vendredi 30 août 2013

"Page d'or" à Hélie de Saint Marc

DERNIÈRES MISES A JOURS :

04/08/2013


Devant l'importance en qualité et quantité des témoignages et des articles concernant le commandant Hélie de Saint Marc, un nouveau blog le concernant a été ouvert. Les données concernant le Commandant recueillies sur ce blog sont en cours de copie sur le nouvel espace qui lui est dédié



03/08/2013
Dans "Éloges funèbres"
Discours des filles du Commandant Hélie de Saint Marc à ses obsèques le 30 août 2013
Mot d'A Dieu des petits fils d'Hélie de Saint Marc à ses obsèques le 30 août 2013

02/08/2013:
Dans "Articles"
Du "Figaro magazine" au 31 août 2013 - "Hélie de Saint Marc, l'honneur d'un commandant"
De "La plume et l'épée" au 2 sept.2013 - "Hommage au CBA Hélie de Saint-Marc, Légionnaire-para, écrivain."
De "Famille Chrétienne" au 2 août 2013 - "Hélie de Saint Marc"
Dans "Documents Vidéo et audio" :
Hommage à Hélie de Saint Marc, reportage de "La voix de la Russie"  **** !!!
Hommage à Hélie de Saint Marc , de "Mouss Patria"

01/09/2013:
Dans "Commentaires divers":
Réactions & photos des cérémonies mortuaires des 30/08/2013 à Lyon et 31/08/2013 à la Garde Adhémar
L'hommage du Sergent Chef CHEF er Martinelli
Dans "Articles"
De "Nouvelles de France" au 29 août 2013 - "Le règne de l'individu-roi"
Dans "Documents Vidéo et audio" :
1 enregistrement audio de l'Homélie du cardinal Barbarin

31/08/2013:
Éloge prononcé par le général d’armée (2S) Bruno DARY le 30 août 2013 à Lyon 
Dans "Commentaires divers":
Réactions & photos de la cérémonie des obsèques au 30/08/2013 et de l'enterrement à la Garde Adhémar
Dans "Articles"
De "La Croix" au 31 août 2013 - "Le cardinal Barbarin rend hommage à la « responsabilité » d’Hélie Denoix de Saint-Marc"
De "Ouest France" au 28 août 2013 - "Un des derniers textes d’Hélie Denoix de Saint-Marc était pour nous "
Dans "Documents Vidéo et audio" 
2 vidéos (marche funèbre et chant du 1er REP) à la sortie de l'église Saint Jean le 30 août 2013
2 reportages sur la cérémonie des obsèques.


HOMMAGES AU COMMANDANT


Cet article fait suite au précédent hommage , Le lien ici :  Mes respects Mon Commandant ! 

Au moment où le adieux au Commandant se déroulent en Terre de France, il m'a paru important de recueillir ici à mon niveau, les marques de respect et les hommages, des connus et des inconnus, des proches et des éloignés, des anciens et des jeunes témoignant de l'empreinte laissée par le Commandant dans nos coeurs.

Cette "page d'or" bien sûr, restera ouverte et mise à jour régulièrement, les témoignages rapportés dans un ordre anté-chronologique. 

Merci par avance de vos contributions amicales à cette récolte en espérant que ses fruits deviennent à leur tour semailles et perpétuent la mémoire du Commandant Hélie de Saint Marc.

OBSERVATIONS : Les articles antérieurs à sa disparition sont mis en ligne dans la publication citée ci dessus.

Les commentaires sont soumis à validation avant d'être publiés.

Erwan Castel, Cayenne dans la nuit du 29 août 2013


LISTE DES ARTICLES CONSACRES AU COMMANDANT HELIE DE SAINT MARC
A L'OCCASION DE SA DISPARITION


SOMMAIRE

1/ Éloge funèbre 

Éloge prononcé par le général d’armée (2S) Bruno DARY le 30 août 2013 à Lyon


2 / Réactions et hommages divers recueillis sur le Net

Divers hommages, commentaires et réactions relevés sur le net, notamment au sein du groupe "Les amis d'Hélie de Saint Marc" que je remercie de leur travail de mémoire et de témoignage.

3 / Articles divers

31/08/2013 - Le Figaro Magazine - "Hélie de Saint Marc, l'honneur d'un commandant"
31/08/2013 - La Croix - "Le cardinal Barbarin rend hommage à la « responsabilité » d’Hélie Denoix de Saint-Marc"
30/08/2013 - Lyon people - "En direct de Saint Jean. Les obsèques d'Hélie de Saint Marc"
30/08/2013 - Le Progrès.fr - "Plus d'un millier de personnes pour les obsèques d’Hélie de Saint-Marc"
29/08/2013 - Nouvelles de france - "Le règne de l'individu-roi"
29/08/2013 - L'Histoire en rafale - "L’hommage au commandant Hélie Denoix de Saint-Marc"
28/08/2013 - Ouest France - "Un des derniers textes d’Hélie Denoix de Saint-Marc était pour nous "
27/08/2013 - Boulevard Voltaire - "L'honneur d'Hélie de Saint Marc"
27/08/2013 - Valeurs Actuelles - "Hélie de saint Marc, sentinelle de légende"
27/08/2013 - Le Monde - "Hélie Denoix de Saint Marc, un soldat d'un autre temps"
26/08/2013 - Lyon people - "Adieu Hélie Denoix de Saint Marc. Monument d'Honneur"
26/08/2013 - La Saint Cyrienne - "Hélie Denoix de Saint Marc, un homme d'honneur"
26/08/2013 - Nouvelles de France - "Le champ de braises s'est éteint"
26/08/2013 - Libération - "Décès du résistant Hélie Denoix de Saint Marc"
26/08/2013 - Vétéran Jobs Center - "Hélie de Saint marc rejoint le panthéon du soldat"
26/08/2013 - Zone militaire - "Le commandant Hélie Denoix de Saint Marc est mort"
26/08/2013 - Le Figaro - "Mort d'Hélie de Saint Marc, homme de refus et de réconciliation"

4 / Documents vidéos et audios

30/08/2013 - Reportage France Rhône-Alpes "Les honneurs militaires pour Hélie de Saint Marc"
30/08/2013 - Marche funèbre à la sortie de l'église Saint Jean à Lyon
30/08/2013 - Chant de marche Légion à la sortie de l'église Saint Jean à Lyon
30/08/2013 - Reportage télé locale TLM sur la cérémonie d’obsèques à Lyon

CLIQUEZ SUR "PLUS D'INFOS" ci dessous pour lire la suite de la page
________________________________________________________________________



1 / ÉLOGES FUNÈBRES



Discours des filles du Commandant Hélie de Saint Marc 
à ses obsèques à Lyon, le 30/08/2013




Mon cher petit papa,

Pour tous ceux qui sont ici tu es indéniablement un grand homme. Pour nous, tes quatre filles, tu es et tu resteras notre cher petit Papa.

Je vois ton sourire taquin et ton oeil s’allumer, mais nous tes filles ne sommes pas là pour glorifier tes faits d’armes. Tes compagnons d’arme sont bien plus habilités à le faire. Et nous remercions tous ceux, certains au prix d’une organisation chaotique, qui sont venus aujourd’hui te rendre un dernier hommage. Tous ces frères d’armes, vivants ou ombres disparues, ont bercé notre enfance puis notre vie entière. Nous en croisions les sourires, les chagrins, les drames ou les espoirs, au détour des couloirs de la prison de Tulle, de Lyon puis des Borias.

Les Borias, tu as tant aimé cette bâtisse de pierres dorées accrochées à la garrigue, ton djebel provençal battu par le mistral, ton monastère invisible où tu as passé de si longues heures à saluer le lever de lune, à contempler la tour de Clansayes du haut de laquelle la Vierge Marie, sentinelle éternelle, veille sur le Tricastin.

Les Borias, dernier repaire d’anciens légionnaires, qui débarquaient sans crier gare, pour saluer leur commandant. Ils ont dressé pour nous cette stature d’officiers que nous avons peu à peu apprivoisée, puis admirée et comprise.


Mais bien sûr, dans notre cœur, tu es avant tout ce papa plein de tendresse et d’attention qui nous a toujours accompagnées sans faillir. Même aux jours les plus noirs de la prison, tu étais présent, attentif, ému. Cette prison où tu as connu la solitude et l’opprobre, mais qui t’a rendu libre.

