien: "On (les Celtes et les Pétulants) le hissa sur un bouclier de fantassin, et tandis qu'il se dressait bien haut au-dessus de la foule sans que personne fît silence, il fut déclaré Auguste; […] un certains Maurus retira la torque qui était son insigne de porte-étendart, et le posa avec une belle audace sur la tête de Julien"

Ce sont donc des corps francs celtiques, au courage reconnu, qui proclament le dernier empereur païen, sur le pavois comme un chef barbare et le coiffent d'un torque gaulois en guise de couronne. Image saisissante que ces Celtes du Bas Empire qui, comme leurs ancêtres de la période de Halstatt mille ans plus tôt, offrent un torque à leur chef. Quelle continuité! Que les descendants de ces guerriers qui résistèrent à César se révèlent -fascinant paradoxe- les plus fidèles soutiens de l'Empire quatre siècles plus tard m'émeut au suprême. J'y vois l'une de ces contradictions qui donnent leur sel à la vie: malgré l'immense tort causé par Rome, malgré la depopulatio et les massacres, malgré l'interdiction du druidisme sous Claude, des Celtes, fidèles à la parole donnée, se battent et meurent pour un suzerain dont ils se veulent les vassaux. 

À l'origine de ce pronunciamiento, l'activité souterraine et inlassable d'une sorte de fraternité groupée autour d'Oribase. La mort providentielle de Constance II le laisse seul maître de l'Empire en 361. Julien est libre d'adorer les Dieux en public et d'inaugurer une ambitieuse politique de restauration païenne. Lors de son arrivée triomphale à Constantinople, il est promu aux plus hauts grades du culte de Mithra, le Dieu perse né d'une vierge le 25 décembre, identifié au IVe siècle avec le Soleil Invaincu, principale manifestation de l'Être.

Toute sa vie, Julien respectera scrupuleusement la morale mithriaque, exigeante et chevaleresque: loyauté, maîtrise de soi, bonté et piété. Une des premières mesures de l'autocrate est de proclamer la liberté religieuse, pour les païens, dont les temples en Orient étaient pillés par le clergé, pour les hérétiques. Ces derniers sont libres de rentrer d'exil, de sortir de la clandestinité, à la grande fureur des orthodoxes.

Nulle persécution donc, comme l'a prétendu l'hagiographie ecclésiastique: tout simplement les chrétiens redeviennent des citoyens comme les autres. Pour le clergé, le temps du privilèges, du parasitisme des finances publiques, de la spoliation systématique est terminé. Quelques émeutes anti-chrétiennes éclatent en Orient, à Alexandrie par exemple.

Julien entreprend de réformer la Cour orientalisante de ses prédécesseurs: il supprime les postes inutiles ainsi que le cérémonial calqué sur celui des Sassanides pour revenir à une certaine austérité, une simplicité plus romaines. Car, fidèle à ses modèles Trajan et Marc-Aurèle, le jeune empereur aspire à un retour au principat libéral des Antonins avec un Sénat respecté, des cités autonomes. Tout le contraire de l'Empire centralisé et totalitaire des souverains chrétiens, leur police politique (les agentes in rebus) toute-puissante, leur administration tentaculaire, sans oublier le fisc...

Tout comme Marc-Aurèle, Julien pratique une politique de déflation, réduit les charges, répartit mieux les impôts, qui diminuent de 20%. Dans l'armée, il rétablit la discipline et veille au paiement régulier de la solde. L'avènement de Julien marque le début d'une authentique réforme intellectuelle et morale, d'un effort de recivilisation. En effet, le Prince éprouve, depuis toujours, une vive répulsion pour la violence physique et la répression aveugle, fait unique au IVe siècle, "époque où l'on a haï le plus" (Cioran).
Dans ce siècle de fer, Julien le Philosophe sera le seul souverain réellement tolérant, le seul à refuser les conversions forcées: "Pour persuader les hommes et les instruire, il faut recourir à la raison, et non aux coups, aux outrages, aux supplices corporels. Je ne puis trop le répéter: que ceux qui ont du zèle pour la vraie religion ne molestent, n'attaquent ni n'insultent les foules des Galiléens."

Pour lui, l'hellénisme est l'humanisme par excellence: le renier, comme le font nombre de Chrétiens de son temps, est à ses yeux le pire des crimes. Mille générations d'hommes, et non des moindres, Homères, Hésiode, les Tragiques, le divin Platon, seraient perdus à jamais pour n'avoir pas adoré le Christ ?

