dimanche 14 juillet 2013

"Pratiquer l'Honneur contre les honneurs"

"La soif de paraître est une passion terrible qui détruit l'humanité dans l'homme. (...)
Si je dois rendre grâce d'une seule chose à la vie rude qui fut la mienne, c'est de m'avoir appris à considérer les hommes, quels qu'ils soient, sur le même plan. Sous l'écorce de l'apparence, on trouve un rien, une poussière, un grain de sable qui concentre tout l'humain."                      
Hélie de Saint Marc,  "Les sentinelles du soir"

Commandant Hélie Denoix de Saint Marc

Le commandant Hélie Denoix de Saint Marc est né le 11 février 1922 à Bordeaux. Le courage de cet homme et son sens de l'Honneur vont le conduire au coeur des déchirures de l'Histoire humaine arpentant les sommets de la gloire avant d'être voué aux gémonies d'une société lâche et ingrate qui oublie le sacrifice de toute sa vie... au crépuscule de sa vie exemplaire, Hélie de Saint marc nous le témoignage d'une vie mise au service de l'Honneur et un message de courage et d'espérance pour notre avenir que ses actes vertueux ont contribué à protéger.

BIOGRAPHIE

A 19 ans il entre en Résistance en février 1941, arrêté il est déporté au camp de Buchenwald et en réchappe miraculeusement. Après la guerre il entre à Saint Cyr et pars jeune officier en Indochine sur le poste de Talung. Cette guerre va laisser dans le coeur d'Hélie de Saint Marc une "blessure jaune" liée à l'abandon meurtrier des partisans indochinois par le Haut-commandement français. Il retournera une deuxième fois en Indochine au sein du 2° Batalllon Etranger Parachutiste.

Hélie de Saint Marc, en Algérie est au 1er Régiment Etranger Parachutiste, qu'il commande au moment du putsch d'Alger dirigé par le général Challe en avril 1961. Hélie de Saint Marc rejoint alors la rébellion, décidé à ne pas abandonné les harkis d'Algérie dans les mains des égorgeurs du FLN. Il sera condamné à 10 ans de réclusion criminelle par le Haut Tribunal Militaire en juin 1961.

Après sa libération, il s'installe à Lyon où il recouvre ses droits civils et militaires en 1978.

En 1989, Hélie de saint Marc témoin de notre temps, sort de l'ombre et nous livre ses réflexions et pensées à travers des biographies, des entretiens et des livres...

À 89 ans, il est fait grand-croix de la Légion d'honneur, le 28 novembre 2011, par le Président de la République, Nicolas Sarkozy
Il vit aujourd'hui retiré dans sa maison de la Drôme...

DÉCORATIONS


- Grand-croix de la Légion d'honneur, en date du 25 novembre 2011.

- Croix de guerre 1939-1945 avec 1 citation

- Croix de guerre des TOE avec 8 citations

- Croix de la valeur militaire avec 4 citations

- Médaille de la résistance
- Croix du combattant volontaire de la Résistance
- Croix du combattant
- Médaille coloniale avec agrafe « Extrême-Orient »
- Médaille commémorative de la guerre 1939-1945
- Médaille de la déportation et de l'internement pour faits de Résistance
- Médaille commémorative de la campagne d'Indochine
- Médaille commémorative des opérations du Moyen-Orient (1956)
- Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre en Afrique du - - Nord (1958) avec agrafes « Algérie » et « Tunisie »
- Insigne des blessés militaires
- Officier dans l'ordre du mérite civil Taï Sip Hoc Chau