Puis ce furent les années lyonnaises où quelques familles, qui se reconnaîtront aisément, nous accueillirent avec le cœur, faisant fi des vents mauvais. Merci à tous nos amis qui sont ici présents, fidèles au rendez-vous.

A Lyon nous avons découvert les joies de la vie ensemble, en famille, où nous avons essayé avec maman de chasser les ombres qui te hantaient, car elles devenaient aussi les nôtres. Fantômes de Buchenwald et de Languenstein, de Talung, de la RC4, de Dien Bien Phu, des djebels algériens…. Qu’ils étaient nombreux !!

Nous n’y sommes jamais parvenues, mais peut-être les avons-nous tenus un peu à distance en t’entraînant dans le tourbillon d’une fratrie de quatre filles au sein de laquelle les cris, les rires, la joie et les larmes n’ont jamais manqué. Ta manière de nous guider dans la vie, toujours respectueuse, structurée, nous induisant à toujours donner le meilleur de nous-mêmes (viser au plus haut, s’estimer au plus juste…) s’est ancrée en nous.


Ton exemple d’humanité, d’écoute, cette attention permanente à chacun, cette absence de jugement, cette fidélité totale à tous tes engagements, et ce jusqu’à ta mort, et surtout ta capacité à pardonner, cette faculté inestimable de résilience, nous ont marquées à jamais.

Tu nous as appris, je te cite, ‘que rien n’est acquis, que tout se construit, que la vie est un combat, et que si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu’. Tout un programme !! Exigent, avec beaucoup d’embuscades !! Avec maman nous avons tenté de te suivre. Mission difficile, mon Commandant !

A travers nos amis, tu as noué ce lien particulier avec la jeunesse, cette force vive, afin de leur transmettre ta part de vérité et ce pour quoi tu t’es battu. Cette passion ne t’a plus quittée, c’est devenu ta raison d’être.

Notre fratrie s’est ainsi élargie, combien de fils de coeur as-tu drainés comme un fleuve puissant et tranquille.


Patriarche d’une belle et nombreuse descendance, tes vingt petits-enfants et trois arrières petits-enfants, sont là aujourd’hui pour reprendre le flambeau. Le couple que vous formiez avec maman, solide dans la tempête, est un ancrage inestimable pour eux. Maman qui, avec son sourire, sa joie de vivre, sa beauté, a réjoui ton cœur, a été un des piliers qui t’ont permis de survivre et de te reconstruire.

Tu as préféré la vérité aux honneurs, sacrifié ta carrière, ta réputation, voire tes amitiés.

La miséricorde divine et ta volonté t’ont permis de mourir debout, comme tu as toujours vécu, comme tu l’as toujours souhaité : partir de tes chers Borias, au milieu de tes enfants et petits-enfants, la tête reposant contre un vieil olivier, apaisé. Tu as été exaucé.


Ce petit mot retrouvé dans tes papiers :

A cette heure de départ, souhaitez-moi bonne chance mes amis. Le ciel est rougissant d’or, le sentier s’ouvre, merveilleux. Ne me demandez pas ce que j’emporte. Je pars en voyage les mains vides et le coeur plein d’attentes.


Laisse-nous maintenant te dire avec Goethe : « Meurs et deviens »

_________________________________________________________________________________

Mot d'A Dieu des petits fils d'Hélie de Saint Marc 

31 août 2013 La Garde Adhémar

Cette belle terre de Provence, que vous aimiez laisser glisser entre vos mains vous contiendra tout entier désormais…

Les chênes verts de la garde Adhémar, tancés par le mistral, honoreront toujours votre pas silencieux, celui d’un vieillard aux yeux émerveillés, guidé par votre ami fidele et voisin des Borias : Raymond Geneston.

Vous nous parliez à demi mots des mystères de la colline entrevue avec lui…

Aux soirs d’orages vous nous évoquiez avec malice les cuves à sacrifice et des trésors cathares !

Sage à l’école de vos hôtes, vous étiez insatiable des récits du monde de vos visiteurs.

De vos pâles yeux bleus, vous nous posiez des questions simples, parfois désarçonnantes, loin des hauts faits d’armes.

« Tout est urgent », disiez vous parfois  pour justifier des appels à donner, une lettre à envoyer, une borie à construire ou une rivière à dévier !

Vous disiez certainement cela sentant la mort, cette « vieille amie » que vous aviez croisée à plusieurs reprises, se rapprocher, votre long combat silencieux touche à sa fin.

Vous qui disiez pouvoir mourir lorsque vous n’auriez plus de projets, peut-être avez-vous estimé que le nécessaire était fait.

Pour le reste, Grand-Père, les graines semées germeront ! Nous tâcherons de refuser le confort là où vous avez pris les armes à votre retour de camp.

« Si vieillesse pouvait, si jeunesse savait » disiez vous avec ironie…

A nous donc d’écrire les prochaines lignes !

Les petits enfants d’Hélie de Saint Marc

________________________________________________________________________

Éloge funèbre  du  Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc,  

prononcé par le général d’armée (2S) Bruno DARY, 
Président de l’Association des anciens légionnaires parachutistes (AALP) 
le vendredi 30 août 2013 à Lyon.

Général d'Armée Bruno Dary


Mon commandant, mon ancien,


Ils sont là, ils sont tous présents, qu’ils soient vivants ou disparus, oubliés de l’histoire ou célèbres, croyants, agnostiques ou incroyants, souffrant ou en pleine santé, jeunes soldats ou anciens combattants, civils ou militaires, ils sont tous présents, si ce n’est pas avec leur corps, c’est par leur cœur ou par leur âme ! Tous ceux qui, un jour, ont croisé votre chemin, ou ont fait avec vous une partie de votre route ou plutôt de votre incroyable destinée, sont regroupés autour de vous : les lycéens de Bordeaux, les résistants du réseau Jade-Amicol, les déportés du camp de Langenstein, vos frères  d’armes, vos légionnaires que vous avez menés au combat, ceux qui sont morts dans l’anonymat de la jungle ou l’indifférence du pays, les enfants de Talung que vous avez dû laisser derrière vous, les harkis abandonnés puis livrés aux mains du FLN ! Je n’oublie pas vos parents et votre famille, qui ont partagé vos joies et vos épreuves; il faut ajouter à cette longue liste, les jeunes générations, qui n’ont connu, ni la Guerre de 40, ni l’Indochine, pas plus que l’Algérie, mais qui ont dévoré vos livres, qui vous ont écouté et que vous avez marqués profondément ! Cette liste ne serait pas complète, si n’était pas évoquée la longue cohorte des prisonniers, des déchus, des petits et des sans-grades, les inconnus de l’histoire et des médias, ceux que vous avez croisés, écoutés, respectés, défendus, compris et aimés et dont vous avez été l’avocat. Eux tous s’adressent à vous aujourd’hui, à travers ces quelques mots et, comme nous en étions convenus la dernière fois que nous nous sommes vus et embrassés chez vous, je ne servirai que d’interprète, à la fois fidèle, concis et surtout sobre.

Aujourd’hui, Hélie, notre compagnon fidèle, c’est vous qui nous quittez, emportant avec vous vos souvenirs et surtout vos interrogations et vos mystères ; vous laissez chacun de nous, à la fois heureux et fier de vous avoir rencontré, mais triste et orphelin de devoir vous quitter. Vous laissez surtout chacun de nous, seul face à sa conscience et face aux interrogations lancinantes et fondamentales qui ont hanté votre vie, comme elles hantent la vie de tout honnête homme, qui se veut à la fois homme d’action et de réflexion, et qui cherche inlassablement à donner un sens à son geste !

Parmi tous ces mystères, l’un d’eux ne vous a jamais quitté. Il a même scandé votre vie ! C’est celui de la vie et de la mort. Car qui d’autres mieux que vous, aurait pu dire, écrire, prédire ou reprendre à son compte ce poème d’Alan Seeger, cet Américain, à la fois légionnaire et poète, disparu à 20 ans dans la tourmente de 1916 : « j’ai rendez-vous avec la mort » ?

