lundi 8 juillet 2013

8 juillet, la liberté n'a pas de prix

1621, naissance de Jean de La Fontaine


"Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage." (Le Lion et le Rat, II, 11)


La Fontaine - Hyacinthe Rigaud -1690
Jean de La Fontaine est né à Château Thierry ce 8 juillet 1621, il meurt à Paris le 13 avril 1695, nous laissant de nombreuses œuvres littéraires :  des poèmes, des odes des contes, des romans, mais surtout des fables qui vont lui offrir l'universalité et l'éternité...

Car ce fabuleux fabuliste collecteur de contes et d'histoires anciennes est avant tout un observateur attentif de la société et de l'âme humaine qu'il dépeint, décrit et critique à force d'allégories et de fables surtout animalières, dont beaucoup de vers s'immortalisent au cours des siècles suivants dans des métamorphoses proverbiales 

Dans les écoles de la décadence, les fables sont en train de disparaître petit à petit sous les coups de la tyrannie de la pensée unique qui n'aime pas que l'homme entretienne ses liens éthiques avec un passé qui rappelle que le sens critique est la base de la liberté de pensée et d'action...

Et pourtant ces fables de Monsieur Jean de La Fontaine n'accuse aucune ride... Au contraire certaines semblent plus que jamais d'actualité en cette période de dictature, de propagande et de soumission

Il est temps que nous les relisions attentivement à l'aune de notre société moderne pour alimenter  au fond de nos coeurs la flamme des Hommes libres...

video

Un Loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
"Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. "
Le Loup reprit : "Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. "
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
"Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. "
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.

3 commentaires :

  1. Bonjour, je suis tombé sur votre blog "Tradition" par Face Book où je suis inscrit sous le nom Jean-Luc Em, et j'ai beaucoup aimé faire cette rencontre. A un point tel que je vous ai rajouté dans mes liens du Chemin sous les Buis, sous la rubrique "Combat". Pour ne rater aucun de vos écrits je me suis aussi abonné sous l'adresse Kylhuk@free.fr Merci pour votre ton nouveau et d'une légèreté (rien de péjoratif là-dedans, bien au contraire !) bien rafraîchissante... Bon vent et bien cordialement.

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    1. Merci de votre bel encouragement pour le novice de l'écriture virtuelle qui tente avec passion de s'engager à son tour dans "le chemin sous les buis" que vous avez si bellement tracé et que je lie avec joie et respect à ma page d'accueil. Amicalement

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  2. merci, c'est très gentil à vous. Amicalement

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