OUVRAGES

- Les Champs de braises. Mémoires avec Laurent Beccaria, édition Perrin, 1995, (ISBN 2262011184) , Prix littéraire de l'armée de terre - Erwan Bergot en 1995, Prix Femina Essai en 1996.
- Les Sentinelles du soir, édition Les Arènes, 1999, (ISBN 2912485029)
- Indochine, notre guerre orpheline, édition Les Arènes, 2000, (ISBN 2912485207)
- Notre histoire (1922-1945) avec August von Kageneck, conversations recueillies par Étienne de Montety, édition Les Arènes, 2002, (ISBN 2912485347)
- Die Wächter des Abends, Edition Atlantis, 2000, (ISBN 3932711513)6
- Asche und Glut. Erinnerungen. Résistance und KZ Buchenwald. Fallschirmjäger der Fremdenlegion. Indochina- und Algerienkrieg. Putsch gegen de Gaulle, Edition Atlantis, 1998, 2003, (ISBN 3932711505)7
- Toute une vie ou Paroles d'Hélie de Saint Marc écrit en collaboration avec Laurent Beccaria, volume comprenant un CD audio d'émission radiophonique, édition Les Arènes, 2004, (ISBN 2912485770)
- La Guerre d'Algérie 1954-1962, avec Patrick Buisson, préface de Michel Déon (avec DVD), Albin Michel, 2009 (ISBN 222618175X)
- L’Aventure et l’Espérance, édition Les Arènes, 2010, (ISBN 9782352040910)


SITE OFFICIEL  Le lien ici : Hélie de Saint Marc

CITATIONS         Le lien ici : Hélie de Saint marc

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« QUE DIRE A UN JEUNE DE 20 ANS »

Quand on a connu tout et le contraire de tout,
quand on a beaucoup vécu et qu’on est au soir de sa vie,
on est tenté de ne rien lui dire,
sachant qu’à chaque génération suffit sa peine,
sachant aussi que la recherche, le doute, les remises en cause
font partie de la noblesse de l’existence.

Pourtant, je ne veux pas me dérober,
et à ce jeune interlocuteur, je répondrai ceci,
en me souvenant de ce qu’écrivait un auteur contemporain :

«Il ne faut pas s’installer dans sa vérité
 et vouloir l’asséner comme une certitude,
 mais savoir l’offrir en tremblant comme un mystère».

A mon jeune interlocuteur,
je dirai donc que nous vivons une période difficile
où les bases de ce qu’on appelait la Morale
et qu’on appelle aujourd’hui l’Ethique,
sont remises constamment en cause,
en particulier dans les domaines du don de la vie,
de la manipulation de la vie,
de l’interruption de la vie.

Dans ces domaines,
de terribles questions nous attendent dans les décennies à venir.
Oui, nous vivons une période difficile
où l’individualisme systématique,
le profit à n’importe quel prix,
le matérialisme,
l’emportent sur les forces de l’esprit.

Oui, nous vivons une période difficile
où il est toujours question de droit et jamais de devoir
et où la responsabilité qui est l’once de tout destin,
tend à être occultée.

Mais je dirai à mon jeune interlocuteur que malgré tout cela,
il faut croire à la grandeur de l’aventure humaine.
Il faut savoir,
jusqu’au dernier jour,
jusqu’à la dernière heure,
rouler son propre rocher.

La vie est un combat
le métier d’homme est un rude métier.
Ceux qui vivent sont ceux qui se battent.

Il faut savoir
que rien n’est sûr,
que rien n’est facile,
que rien n’est donné,
que rien n’est gratuit.
Tout se conquiert, tout se mérite.
Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu.

Je dirai à mon jeune interlocuteur
que pour ma très modeste part,
je crois que la vie est un don de Dieu
et qu’il faut savoir découvrir au-delà de ce qui apparaît comme l’absurdité du monde,
une signification à notre existence.

Je lui dirai
qu’il faut savoir trouver à travers les difficultés et les épreuves,
cette générosité,
cette noblesse,
cette miraculeuse et mystérieuse beauté éparse à travers le monde,
qu’il faut savoir découvrir ces étoiles,
qui nous guident où nous sommes plongés
au plus profond de la nuit
et le tremblement sacré des choses invisibles.

Je lui dirai
que tout homme est une exception,
qu’il a sa propre dignité
et qu’il faut savoir respecter cette dignité.