C’est à 10 ans que vous avez votre premier rendez-vous avec la mort, quand gravement malade, votre maman veille sur vous, nuit et jour ; de cette épreuve, vous vous souviendrez d’elle, tricotant au pied de votre lit et vous disant : « Tu vois Hélie, la vie est ainsi faite comme un tricot : il faut toujours avoir le courage de mettre un pied devant l’autre, de toujours recommencer, de ne jamais s’arrêter, de ne jamais rien lâcher ! » Cette leçon d’humanité vous servira et vous sauvera quelques années plus tard en camp de concentration. Votre père, cet homme juste, droit et indépendant, qui mettait un point d’honneur durant la guerre, à saluer poliment les passants, marqués de l’étoile jaune, participera aussi à votre éducation ; il vous dira notamment de ne jamais accrocher votre idéal, votre ‘‘étoile personnelle’’ à un homme, aussi grand fût-il ! De l’époque de votre jeunesse, vous garderez des principes stricts et respectables, que les aléas de la vie ne vont pourtant pas ménager ; c’est bien là votre premier mystère d’une éducation rigoureuse, fondée sur des règles claires, simples et intangibles, que la vie va vous apprendre à relativiser, dès lors qu’elles sont confrontées à la réalité !

Puis, à 20 ans, vous aurez votre deuxième rendez-vous avec la mort ! Mais cette fois-ci, vêtu d’un méchant pyjama rayé, dans le camp de Langenstein. Deux ans de déportation mineront votre santé et votre survie se jouera à quelques jours près, grâce à la libération du camp par les Américains. Mais votre  survie se jouera aussi par l’aide fraternelle d’un infirmier français qui volait des médicaments pour vous sauver d’une pneumonie, puis celle d’un mineur letton, qui vous avait pris en affection et qui chapardait de la nourriture pour survivre et vous aider à supporter des conditions de vie et de travail inhumaines. En revanche, vous refuserez toujours de participer à toute forme d’emploi administratif dans la vie ou l’encadrement du camp d’internement, ce qui vous aurait mis à l’abri du dénuement dans lequel vous avez vécu. Vous y connaîtrez aussi la fraternité avec ses différentes facettes : d’un côté, celle du compagnon qui partage un quignon de pain en dépit de l’extrême pénurie, du camarade qui se charge d’une partie de votre travail malgré la fatigue, mais de l’autre, les rivalités entre les petites fraternités qui se créaient, les cercles, les réseaux d’influence, les mouvements politiques ou les nationalités…. Mystère, ou plutôt misère, de l’homme confronté à un palier de souffrances tel qu’il ne s’appartient plus ou qu’il perd ses références intellectuelles, humaines et morales !

Vous avez encore eu rendez-vous avec la mort à 30 ans, cette fois, à l’autre bout du monde, enIndochine. Vous étiez de ces lieutenants et de ces capitaines, pour lesquels de Lattre s’était engagé jusqu’à l’extrême limite de ses forces, comme sentinelles avancées du monde libre face à l’avancée de la menace communiste. D’abord à Talung, petit village à la frontière de Chine, dont vous avez gardé pieusement une photo aérienne dans votre bureau de Lyon. Si les combats que vous y avez mené n’eurent pas de dimension stratégique, ils vous marquèrent profondément et définitivement par leur fin tragique : contraint d’abandonner la Haute région, vous avez dû le faire à Talung, sans préavis, ni ménagement ; ainsi, vous et vos légionnaires, quittèrent les villageois, en fermant les yeux de douleur et de honte ! Cette interrogation, de l’ordre que l’on exécute en désaccord avec sa conscience, vous hantera longtemps, pour ne pas dire toujours ! Plus tard, à la tête de votre Compagnie du 2° Bataillon étranger de parachutistes, vous avez conduit de durs et longs combats sous les ordres d’un chef d’exception, le chef d’escadron RAFFALLI : Nhia Lo, la Rivière Noire, Hoa Binh, Nassan, la Plaine des Jarres. Au cours de ces combats, à l’instar de vos compagnons d’armes ou de vos aînés, vous vous sentiez invulnérables ; peut-être même, vous sentiez-vous tout permis, parce que la mort était votre plus proche compagne : une balle qui vous effleure à quelques centimètres du cœur, votre chef qui refuse de se baisser devant l’ennemi et qui finit pas être mortellement touché ; Amilakvari et Brunet de Sairigné vous avaient montré le chemin, Segrétain, Hamacek, Raffalli et plus tard Jeanpierre, Violès, Bourgin, autant de camarades qui vous ont quitté en chemin. Parmi cette litanie, on ne peut oublier, votre fidèle adjudant d’unité, l’adjudant Bonnin, qui vous a marqué à tel point, que, plus tard, vous veillerez à évoquer sa personnalité  et sa mémoire durant toutes vos conférences ! Et avec lui, se joignent tous voslégionnaires, qui ont servi honnêtes et fidèles, qui  sont morts, dans l’anonymat mais face à l’ennemi, et pour lesquels vous n’avez eu le temps de dire qu’une humble prière. Tel est le mystère de la mort au combat, qui au même moment frappe un compagnon à vos côtés et vous épargne, pour quelques centimètres ou une fraction de seconde !

10 ans plus tard, vous aurez encore rendez-vous avec la mort ! Mais cette fois-ci, ce ne sera pas d’une balle perdue sur un champ de bataille, mais de 12 balles dans la peau, dans un mauvais fossé du Fort d’Ivry. En effet, vous veniez d’accomplir un acte grave, en vous rebellant contre l’ordre établi et en y entraînant derrière vous une unité d’élite de légionnaires, ces hommes venus servir la France avec honneur et fidélité. Or retourner son arme contre les autorités de son propre pays reste un acte très grave pour un soldat ; en revanche, le jugement qui sera rendu - 10 ans de réclusion pour vous et  le sursis pour vos capitaines -  montre qu’en dépit de toutes les pressions politiques de l’époque, en dépit des tribunaux d’exception et en dépit de la rapidité du jugement, les circonstances atténuantes vous ont été reconnues. Elles vous seront aussi été reconnues 5 ans après, quand vous serez libéré de prison, comme elles vous seront encore reconnues quelques années plus tard quand vous serez réhabilité dans vos droits ; elles vous seront surtout reconnues par la nation et par les médias à travers le succès éblouissant de vos livres, celui de vos nombreuses conférences et par votre témoignage d’homme d’honneur. Ces circonstances atténuantes se transformeront finalement en circonstances exceptionnelles, lorsque, 50 ans plus tard, en novembre 2011, le Président de la République en personne vous élèvera à la plus haute distinction de l’Ordre de la Légion d’Honneur ; au cours de cette cérémonie émouvante, qui eut lieu dans le Panthéon  des soldats, nul ne saura si l’accolade du chef des armées représentait le pardon du pays à l’un de ses grands soldats ou bien la demande de pardon de la République pour avoir tant exigé de ses soldats à l’époque de l’Algérie. Le pardon, par sa puissance, par son exemple et surtout par son mystère, fera le reste de la cérémonie !….Aujourd’hui, vous nous laissez l’exemple d’un soldat qui eut le courage, à la fois fou et réfléchi, de tout sacrifier dans un acte de désespoir pour sauver son honneur ! Mais vous nous quittez en sachant que beaucoup d’officiers ont aussi préservé leur honneur en faisant le choix de la discipline. Le mot de la fin, si une fin il y a, car la tragédie algérienne a fait couler autant d’encre que de sang, revient à l’un de vos contemporains, le général de Pouilly, qui, au cours de l’un des nombreux procès qui suivirent, déclara, de façon magistrale et courageuse, devant le tribunal : « Choisissant la discipline, j’ai également choisi de partager avec la Nation française la honte d’un abandon… Et pour ceux qui, n’ayant pas pu supporter cette honte, se sont révoltés contre elle, l’Histoire dira sans doute que leur crime est moins grand que le nôtre » !