Idée impensable pour ce philhellène. Le "Tu n'adoreras pas d'autres Dieux", le "Je suis un Dieu jaloux" lui paraissent de purs blasphème et, à ses yeux, le Dieu d'Israël n'est qu'un Dieu national, celui des Hébreux. Il y a chez Julien un refus net de l'universalisme religieux. Déjà le polémiste Celse ironisait sur la révélation envoyée "dans un seul coin de la terre". L'arrivée tardive du novus Deus Galilaeus faisait les gorges chaudes païens anciens : Celse l'appelle "Celui qui vient d'apparaître". En fait, pour Julien, les Chrétiens, qui ne sont même pas fidèle au Dieu des Hébreux, sont des apatrides, qui n'ont point leur place dans vision hiérarchisée du Cosmos où chaque peuple a ses Dieux nationaux, qu'il appelle "ethnarques".

Au mois de Mars 363, aveuglé par le mirage oriental, l'Empereur lance contre la Perse la grande expédition dont il ne reviendra pas. Après sa mort, providentielle pour l'Église, son successeur, le chrétien Jovien, signe une paix honteuse avec les Perses, réduisant à néant les acquis de la campagne. Le clergé pavoise et les païens se terrent. C'est le début de la légende noire de Julien, qui durera mille ans. Pourtant, nombreux sont les chrétiens qui reconnaissent l'envergure exceptionnelle et le charisme de l'autocrate. Ses idées forment de la propagande païenne au Ve siècle et son prestige fait de lui le héros de la résistance au christianisme. Ses oeuvres continuent d'être lues à Byzances par des cénacles non-conformistes, qui perpétuent sa mémoire et recopient inlassablement ses manuscrits. En 1489, Laurent de Médicis fait représenter une pièce ou Julien apparaît comme le défenseur de la grandeur romaine et de l'hellénisme. Ses écrits sont alors publiés, devenant accessibles à toute l'élite cultivée.

Pour un Païen, contemporain, l'immense Julien demeure un modèle de droiture, de pureté, ainsi que le héros clandestin de notre culture. Comment ne pas partager l'opinion de Montaigne: "C'était, à la vérité, un très grand homme et rare, […]; et, de vrai, il n'est aucune sorte de vertu de quoi il n'ait laissé de très notables exemples"; ou celle de Montesquieu: "Il n'y a point eu après lui de prince plus digne de gouverner les hommes" ?
Christopher Gérard, « Parcours païen »


QUELQUES FRAGMENTS D'UNE VIE BRÈVE MAIS INTENSE
Julien II dit "l"Apostat"

ACTIONS SUR LE PLAN PHILOSOPHIQUE

Ayant été initié très jeunes à la culture grecque, et à la passion de la lecture, Julien suit plus tard des cours de philosophie à Athènes, où il côtoie Basile de Césarée et Grégoire de Nazianze qui deviendra son adversaire. Il a également étudié l’astronomie dans les traités de Ptolémée. Citant de mémoire Homère, Platon et Plutarque Julien resta toute sa vie un observateur politique attentif et combattant militaire audacieux, développant une pensée à la fois traditionnelle et pragmatique, 

- Il a écrit un ouvrage critique contre le christianisme, le "Contre les Galiléens" détruit par les chrétiens.

Adepte de la philosophie néoplatonicienne, on peut distinguer également parmi ses œuvres :

- des lettres à des amis ou à des personnages de son temps,

- des écrits satiriques ou polémiques : Les Césars, Le Misopogon, Contre Héracleios, Contre les cyniques ignorants,

- des écrits philosophico-religieux : Sur la Mère des dieux, Sur Hélios-Roi,

- des écrits politiques ou philosophico-politiques : Lettre à Thémistius, Lettre aux Athéniens

- des écrits rhétoriques : éloges de Constance (l'empereur, son cousin), d'Eusébie (impératrice, épouse de Constance), une consolation à soi-même.

ACTIONS SUR LE PLAN RELIGIEUX

A la mort de Constance, Julien veut s'opposer à l'hégémonie de la nouvelle religion adopté par ses prédécesseurs. Il propose dans un premier temps un retour au polythéisme et à la tolérance ou chacun, y compris juifs et chrétiens trouveront leur place.

- Il promulgua un Edit de tolérance en 362, autorisant toutes les religions, abrogeant également les mesures prises non seulement contre le paganisme mais aussi contre les juifs et chrétiens qui ne suivaient pas le credo d’inspiration arienne. 

- Julien repris le titre de Grand Pontife au sens originel, releva les temples, restaura les prêtres dans leur fonction. Il remplaça les notaires technocrates de Constance par des élèves de Libanius, et nomma de nouveaux gouverneurs, vicaires (responsable d’un diocèse subordonné au préfet du prétoire, mais supérieur au gouverneur) et préfets…choisis parmi les païens.