Je lui dirai
qu’envers et contre tous
il faut croire à son pays et en son avenir.
Enfin, je lui dirai
que de toutes les vertus,
la plus importante, parce qu’elle est la motrice de toutes les autres
et qu’elle est nécessaire à l’exercice des autres,
de toutes les vertus,
la plus importante me paraît être le courage, les courages,
et surtout celui dont on ne parle pas
et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse. 

Et pratiquer ce courage, ces courages,
c’est peut-être cela

«L’Honneur de Vivre»
Hélie de Saint Marc
Commandant Hélie Denoix de Saint Marc
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LE COURAGE DE LA VÉRITÉ : Entretien avec Hélie de Saint Marc


« Un œil qui s’amuse tandis que l’autre pleure… ». Pourquoi cette terrible expression de votre biographe ?

Toute ma vie, j’ai traversé les drames de mon pays comme témoin et surtout comme acteur : la résistance, la déportation, la guerre d’Indochine, la guerre d’Algérie et la prison… Alors parfois, il m’arrive de verser quelques larmes, non pas sur moi, mais sur ceux qui m’ont accompagné et qui ont été trompés : la parole qu’ils ont reçue n’était pas une parole de vérité et ils sont morts pour des mensonges.

« Je cherchais à compenser mes faiblesses par un intense désir de vivre… ». Pourquoi avoir écrit cela ?

Comme beaucoup de jeunes, j’étais tiraillé entre un idéal à accomplir (l’absolu, l’action, les voyages, le commandement, la responsabilité) et l’éblouissement face à la beauté du monde qui conduit à la poésie, au rêve. J’étais tiraillé entre le rêve et l’action. Beaucoup de jeunes, je crois, connaissent, au cours de leur adolescence, ce tiraillement. Faire une synthèse n’est pas aisé, mais il faut essayer.

« L’homme se mesure à ses rêves intérieurs… »

Oui ! On rêve sa vie, on vit sa vie, on pense sa vie, quelquefois on la revit, et à nouveau on la pense et on la rêve. L’action nécessaire est encadrée : nous agissons relativement à ce que nous sommes et en fonction de notre famille, de nos proches, de notre entreprise, de notre pays, de notre idéal. Cette action est nourrie par le rêve et la pensée. Peut-être se termine-t-elle aussi par le rêve et la pensée… Ma vie a été compliquée et lourde à porter, mais j’ai eu la richesse de pouvoir l’encadrer, au début par mes rêves de jeunesse, à la fin par les essais de réflexions et de pensée. Tout homme, me semble-t-il, même le plus médiocre, vit cet encadrement de la pensée au matin de sa vie par le rêve, et au soir de sa vie par la raison.

Qu’est-ce qu’une existence « simplement honorable » comme vous le dites ?

C’est essayer de rester debout, tout au long de sa vie, face aux réussites, à ses souffrances, à sa déception, à la trahison, à ses doutes.

Mais alors, qu’est-ce qu’être un homme ?

C’est de savoir rester fidèle à ses amis, à ses convictions. C’est aussi de ne pas avoir honte de soi-même, de pouvoir se regarder dans la glace et de pratiquer l’honneur contre les « honneurs ».

Que vous ont appris la résistance et la déportation ?

J’ai essayé d’apprendre et de respecter quelques réactions éthiques élémentaires : éviter la délation, la trahison, l’avilissement, en sachant qu’un homme réduit au plus mince de lui-même peut l’emporter sur les forces du mal. J’ai appris que vivre ne veut pas dire exister à n’importe quel prix, j’ai appris, peut-être, le sens d’une vie : protéger ce filet d’esprit qui nous est donné en naissant et dont nous devons rendre compte à l’heure de notre mort.

« La guerre m’a enseigné l’éblouissement de la vie », avez-vous encore écrit…

Faire la guerre c’est vivre quotidiennement avec la mort et dès lors ressentir, face à la beauté incarnée par la vie, un éblouissement incroyable dû à cette proximité de la mort. Les médecins doivent éprouver le même sentiment. Malheureusement, le soldat est parfois contraint de donner la mort : tuer pour ne pas être tué. Au contact de la mort, je crois, la vie — et sa plus noble incarnation dans la beauté — prennent une force extraordinaire. Tout homme qui fait la guerre est amoureux : menant une existence où la cruauté et la mort sont prépondérantes, il est attiré par l’inverse, appelé par la beauté, par la tendresse, par ce qui prodigue la vie alors que lui risque d’être amené à donner la mort.