Et puis, quelque 20 ans plus tard, alors que, depuis votre sortie de prison, vous aviez choisi de garder le silence, comme seul linceul qui convienne après tant de drames vécus, alors que vous aviez reconstruit votre vie, ici même à Lyon, vous êtes agressé un soir dans la rue par deux individus masqués, dont l’un vous crie, une fois que vous êtes à terre : « Tais-toi ! On ne veut plus que tu parles ! » Cette agression survenait après l’une de vos rares interventions de l’époque ; elle agira comme un électrochoc et vous décidera alors à témoigner de ce que vous avez vu et vécu à la pointe de tous les drames qui ont agité la France au cours du XXème siècle. Ainsi, au moment où vous comptiez prendre votre retraite, vous allez alors commencer, une 3° carrière d’écrivain et de conférencier. Alors que le silence que vous aviez choisi de respecter, vous laissait en fait pour mort dans la société française, ce nouvel engagement va vous redonner une raison de vivre et de combattre ! Toujours ce mystère de la vie et de la mort ! Au-delà des faits et des drames que vous évoquerez avec autant d’humilité que de pudeur, vous expliquerez les grandeurs et les servitudes du métier des armes et plus largement de celles de tout homme. A l’égard de ceux qui ont vécu les mêmes guerres, vous apporterez un témoignage simple, vrai, poignant et dépassionné pour expliquer les drames vécus par les soldats, qui, dans leur prérogative exorbitante de gardien des armes de la cité et de la force du pays, sont en permanence confrontés aux impératifs des ordres reçus, aux contraintes de la réalité des conflits et aux exigences de leur propre conscience, notamment quand les circonstances deviennent exceptionnellement dramatiques. A l’égard des jeunes générations, qui n’ont pas connu ces guerres, ni vécu de telles circonstances, mais qui vous ont écouté avec ferveur, vous avez toujours évité de donner des leçons de morale, ayant vous-même trop souffert quand vous étiez jeune, des tribuns qui s’indignaient sans agir, de ceux qui envoyaient les jeunes gens au front en restant confortablement assis ou de notables dont la prudence excessive servait d’alibi à l’absence d’engagement. Vous êtes ainsi devenu une référence morale pour de nombreux jeunes, qu’ils fussent officiers ou sous-officiers ou plus simplement cadres ou homme de réflexion.

Puis dans les dernières années de votre vie, vous avez aussi eu plusieurs rendez-vous avec la mort, car votre « carcasse » comme vous nous le disiez souvent, finissait pas vous jouer des tours et le corps médical, avec toute sa compétence, sa patience et son écoute, ne pouvait plus lutter contre les ravages physiques des années de déportation, les maladies contractées dans la jungle indochinoise et les djebels algériens, les conséquences des années de campagnes, d’humiliation ou de stress. Pourtant, vous avez déjoué les pronostics et vous avez tenu bon, alors que vous accompagniez régulièrement bon nombre de vos frères d’armes à leur dernière demeure ! Là encore, le mystère de la vie et de la mort vous collait à la peau.

Et puis, aujourd’hui, Hélie, notre ami, vous êtes là au milieu de nous ; vous, l’homme de tous les conflits du XX ème siècle, vous vous êtes endormi dans la paix du Seigneur en ce début du XXI ème siècle, dans votre maison des Borias que vous aimiez tant, auprès de Manette et de celles et ceux qui ont partagé l’intimité de votre vie.

Mais, Hélie, êtes-vous réellement mort ? Bien sûr, nous savons que nous ne croiserons plus vos yeux d’un bleu indéfinissable ! Nous savons que nous n’écouterons plus votre voix calme, posée et déterminée ! Nous savons aussi que, lors de nos prochaines étapes à Lyon, seule Manette nous ouvrira la porte et nous accueillera ! Nous savons aussi que vos écrits sont désormais achevés !

Mais, Hélie, à l’instar de tous ceux qui sont ici présents, nous avons envie nous écrier, comme cet écrivain français : « Mort, où est ta victoire ? » 

Mort, où est ta victoire, quand on a eu une vie aussi pleine et aussi intense, sans jamais baisser les bras et sans jamais renoncer ?
Mort, où est ta victoire, quand on n’a cessé de frôler la mort, sans jamais chercher à se protéger ?
Mort, où est ta victoire, quand on a toujours été aux avant-gardes de l’histoire, sans jamais manqué à son devoir ?
Mort, où est ta victoire, quand on a su magnifier les valeurs militaires jusqu’à l’extrême limite de leur cohérence, sans jamais défaillir à son honneur ?
Mort, où est ta victoire, quand on s’est toujours battu pour son pays, que celui-ci vous a rejeté et que l’on est toujours resté fidèle à soi-même ?
Mort, où est ta victoire, quand après avoir vécu de telles épreuves, on sait rester humble, mesuré et discret ?
Mort, où est ta victoire, quand son expérience personnelle, militaire et humaine s’affranchit des époques, des circonstances et des passions et sert de guide à ceux qui reprendront le flambeau ? 
Mort, où est ta victoire, quand après avoir si souvent évoqué l’absurde et le mystère devant la réalité de la mort, on fait résolument le choix de l’Espérance ?

Hélie, notre frère, toi qui a tant prôné l’Espérance, il me revient maintenant ce vieux chant scout que tu as dû chanter dans ta jeunesse et sans doute plus tard, et que tous ceux qui sont présents pourraient entonner : « Ce n’est qu’un au revoir, mon frère ! Ce n’est qu’un au revoir ! Oui, nous nous reverrons Hélie ! Oui, nous nous reverrons » !

Oui, Hélie, oui, nous nous reverrons à l’ombre de Saint Michel et de Saint Antoine, avec tous tes compagnons d’armes, en commençant par les plus humbles, dans un monde sans injure, ni parjure, dans un monde sans trahison, ni abandon, dans un monde sans tromperie, ni mesquinerie, dans un monde de pardon, d’amour et de vérité !

A Dieu, Hélie….A Dieu, Hélie et surtout merci ! Merci d’avoir su nous guider au milieu des « champs de braises ! »



Le texte en format PDF disponible  ici : HDSM - 2013 - Eloge funèbre du Général Bruno Dary
________________________________________________________________________

2 / RÉACTIONS ET HOMMAGES DIVERS 


02/09/2013 -  www Famille Chrétienne 

De la Résistance à la guerre d'Algérie, en passant par trois séjours en Indochine, le destin d'Hélie de Saint Marc concentre les épreuves et les engagements de toute une génération. C'est pourquoi sa biographie rencontre, depuis sa parution, un succès constant.

« Quelle vie ! Plus pleine, plus riche, plus passionnante qu'un roman ! »
Bernard Pivot, Apostrophes.

« Un personnage lourd d'Histoire. En lisant ce livre, on ne peut s'empêcher de penser que l'époque a été dure, oui, dure aux hommes d'honneur. »
Françoise Giroud, Le Nouvel Observateur.

« On a le coeur serré devant une vie ainsi écartelée. Sa recherche est toujours en altitude. Une vie d'homme aussi mêlée à celle de notre pays que peut l'être le sel à l'eau de mer. »
Geneviève Jurgensen, La Croix.

« Saint Marc rappelle qu'il faut garder sa capacité à dire "non". Un homme à mains nues qui dit non à l'Histoire, aux événements, il n'y a rien de plus bouleversant. »
Jean François Deniau, L'Express.

« Son parcours est irréprochable, car il a toujours mis ses actes en accord avec ses idées. Nul n'a besoin d'avoir l'âme militaire pour méditer une si belle leçon de dignité. »
Pierre Assouline, Lire.



