samedi 6 juillet 2013

La sentinelle


Magnifique photo de Dieter Heller partagée le 1er juillet 2013 sur le blog "les amis d'Hélie de Saint Marc"

Voilà un mois maintenant que je me suis lancé sur la toile, apportant au gré des articles divers, écrits ou relayés un témoignage que je veux être celui d'un homme libre, observateur attentif à l'évolution du monde. Normalement, c'est plutôt par cet article qu'il aurait fallu ouvrir le bal de l'écriture, mais ici sur ce blog de réflexions rebelles et païennes, je voulais d'abord sentir les vents avant de fixer le cap éditorial.

Qui suis-je ? Cela n'a pas d'importance, observateur, veilleur, héritier, rebelle, je n'aspire qu'a être cette sentinelle prête au combat qui fixe l'horizon qui s'obscurcit...

Nous arrivons dans l'âge sombre d'un cycle où les valeurs sont attaquées par la décadence inéluctable d'un système corrompu et aliéné par le pouvoir de l'argent.

Deux attitudes restent à l'Homme, "baisser les bras" et s'enivrer des petits plaisirs hypnotiques qui le rendent esclave de cette société consumériste... ou 'relever la tête" pour gagner le bonheur de rester libre de participer à la défense du monde.

Mais nous ne pouvons lutter contre les cycles, pas plus ceux de la Nature que ceux de l'Histoire, et ce qu'il nous faut réaliser aujourd'hui c'est un sanctuaire fortifié par notre héritage où nos valeurs communes seront préservées comme un feu sacré. Peu importe la tempête qui s'annonce à l'horizon de notre civilisation, elle peut , comme par le passé, survivre et renaître sous d'autres formes plus grandes et plus hautes...et même si dans un temps de malheur, les flammes ne sont plus visibles l'essentiel est que, sous la cendre, la braise soit gardée et défendue. 


"Chacun est responsable, chacun est responsable de tous"


Cette phrase de Saint-Exupéry me revient ainsi que cette magnifique définition de la sentinelle qu'il nous laisse dans son ouvrage posthume "Citadelle" (1948), véritable testament spirituel et politique.

Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944)
« Sentinelle,sentinelle, tu es sens des remparts (...) Tu vas de long en large, d'abord ouvert à la rumeur d'un désert qui prépare ses armes et inlassablement te revient frapper comme la houle, et te pétrir et te durcir, en même temps que te menacer. Car il n'est point a distinguer ce qui te ravage de ce qui te fonde, car le même vent qui sculpte les dunes et les efface, le même flot qui sculpte la falaise et l'éboule, la même contrainte qui te sculpte l'âme et l'abrutit, le même travail qui te fait vivre et t'en empêche, le même amour comblé qui te comble et qui te vide. Et ton ennemi, c'est ta forme même car il t'oblige a te construire à l'intérieur de tes remparts.(...)

Sentinelle, sentinelle, c'est en marchant le long des remparts dans l'ennui du doute qui vient des nuits chaudes, c'est en écoutant les bruits de la ville quand la ville ne te parle pas, c'est en surveillant les demeures des hommes quand elles ne sont que morne assemblage, c'est en respirant le désert autour quand il n'est que vide, c'est en t'efforçant d'aimer sans aimer, de croire sans croire, et d'être fidèle quand il n'est plus à qui être fidèle, que tu prépares en toi l'illumination de la sentinelle, qui te viendra parfois comme récompense et don de l'amour.


Fidèle à toi-même n'est point difficile quand se montre à qui être fidèle, mais je veux que ton souvenir forme un appel de chaque instant et que tu te dises : "Que ma maison soit visitée. Je l'ai construite et la tiens pure... ". Et ma contrainte est là pour t'aider. Et j'oblige mes prêtres au sacrifice même si les voilà, ces sacrifices, qui n'ont plus de sens. J'oblige mes sculpteurs à sculpter même si voilà qu'ils doutent d'eux-mêmes. J'oblige mes sentinelles à faire les cent pas sous peine de mort, sinon les voilà mortes d'elles-mêmes, tranchées déjà par elles-mêmes d'avec l'empire. Je les sauve par ma rigueur ».



"Chaque sentinelle, je la veux responsable de tout l'empire"





Erwan Castel

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