« Le verbe a sa part dans l’appel au courage ». Qu’avez-vous voulu dire ainsi ?

Celui qui commande agit. C’est par la force de son exemple que ses hommes le suivent. Mais il doit aussi expliquer les raisons du combat et c’est là où la parole joue un rôle important dans l’éthique et la vie d’un soldat. Vigny disait : « La parole est un simple mot pour l’homme politique, elle est un fait terrible pour l’homme d’armes ». L’homme politique est amené à parler avec légèreté, quelquefois avec perfidie ; l’homme de guerre s’exprime avec le sang de ses hommes et son propre sang sur la terre. Ces propos de Vigny résument admirablement le drame de l’armée française et de la France durant la seconde partie du XXe siècle.

« La liberté se dissout parfois dans l’agitation… ». Un redoutable jugement pour la société d’aujourd’hui…

Les plus jeunes vivent dans une espèce de précipitation terrible… Qu’ils prennent le temps de réfléchir en allant dans un monastère, une pagode, en marchant vers Saint Jacques de Compostelle ou, simplement, en se retirant dans une chambre avec rien aux murs… Qu’ils réfléchissent sur le sens de la vie ! Les questions importantes sont des questions simples : d’où vient-on, où va-t-on, que fait-on, à quoi cela sert-il ? Mais, en général, ces questions qui sont très simples restent sans réponse.

Qu’est-ce que faire tenir debout son être intérieur ?

Si je n’avais pas peur d’employer de grands mots, je parlerais d’honneur : pouvoir se regarder dans une glace, ne pas avoir honte de soi-même. Pratiquer cette exigence, cette rectitude vis-à-vis de soi-même et de l’aventure humaine s’appelle l’honneur de vivre.

« Le courage contient toutes les autres vertus » avez-vous encore écrit…

Oui, le courage est nécessaire à l’exercice de toutes les autres vertus. Il faut être courageux pour avoir la foi, pour être charitable, pour avoir l’intelligence du cœur et pour dire la vérité.

Comment voyez-vous le monde d’aujourd’hui ?

C’est un monde du mensonge, du parler faux, de la promesse non tenue et la jeunesse, me semble-t-il, a soif d’autre chose : elle est avide du parler vrai et de la vérité même si celle-ci est difficile à accepter, à comprendre et à vivre. Je crois que la vérité gagne toujours.

Alors, le « Parler vrai », un impossible défi ?

Parler vrai, c’est d’abord penser vrai, mais cela ne veut pas dire dévoiler toute sa pensée. Toute vérité n’est peut-être pas bonne à dire. En revanche, tout ce que l’on dit doit être vrai.

Durant une partie de ma carrière, j’ai été chargé des rapports avec la presse, fonction d’autant plus délicate qu’elle se situait pendant la guerre d’Algérie : pourtant, j’ai toujours essayé de dire la vérité, pas toujours toute la vérité car certaines vérités ne sont pas toujours bonnes à dire et doivent être exprimées au bon moment. Je reviens sur mon passé d’homme de guerre : c’est très important de dire à un soldat, d’une part, les raisons de son combat, d’autre part, la nécessité de mettre en accord ses actes avec sa parole. Un jour, un journaliste m’a dit que j’aimais la guerre et je lui ai répondu que je n’aimais pas la guerre : la guerre est une tragédie, il n’existe pas de guerre propre, de guerre fraîche et joyeuse, la guerre est un mal, un mal terrible avec ses souffrances, ses morts. Parfois, la guerre est un mal nécessaire : il faut prendre les fusils pour faire taire les fusils. Mais la guerre reste un mal. La guerre est un grand moment de vérité parce que les hommes, au front, ne soignent pas leur look, leur paraître, ils ne font pas du cinéma, ils combattent et risquent leur vie : c’est alors la vérité profonde de l’être qui s’exprime avec quelquefois sa lâcheté, sa cruauté mais aussi sa générosité et son courage. Cette vérité de l’homme à la guerre se retrouve à travers les épreuves, dans l’action politique et économique et c’est vers cette vérité que tout homme plongé dans l’action doit tendre.