01/09/2013 - Jean Paul Sardou - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

Pas non plus étonné de l'absence d'hommes politiques , que je ne condamne pas , du reste : Pourquoi attendre d'un serviteur ( Car telle est la vraie fonction du politique ) qu'il prenne la place du Maître ? Un serviteur n'est pas un homme libre par définition de sa fonction , même si l'on eût aimé un provocateur au sein du gouvernement... Un militaire non plus évidemment , qui est au service de la nation . C'est pourquoi Saint Marc tranche sur tout le monde : Il a agi en 1961 comme un homme au cœur libre , puis après en incarnant pour nous une sagesse agissante mais humble , inhabituelle dans notre société actuelle . Cette vie , entre fidélité et rébellion , qui ne se laisse enfermer dans aucun schéma convenu , c'est cet extrême qui nous fascine et que , pour notre part , nous aimons , même si d'autres ont pu parler d' "ambiguïté du personnage " (...) Son exemple nous contraint donc à nous projeter vers une vie juste , libre , à la fois sage et rebelle , dans un monde plus enclin à la superficialité qu'à la recherche d'une sagesse millénaire... C'est pourquoi il faut voir le commandant comme un homme du présent de nos actes , et du futur de nos aspirations . Grace à de tels hommes , si rares , espoir à tous 
_________________________________________________________________________________

01/09/2013 - Dominique Giraudet - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

(...) J'ai connu Mr Hélie De Marc grâce au beau livre de Laurent Beccaria, j'ai été ému, profondément touché par la découverte de cet homme pétri d'humanité,cet homme de cœur et d’âme ,son destin souvent douloureux, son sens et sa soif de justice, sa grande sensibilité,sa droiture,sa dignité son humanité vraie,sa simplicité ,je ne l'oublierai pas,je lui dédie de tout cœur et avec émotion ce beau et profond chant russe (http://youtu.be/0tw3g88JtWA)

CHANT DES BATELIERS DE LA VOLGA
video
Leonid Kharitonov && les choeurs de l'Armée rouge 
"Yo, Heave Ho!" (Chant des bateliers de la Volga - "Ej, Uhnem!")  
Concert au palais Tchaïkovski à Moscou, 1965 
________________________________________________________________________

01/09/2013 - Reno Marti - Correspondance échangée sur FaceBook

(...) Oui j'étais là ce dernier vendredi, j' étais dans le carré des anciens Légionnaires, j'ai vécu une grande émotion lorsque la dépouille du Commandant est passée dans nos rangs. Parce que moi aussi j'ai pu vivre mes rêves de jeunesse, parce que il a été pour moi vraiment une référence (j'étais que un petit S/Off, ou plutôt un des maréchaux de la Légion)§ J'avais eu l’occasion de le rencontrer a plusieurs reprises, jeune Légionnaire en tenue dans le vieux Nice, je fut interpellé par un Monsieur dont je j'ignorais non pas le nom mais le visage. C’était le commandant, il m'avait offert un livre. Des années après je me suis rendu a une des ses conférences dans la drome, lorsque il ma vu avec mon bouquin sous mon bras, il m'avait reconnu, le petit Légionnaire Étranger rencontré des années auparavant était S/Officier . Il ma félicité, je garde un très fort souvenir des ces brèves échanges et je garderai a jamais son regard pur et profond, se parole et son verbe d'une douceur extrême! parce que la vie est ainsi faite, j'ai un seul remord de ne pas être naît auparavant et avoir fait ainsi partie de ses hommes! Merci mon Commandant (...)
_________________________________________________________

Un pur 
Parce que il y a des pieds de nez dans les histoires individuelles ! 
Parce que la vie nous réserve souvent des circonstances forte désagréables ! 
Parce que on n’apprend pas, dans aucune école quelle que soit, a commander ses anciens bourreaux ! 

Seulement un pur peut faire cela !

Un mythe
Le mythe du Légionnaire para, homme de violence et de force ! 
Tous les mythes ainsi que toutes les illusions s’effondrent ! 
Le mythe c’est une armure parfois trop lourde à porter. 

Seulement un Pur reste debout lorsque le mythe s’effondre.

Un rebelle
Un rebelle est une personne dont la violence a prit le dessus à la douceur. 
Je sentais en moi autant de douceur que de violence. 

Un Pur n’est jamais un rebelle car la douceur maîtrise la violence.

Un Prisonnier 
Qu’est que c’est la liberté ? 
Se faire une place parmi les hommes. 

Un Pur sait garder toujours une place parmi ses hommes.

Un détail de l’histoire 
L’histoire à la dimension de l’individu c’est la plus passionnante, la plus riches en humanité mais la plus dangereuse aussi. 

Un Pur n’est pas un détail de l’histoire.

Un souvenir 
Songe un peu au soleil de ta jeunesse celui qui brillait quand tu avais dix ans, étonnant te souviens tu du soleil de ta jeunesse. 

Un Pur se souvient du soleil de sa jeunesse.

Un drapeau 
Quand ton drapeau c’est bordé du sang de tes proches, le simple fait de le hisser à nouveau devient mission surhumaine. 

Un Pur garde son drapeau toujours aux dessus de se épaules, quitte a se faire écraser.

La lumière
Je ne sais si c’est ma faute ou mon destin, mais j’arrive toujours quand la lumière s’éteint. 

Un pur sait acheminer dans les ténèbres.


Un Pur je retiendrais que ça comme définitions, un Pur qui a côtoyé au long de sa vie des gens impurs, des impurs souvent redevenus grâce a lui des Purs, parce que à l’intérieur de chaque individu, il y a sa propre dignité (c’était son évangile). Impur on ne le naît pas, on le devient, parfois a cause de certains événements ou circonstances, la seule difficulté est de trouver sur son chemin a un moment donne quelqu'un qui vous donne le moyens de vous racheter.


"Toutes mes fautes je l’aie expiée au Premier Étranger……." 

(couplet d’un chant légion)

Un Pur et ça c’est vraiment dur !!!!


Merci mon Commandant, merci de tout, mais merci surtout d’avoir par votre exemple offert la possibilité à un grand nombre d’hommes d’essayer de redevenir Purs…..
Sergent Chef CHEF er Martinelli

PS: Je ne suis pas un hommes de lettres, je suis un homme de terrain, c'est mon cœur qui m'a dicté ces simples mots, je m’excuse pour des éventuels erreurs d'orthographe ou de mise en forme en souhaitant de ne pas heurter la sensibilité de personne, cette réflexion n'engage que ma personne et dans aucun cas la personne qui le poste, Merci.
________________________________________________________________________

01/09/2013 - Erwan Castel - Blog "Alawata-Tradition"

MÊME L'ACTE DE RECONNAÎTRE SE MÉRITE  PAR SA PROPRE DIGNITÉ...

"La comédie humaine me hérisse. 
C'est l'épreuve qui révèle le salaud et l'honnête homme. 
Tel est devenu l'un des principes qui ont guidé ma vie"

(Hélie de Saint Marc, "L'aventure et l'espérance")

Honneurs militaires rendus au commandant Hélie de saint Marc le 30 août 2013 à Lyon - ©JEFF PACHOUD / AFP

La disparition du Commandant Hélie de Saint Marc ce guerrier humaniste , "éveilleur de conscience", a provoqué de nombreuses réactions d'hommages sincères de la part de personnes très diverses et parfois même opposées en France et à l'étranger. La foule en larmes venue se déplacer à ses obsèques témoigne de la reconnaissance de la Nation tout entière..

Nos dirigeants par contre ont brillé par leur absence, suivis par leurs serviles médias et des membres du Haut Commandement, qui quant à eux semblent obéir plus à leur carriérisme qu'à leurs devoirs d'officier de la Nation. 
Tous ces lâches ont relégué la mort de cet officier hautement décoré, de ce grand écrivain de notre temps au rang d'un éphémère fait divers sans importance...

Cette absence de nos "responsables politiques", pourtant si prompts à triturer le passé pour servir une auto flagellation repentante chronique et malsaine, a surpris, choqué, et j'avoue avoir moi-même pendant un temps, regretté amèrement cette faute grave.

Mais les socialistes au pouvoir n'ont pas ici commis de faute : ils ont tenté de pratiquer une forme d'insulte lâche qui leur est coutumière..

Ne tombons pas dans le piège de la rancœur et de l'indignation même légitimes, et rappelons nous la mémoire de cet homme, qui toute sa vie durant, a préféré suivre la voie difficile de l'Honneur plutôt que le confort des honneurs.

Aucun ministre, aucun secrétaire d'Etat, aucun représentant du Ministère à ses obsèques... 
Cela vous étonne ?

Je suis convaincu, que le silence de nos "dirigeants" n'est pas de l'indifférence, mais un acte conscient de lâcheté et qui trahit "in fine" l'importance et la puissance toujours vivantes d'un Homme d'Honneur tel que Hélie de Saint Marc. 

Le Commandant aujourd'hui a rejoint la cohorte des ombres héroïques qui marchent silencieusement au pas depuis des siècles et nous guident dans nos combats. 
Et la seule reconnaissance de la Nation à un tel homme, le seul hommage digne du sacrifice de son existence, n'existe que dans les actes à venir de ses enfants.

C'est pour cela que les faibles ne sont pas sortis de leurs palais ce vendredi 30 août pour honorer l'incarnation d'une éthique qui leur fait peur car elle les rappelle à leur indignité et leur veulerie. 
Car tous ces Hommes immortels, du haut de nos mémoires, les regardent toujours, leurs donnant, même dans le silence des disparus, une leçon de grandeur d'actes, et d'humilité de pensées qu'ils ne pourront jamais connaître.