- Mais l'intolérance des chrétiens refusant la cohabitation avec les autres croyances,  il alla droit au but en promulguant des lois anti-chrétiennes, le 17 juin 362, comme les lois interdisant aux chrétiens d'enseigner la poésie classique parce qu'elle évoquait des dieux qu'ils refusent.

- En revanche, il refusa toujours les persécutions, (malgré quelques exécutions de soldats résistants), en affirmant que les chrétiens devaient reconnaître leurs erreurs par eux-mêmes.
Gibbon, dans Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain, parla du système très ingénieux utilisé par Julien afin de parvenir à ses fins sans être coupable de persécutions.
Ainsi, Julien avait une certaine considération pour les Juifs dont il reconstruisait le temple. En effet, pour lui, le christianisme étant une déformation du culte de Yahvé.

- Julien prit aussi modèle sur l’Eglise chrétienne afin de réformer les institutions païennes: il la hiérarchisa sous ses grands prêtres, assimilés à des évêques, chargés des sacrifices et les cérémonies, mais il créa également des institutions charitables et invita donc à pratiquer les vertus chrétiennes de charité envers les pauvres et les malades, d’ascétisme…

Julien désirait revenir à un système moins autocratique et plus conforme à la tradition républicaine : il était partisan d’un principat libéral.

ACTIONS SUR LE PLAN MILITAIRE

Travailleur acharné, Julien se soumet dés son éducation à un dur entraînement militaire, et cet intellectuel se révèle rapidement un excellent administrateur et un stratège efficace et un combattant courageux. 

- Installé à Lutèce (Paris), où l'armée le reconnaît "César des Gaules" il mène une campagne victorieuse contre les Alamans qui s'achève par une victoire éclatante à Argentorate (Strasbourg) en 357.

Mais a tension monte entre Julien qui vient d'être nommé Auguste et marche sur Constantinople où l'empereur Constance mourant, se résout, pour conserver le pourpre impérial dans la famille à le nommer malgré tout son successeur en 361.

- Julien s'engage alors sur le front oriental dans une campagne qui mènera son armée jusqu'à la capitale des Perses. Mais accablé par la chaleur du climat les réticences 'une partie de son armée, le manque de moyens logistiques amplifié par la politique de la terre brûlée des Perses, il doit battre en retraite et, le 26 juin 363, est mortellement blessé au combat. 

ACTIONS SUR LE PLAN POLITIQUE

Julien devenu empereur à la mort de Constance en 361, manifeste son intention de revenir à un empire de forme moins autocratique et plus conforme à la tradition républicaine du principat telle qu'elle existait sous Auguste. Son règne n'en reste pas moins autoritaire.

- Il réorganisa donc et assainit l’administration en réduisant le personnel du palais et celui qui était affecté à l’espionnage et la délation (les notaires).

- En accord avec son mode de vie sobre, il réduisit le cérémonial et l’apparat de la cour. Il expulsa notamment les serviteurs du palais.

- Il rendit au Sénat ses anciens privilèges : immunités fiscales et judiciaires.

- Il rendit aux curies (les lieux de rassemblement du conseil municipal en province) le droit de perception des impôts, les repeupla de personnes capables d’assumer financièrement cette charge et dispensa la curiale de chrysargyre (impôt reçu en métaux précieux).

- Il tenta de rendra la justice personnellement autant que possible et fit réduire le temps d’attente des procès ;

- Il essaya de réduire les charges qui accablaient certaines classes sociales, en s’opposant notamment aux arriérés d’impôts qui ne profitaient qu’aux riches. Il restitua également aux cités leurs biens communaux confisqués par Constantin.

Après avoir réorganisé la lourde administration impériale, il va s'installer à Antioche pour y préparer l’invasion de la Perse. Mais là, il se heurte à la nombreuse population chrétienne de la ville, qui lui manifeste son hostilité.

CONCLUSION

Julien fut le seul successeur de Constantin 1er à ne pas pratiquer la nouvelle religion. On lui prête ce mot apocryphe au moment de sa mort : «Tu as vaincu, Galiléen !», le Galiléen en question n'étant autre que le Christ.

L'empereur mérite mieux que cette mauvaise réputation. Jeune général toujours victorieux, mort au combat à 33 ans, il fut le plus intellectuel des empereurs romains, avec Marc Aurèle, son modèle...


Ctésiphon , en Irak, ancienne capitale des Perses

Sources principales :

-  www. Wikipédia 
-  www."Le chemins sous le buis", divers articles
-  www."Erigénia"
-  www.Hérodote.net
"Julien, La mort du monde antique", Claude Fouquet  (1985, réédition : L'Harmattan, 2009,)
-  www.Remacle, étude sur Julien
- www. histoirepourtous.canalblog.com


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