L’image domine le monde, chacun soigne son « look », fait son petit cinéma et, finalement, la vérité de chacun disparaît, le paraître l’emporte sur l’être, sur la réalité, sur la vérité et sur l’expression de cette vérité. Les victoires de la publicité et le déroulement de la préparation aux élections en sont une brillante illustration. Cette tragique dérive est vraisemblablement due à la vitesse de la vie, à la surmédiatisation de toute chose, c’est un très grand danger.

Que diriez-vous à un responsable, à un chef d’entreprise ?

Un mot très simple : dire la vérité. Le mensonge et le machiavélisme, même en politique, ne gagne jamais. Dans ma jeunesse, je croyais que les hommes, les femmes, les hommes politiques disaient la vérité. Mais, le jour où j’ai été arrêté par les Allemands, trahi, traîné dans des cellules, interrogé puis enfermé en camp de concentration, je me suis aperçu que la trahison est une des composantes la mieux lotie au monde. Si j’ai un seul mot à laisser derrière moi, c’est de dire : « Ne trahissez jamais ! ». Le mensonge est une forme de trahison.

Quelle est votre espérance pour le monde qui vient ?

En vieillissant, il faut résister au pessimisme et garder au fond de soi un inaltérable optimisme malgré l’affaiblissement physique, les difficultés croissantes à penser, à vivre, à nous exprimer de façon audible. La joie de l’âme est dans l’action. Quelqu’un a dit : « Pour hier, il est trop tard, il est toujours trop tard, mais demain reste à faire et ton avenir, ami, se trouve au bout de la journée de demain ». Cela s’appelle l’espérance ! Les motifs de pessimisme sont nombreux, mais les motifs de croire à l’avenir existent : il faut être habité par l’espérance et cultiver, pratiquer cette espérance dans la lucidité.

Que diriez-vous aussi aux jeunes d’aujourd’hui ?

Je leur dirais que nous vivons une période difficile où, d’une part, de grands problèmes de la vie sont posés (le don de la vie, la manipulation de la vie, l’arrêt de la vie), où, d’autre part, l’individualisme forcené, l’égoïsme peut-être, le matérialisme, le profit à tout prix l’emportent sur les forces de l’esprit.

Je leur dirais que notre époque est complexe parce qu’elle met en avant les droits par rapport aux devoirs et parce que la responsabilité, qui est au centre du destin humain, tend à être occultée.

Je leur dirais que la vie est une aventure formidable, qu’il faut y croire, mais qu’elle est aussi un combat et qu’il leur faudra rouler leur propre rocher jusqu’à la dernière heure.

Je leur dirais que rien n’est donné, que rien n’est gratuit, que tout se conquiert et se mérite et que, si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu.

Je leur dirais qu’au-delà de ce qui peut apparaître comme l’absurdité du monde, il faut deviner cette secrète générosité, cette noblesse, cette mystérieuse et miraculeuse beauté de l’existence.

Je leur dirais qu’il faut découvrir les étoiles qui nous conduisent quand nous sommes plongés au plus profond de la nuit ; qu’il faut découvrir le tremblement sacré des choses invisibles.

Je leur dirais que tout homme, toute femme, a sa propre noblesse, sa propre dignité et qu’il est important de respecter cela.

Je leur dirais qu’il faut croire à l’avenir de son propre pays.

Je leur dirais que, de toutes les vertus, celle qui me paraît la plus forte c’est le courage qui consiste à rester fidèle à son rêve de jeunesse.

Je leur dirais que pratiquer ce courage, c’est peut-être cela l’honneur de vivre.
  

Propos recueillis par Charles-Éric Hauguel
- 26 septembre 2006 -


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