Je ne suis donc ni déçu, ni surpris et encore moins fâché de l'absence de représentants du gouvernement actuel aux obsèques du Commandant Hélie de Saint Marc, car à mon coeur, ils sont indignes de leurs fonctions et surtout indignes de l'honneur d'approcher de leurs ombres misérables un brave parmi les braves en partance pour le Walhalla...

Erwan Castel, Cayenne le 1er septembre 2013


"Le souvenir n'est pas une tristesse, mais une respiration intérieure. Il est le signe que quelque chose s'est réellement passé dans notre existence : les passions et les jours ne se sont pas confondus ; notre cœur a gardé l'empreinte d'autrui." (Hélie de saint Marc, "Les sentinelles du soir")
________________________________________________________________________


31/08/2013 - Cecile Giacometti - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"


Mon commandant, je retiens mes larmes mais vous méritez tant ce repos... La jeune génération vous à écouté et je transmettrai votre histoire pour que jamais nous oublions. Que vos vertus continue à m apportez courage et sagesses. Reposez en paix...
________________________________________________________________________

31/08/2013 - Jean Marie Bonnet - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"


________________________________________________________________________


31/08/2013 - Jean Louis Boineau - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

Ce matin, adieu à celui qui a tant fait pour la France et en particulier pour nous les Français d'Algérie de toutes confessions...non rien de rien, non, nous n'oublions pas 








































________________________________________________________________________

30/08/2013 - Lionel Gendron - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

Ne faites pas attention à mes larmes , Hélie.............
Regardez , les anges vous accompagnent pour votre dernier saut.............



30/08/2013 - Photo choisie du site "Chrétienté. info"

0

30/08/2013 - Jean Marie Bonnet - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"





________________________________________________________________________________

30/08/2013 - Juliette de Bellecombe - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"


©JEFF PACHOUD / AFP
________________________________________________________________________

29/08/2013 - Moi Dvk - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

Je n'ai pas eu du fait de mon âge le privilège de servir sous ses ordres pourtant il a guidé mon parcours militaire, il continue d'être un pilier moral essentiel comme tout homme l'envie me vient parfois de baisser les bras me remémorer sa vie me permet de rebondir et me redonne l'envie de transmettre les valeurs qui me sont chères aux plus jeunes je continue donc mes activités de réserviste, de formateur MERCI MON COMMANDANT que votre courage votre sens de l'honneur continu d'être un phare pour nous tous.
________________________________________________________________________

29/08/2013 - Lionel Gendron - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

" LE PASSE ÉCLAIRE LE PRÉSENT , QUI LUI MÊME TIENT DANS SES MAINS LES CLÉS DE L'AVENIR........."
Nous ne vivons pas dans le passé..........
Mais nous n'oublions pas.............
JAMAIS.................
C'est notre devoir............
Perpétuer leur mémoire ....
Pour qu'à leur tour nos enfants et petits enfants n'oublient jamais et deviennent à leur tour des témoins.......
... Le devoir de mémoire incombe à chacun...rendre inoubliable. Ceux qui sont morts pour que nous vivions ont des droits inaliénables. Laisser la mémoire se transformer en histoire est insuffisant. Le devoir de mémoire permet de devenir un témoin... .....
LG
________________________________________________________________________

29/08/2013 - Erwan Castel - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

Plus que jamais son Histoire est notre exemple !

Hélie de Saint Marc disparaît à l'horizon" laissant derrière lui mais surtout devant nous des traces profondes, ouvrant la voie de l'Honneur et de l'Amour réunis. Il est de notre responsabilité de faire connaître ses actes et ses pensées pour offrir aux jeunes un autre chemin que celui de l'hypocrisie et du mensonge : celui de l'espérance et du combat !
________________________________________________________________________


28/08/2013 - Danielle Verdier - www Boulevard Voltaire (réaction à l'article de Jean Sévilla)


Sacré Bon-Homme! je souhaite que nos petits enfants comprennent ce que ses mots renferment d'humanité.
________________________________________________________________________

28/08/2013 - Sabine Carion - www Boulevard Voltaire (réaction à l'article de Jean Sévilla)


Une personnalité lumineuse qui doit continuer à nous éclairer.Un homme guidé toute sa vie par le sens des valeurs, et du bien. Un homme qui a su malgré les épreuves rester toujours généreux et à l'écoute. Un homme noble et bon dans toute l'acception du terme.
________________________________________________________________________

28/08/2013 - Yannis Kadari - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

Hélie Denoix de Saint Marc vient de mourir, et pourtant il est notre avenir, du moins, osé-je l’espérer. L’avenir, pour les valeurs morales qu’il aura défendu tout au long de sa vie ; des valeurs qu’il est venu nous offrir, en toute humilité, à travers ses livres ; des valeurs, dont nous sommes désormais les dépositaires, les "sentinelles", comme il se plaisait à l’écrire.

Le drame de notre vieille civilisation, c’est précisément que nous avons vendu, soldé, bradé nos valeurs, pour nous vautrer dans une société matérialiste, où la consommation outrancière est reine, où les amuseurs publiques sont portés au pinacle, alors que ceux qui font montre de droiture et d’engagement sont moqués, où l’ethno-masochisme est bien vu, le patriotisme raillé, où le multiculturalisme est dangereusement édicté en modèle de société, où l’inculture est une qualité, où le mérite n’a plus beaucoup de sens, où n’importe qui a un avis autorisé sur n’importe quoi, où l’individualisme l’emporte sur la cohésion, où nos ciments moraux sont abîmés, où l’étau liberticide se referme sur nous, où être chrétien et croire en Dieu est "ringard". Une société dans laquelle, dans un village provençal de 6 000 habitants, je suis le seul à arborer nos couleurs nationales tous les 14 juillet !

Je suis un fils de pieds noirs, et l’arrière-petit-fils d’un médecin grec engagé au RMLE pour défendre un pays qui n’était pas encore le sien, durant la Première Guerre mondiale. L’Algérie, la Légion, font ainsi parties de moi, de mon héritage familial. Mais ce n’est pas la raison pour laquelle j’ai nourri depuis si longtemps une profonde admiration pour le commandant Denoix de Saint Marc : ce sont sa droiture, ses valeurs, son humanité, sa justesse, sa bonté et son humilité qui ont été bouleversantes. Cet homme m’a fait grandir.

Samedi matin, à la Garde Adhémar, j’irai en toute simplicité m’incliner devant sa dernière demeure ; je m’y présenterai pour lui rendre un petit peu de tout ce qu’il m’a offert. J’irai humblement pour lui dire merci, d’homme à homme. Et si je sais, d’ores et déjà, que mes yeux seront emplis de larme et que ma gorge sera nouée, je sais aussi que j’aurai le cœur léger, et que je repartirai plein d'espérance.

Quant aux polémistes professionnels, je les conchie : qu’ils aillent au diable !
Voilà, ce que je voulais dire, publiquement, aujourd’hui et ici.
_________________________________________________________________________________

28/08/2013 - Raymond Debelle - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

S’il y a bien un mot qui reflète le parcours de ce Soldat, c’est bien le courage.
Courage de se lever alors que les autres baissaient la tête, 
Courage d’endosser la responsabilité du commandement sous le feu et la mitraille, 
Courage d’assumer les actes posés mais aussi de tendre la main à l’improbable réconciliation.
Que Saint Michel, saint patron des parachutistes ouvre grandes ses ailes et l’accueille à ses côtés.
Quant à nous, que son exemple guide nos pas.


________________________________________________________________________

28/08/2013 - Hasso von Frunsberg (réaction dans www Valeurs Actuelles )

Seul un Alexandre Dumas aurait pu façonner un tel personnage : chevaleresque et humble, homme d’action et penseur, mince comme le roseau et solide comme le chêne. Après tant de drames et de sang, n’importe quel humain sombrerait dans la folie ou le cynisme mais Hélie de Saint-Marc avait décidé de témoigner de façon lucide pour que l’espoir ne disparaisse pas. Je pense que la sédition à laquelle il avait pris part en Algérie l’avait profondément meurtri mais cet homme de réflexion en avait mesuré les lourdes conséquences et les a assumées. Un jeune Allemand, un des compagnons de mon père lors des tourments de l’Afrique postcoloniale, avait servi sous les ordres de cet officier remarquable en Indochine et en Algérie; il est aujourd’hui un vieux monsieur qui réalise que son chemin a croisé celui d’un homme exceptionnel dans les forêts moites d’Indochine et les djebels arides d’Algérie.
________________________________________________________________________

27/08/2013 - Alain Haumesser -  Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

On ne peut aborder Hélie de Saint Marc qu'avec une profonde humilité, tant sa stature est immense et tant son modèle d'Honneur et de Courage est difficilement égalable. 
On l'appelle le Commandant, titre que doivent lui envier bien des officiers généraux.

Son départ laisse une plaie béante chez ceux qui se sont intéressés à l'histoire de la France et à son attitude héroïque, d'autant plus que la mièvrerie dans laquelle tombe notre Patrie actuellement ne saurait se donner un modèle d'Honneur, de courage et de fidélité.
________________________________________________________________________

27/08/2013 - Jean Pax Méfret

Hélie, mon commandant !

Ce soir, j'écoute Le Fou, la chanson que vous aimiez.
Les souvenirs m'étreignent. 
Vous avez été un exemple.
Le grand exemple !
Ne jamais subir.
Des camps de concentration allemands aux prisons du régime en passant par les champs de bataille où l'amour de la France vous a toujours conduit.
Je me souviens. Je l'ai écrit.
22 avril 1961. Maison de la radio et de la télévision. À l'aube. Groupés autour de Rosfelder, c'est l'attente de l'arrivée des légionnaires parachutistes pour sécuriser les lieux... 
"Depuis soixante-douze heures, le commandant de Saint-Marc assure l’intérim du commandement du 1er REP et a rallié le général Challe avec ses mille trois cents hommes. Avant de partir en permission, son colonel lui avait déclaré : « Saint-Marc, je vous confie le régiment. Nous vivons une époque tragique où il n’est pas facile pour un honnête soldat, de savoir où est le droit chemin ». Quelques jours plus tard, Saint-Marc est confronté à ce choix, face à Challe dont il a été l’ « officier opérations » et pour lequel il éprouve « de l'admiration, du respect et de l'amitié».

Le général est en civil derrière une table, dans une pièce vide. Il porte un blouson d’aviateur, sans écusson ni grade, 
Photo- Saint-Marc, lui dit-il en répétant deux fois la phrase, je vais vous demander quelque chose de terrible. Vous commandez le 1er REP et, moi cette nuit, je m’apprête à entreprendre une action illégale contre le gouvernement de mon pays parce que j’estime que ce gouvernement trahit l’Armée – cela n’est pas trop grave, elle en a l’habitude - mais aussi les populations auxquelles nous avons promis notre protection. Dans quelques jours, dans quelques semaines, ce gouvernement va signer avec les représentants de la rébellion qui sont à Tunis un accord au terme duquel nous devrions quitter l’Algérie et livrer ces populations au massacre ou à l’exil collectif. Je vais donc entreprendre cette action pour m’y opposer. J’ai besoin de vous. Je voudrais savoir si vous êtes avec moi ou contre moi.

Comme de nombreux officiers qui basculèrent dans la Révolte, Hélie de Saint-Marc a vécu la débâcle d’Indochine, l’abandon par l’armée française des populations qui s’accrochaient désespérées aux ridelles des camions, les crosses qui écrasaient les mains pour leur faire lâcher prise et les laisser en sacrifice aux troupes communistes du vietminh. 
Le commandant du 1er REP obtient de Challe l’assurance qu’il ne s‘agit pas d’un « coup d’état fasciste ou raciste » et qu’il n’y aura « ni réglement de compte ni violence inutile ».
- Je suis un démocrate, Saint Marc lui déclare Challe. Ni raciste ni fasciste, mais il s’agit bien d’un coup d’état.
Convaincu, le commandant Hélie Denois de Saint-Marc lance ses légionnaires à l’assaut des points stratégiques d’Alger..."

Le souvenir reste.
Respect et fidélité, mon commandant.
Les oies sauvages ont déployé leurs ailes. 

JPx M.
______________________________________________________________________

27/08/2013 - Serge Palanque - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

Comme beaucoup, je suis triste d'apprendre le décès de notre Commandant ! Je viens de perdre une pièce de mon puzzle ! Une pièce importante ! Je compare mon existence à un puzzle composé de pièces uniques glanées sur le sentier de ma vie et qui immanquablement se réduit chaque fois qu'une figure aussi admirable disparaît. Une pensée affectueuse pour sa famille. Je ne l'oublierais jamais. Adieu et à bientôt !
________________________________________________________________________

27/08/2013 - Néo Anderson - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

Mon commandant, nous sommes très nombreux parmi vos fidèles à ressentir une immense peine. Votre départ nous laisse orphelins. 

Mais grâce à vous je sais qu'il est possible de vivre avec un idéal, de vivre la tête haute sans jamais céder à la contrainte. Je n'ai pas eu la chance de vous rencontrer, pourtant je suis fier de m'inspirer quotidiennement de votre exemple qui me guidera toujours. Tout simplement merci Mon commandant.
________________________________________________________________________

27/08/2013 - Robert Richier - www Boulevard Voltaire (réaction à l'article de Jean Sévilla)

C'est sans aucun doute le dernier héros de cette France que nous aimons. Qui donc parmi ceux qualifié de héros par la presse et le monde politique bobo-socialo-communiste de notre pays auraient eu le même courage de ce grand monsieur. Il aura été au bout de ses convictions, de son amour pour son pays sans penser une seule fois d’en tirer un quelconque avantage aussi bien financier que de gloire. C’est à cela que l’on reconnaît l’honneur d’un homme, l’honneur d’un grand Français. 
________________________________________________________________________

27/08/2013 - Jean Taillardat - www Boulevard Voltaire (réaction à l'article de Jean Sévilla)

La foi, la fidélité, l’honneur, le patriotisme, le courage, le don de soi, le service, telles étaient les valeurs qu’il prêchait, avec son profond regard et sa voix sûre, mais calme. « Il faut croire à la grandeur de l’aventure humaine », écrivait-il dans sa Lettre à un jeune de vingt ans.

L'exact contraire de ce que vers quoi nous conduit le "mondialisme" avec ses valeurs matérialistes et consuméristes…
________________________________________________________________________

27/08/2013 - Alain Scheyder - www Boulevard Voltaire (réaction à l'article de Jean Sévilla)

Je n'ai pas ses idées, mais hors de toute opinion politique, je pense que Hélie de St Marc était tout simplement un "honnête Homme" au sens noble du terme.
________________________________________________________________________

27/08/2013 - Roger Lavoine - www Boulevard Voltaire (réaction à l'article de Jean Sévilla)

C'est un exemple à suivre ... Il faut sublimer sa propre histoire pour construire le présent et l'avenir .
_________________________________________________________________________________

27/08/2013 - Roger Lavoine - www Boulevard Voltaire (réaction à l'article de Jean Sévilla)

A tous ceux qui ont la responsabilité pédagogique, faite lire les livres de Hélie de Saint Marc aux ados, ce sont des livres d'espoir et d'humanité, des pistes de réflexion, des exemples de comportement, des styles de vie, des valeurs spirituelles, C'est un héros.
________________________________________________________________________

27/08/2013 - Pilou Bemol - www Boulevard Voltaire (réaction à l'article de Jean Sévilla)

Le Commandant de Saint MARC eut fini Maréchal de France en d'autres temps ! Il était de ceux à qui on obéit d'amitié et en tout cas que l'on suit et pour lequel on meure car ses convictions rayonnaient. Ce type d'officier nous manque. Faudra-t-il d'autres catastrophes (hélés prévisibles) pour que surgissent du néant de nouvelles générations d'hommes de sa trempe ?. Reposez en paix mon Commandant, vous avez bien servi la Patrie et sa jeunesse, les graines semées germeront !....
________________________________________________________________________

27/08/2013 - Eric Thurin - www Boulevard Voltaire (réaction à l'article de Jean Sévilla)

Pas un fondu ou une tête brûlée. Un soldat profondément humain.
Comme beaucoup, fier et dégouté de son pays.
Son chant de légionnaire préféré était:
"Adieu vielle Europe,
Que le diable t'emporte,
Adieu vieux pays 
Pour le ciel si brûlant de l'Algérie..."
________________________________________________________________________

27/08/2013 - Christophe Servan - www Boulevard Voltaire (réaction à l'article de Jean Sévilla)

Hélie de Saint-Marc a porte le sens de l'honneur vers les cimes les plus élevées. Il y avait du CID chez cet homme-la.
________________________________________________________________________

26/08/2013 - Erwan Castel - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

Je sors de ma journée comme un homme étranger à lui même, avec dans le coeur une pesanteur à la fois triste et belle... Et les mots qui jaillissent me paraissent tellement dérisoires et petits que je regrette de ne pouvoir confier à un oiseau de la forêt le soin de chanter à ma place mon émotion... Vendredi, à 11h00 en Guyane soyez assuré, amis que je ne connais pas (encore) que mes pensées s'uniront aux vôtres, certainement dans la solitude de frondaisons tropicales choisies, au bord d'une rivière paisible mais dont le courant est semblable à l'exemple que nous laisse Hélie de Saint Marc : un pouvoir d'entraînement puissant et éternel, de nos corps et de nos âmes... . 

Merci d'accepter que mes païennes prières s'unissent aux vôtres. Erwan
________________________________________________________________________

26/08/2013 - Moi Dvk - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

Mon cœur est triste il étais et restera ma référence morale par ses écrits il restera un pilier éthique dans ma vie que sa mémoire demeure je souhaite mes plus sincères condoléances à sa famille
________________________________________________________________________

26/08/2013 - Lionel Gendron - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

Ces anges sont venus prendre le Commandant pour l’amener au firmament...........
Je suis heureux pour lui..............
Il va pouvoir enfin retrouver tout ses camarades disparus avant lui...........
________________________________________________________________________

26/08/2013 - Pilou Bemol - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

ST EXUPERY a écrit dans "Terre des hommes" : "Celui là qui veille modestement quelques moutons sous les étoiles, s'il prend conscience de son rôle se découvre plus qu'un serviteur, il est une sentinelle. Et chaque sentinelle est responsable de tout l'empire".A nous de veiller à présent !
________________________________________________________________________

26/08/2013 - Laurent Palanque - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

un soldat ne meurt jamais il disparaît à l'horizon ...
________________________________________________________________________

26/08/2013 - Daniel Jacq - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

Extrait des " Sentinelles du soir" : "Ce courage là me sera sans doute nécessaire en approchant de la mort. J'ai suffisamment vécu pour savoir que mes victoires passées ne me garantissent pas contre l'affolement final. Chacun rejoue sa vie jusqu'à la dernière seconde. C'est sans doute à cet instant là qu'il me faudra retrouver, une dernière fois, le courage de ma mère, son sourire et son regard vert"....J'espère de tout coeur mon Commandant que vous les avez retrouvé , ce sourire et ce regard vert
________________________________________________________________________

26/08/2013 - Nicolas de Lemos - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

Qu'elle tristesse, qu'elle émotion. Aujourd'hui d'apprendre la disparition d'un grand homme. Mon commandant vous serez toujours là près de nous j'en suis sur. Toutes mes condoléances.
________________________________________________________________________

26/08/2013 - Germain Lafleur - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

s'il est des grands hommes de ce pays, le commandant de Saint Marc, fut de ceux la. Je lui rends hommage pour sa fidélité à la France et son intégrité. Homme de transmission, il nous donne comme beaucoup de nos anciens une véritable leçon de ligne de conduite dans l'adversité. Si seulement nos dirigeants pouvaient avoir une once de son charisme ... R.I.P MON COMMANDANT
________________________________________________________________________

26/08/2013 - Christophe Bergerot - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

A 91 ans, un grand homme s'est éteint. Au travers de ses récits et de la mémoire qu'il laisse, il a pu fédérer autour de lui des admirateurs, pour qui la valeur de l'homme, de la parole donnée, de l'engagement allant jusqu'au sacrifice de sa liberté, sont autant d'hommages au Commandant. Qu'il repose en paix désormais, auprès de ses camarades de sang versé, d'implication politique, de camp, de prison.
________________________________________________________________________

26/08/2013 - Stéphane Creutzberg Bernheim - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

L'absence diminue les médiocres passions et augmente les grandes tout comme le vent éteint la bougie et attise le feu. Vous ne serez pas oublié Commandant. Paix à Votre âme
________________________________________________________________________

26/08/2013 - François Zaessinger - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

Aujourd'hui mon coeur et mon esprit sont en peine. Un guide, un père, un Homme bon et juste s'en est allé pour trouver la Paix éternelle. Il mérite tant.
________________________________________________________________________

26/08/2013 - Raphael Eggenspieler - Groupe FB "Les amis d'Hélie de Saint Marc"

Triste journée... Il est des chênes que l'on a du mal à imaginer quitter le paysage. Hélie de St-Marc est un Homme avec un grand H, l'incarnation d'une certaine forme de droiture morale. Il reste pour ceux qui l'ont lu un exemple de courage, de convictions et de sagesse. Il reste aussi par ses ouvrages au premier desquels " Les champs de Braise", qui doit selon moi faire partie de la bibliothèque de l'honnête homme. Merci et bon voyage Cdt.
________________________________________________________________________



3 / ARTICLES DIVERS 

2 septembre 2013 - La plume et l'épée
"Hommage au CBA Hélie de Saint-Marc, Légionnaire-para, écrivain."

Par 



"Sans conscience, pas d'honneur.
Sans devoir d'obéir à sa conscience, pas d'honneur.
Honneur brille au drapeau avant Patrie."

Capitaine Magniez, "Sois bon soldat", 1904.


cba-de-saint-marc-28-11-2011.jpg

Hélie Denoix de Saint-Marc, résistant à 19 ans, arrêté par les nazis sur dénonciation et interné au camp de Buchenwald. Est l’un de 30 survivants d’un convoi de plus de 1000 déportés. Saint-Cyrien. Légionnaire. Guerre d’Indochine avec le 3e REI et le 2e BEP. Guerre d’Algérie avec le 1er REP qu’il commande par intérim. Entre en opposition avec la politique menée par le gouvernement. Refuse d’abandonner les français d’Algérie et les harkis. Passe 5 ans en prison avant d’être gracié. Réhabilité dans ses droits civils et militaires en 1978. Ecrivain. Prix littéraire de l'Armée de Terre Erwan Bergot en 1995 et prix Fémina en 1996 pour « Les champs de braises ». Grand-croix de la Légion d’honneur, Croix de guerre 1939-1945 avec 1 citation, Croix de guerre des TOE avec 8 citations, Croix de la valeur militaire avec 4 citations, Médaille de la résistance, Croix du combattant volontaire de la Résistance, Croix du combattant, Médaille coloniale avec agrafe « Extrême-Orient », Médaille commémorative de la guerre 1939-1945, Médaille de la déportation et de l'internement pour faits de Résistance, Médaille commémorative de la campagne d'Indochine, Médaille commémorative des opérations du Moyen-Orient (1956), Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre en Afrique du Nord (1958) avec agrafes « Algérie » et « Tunisie », Insigne des blessés militaires (2), Officier dans l'ordre du mérite civil Taï Sip Hoc Chau. Décède le 26 août 2013.

décorations Hélie.JPG

Ce soir-là, je regarde le journal de 20h et les chaînes d'information. Combien de secondes accordées  au CBA Hélie de Saint-Marc ? Les avez-vous comptées ?

Alors que les tambours de la guerre ne cessent de gronder, Afghanistan, Libye, Mali… Syrie. A quoi est dû ce silence assourdissant des médias ? Est-ce de l’indifférence ? Indifférence des médias seulement, ou indifférence de la France ?

Si la France détourne son regard lors du dernier voyage d'un vieux soldat, peut-elle encore regarder dans les yeux les jeunes gens qu’elle envoie combattre, pour elle, au bout du monde ? Peut-elle regarder dans les yeux la maman de Jean-Nicolas Panezyck, mort en Afghanistan ? Peut-elle regarder dans les yeux la fille d’Alexandre van Dooren, mort au Mali ?

J'écris cela sans rancœur : Sur le Net, où la parole n'est pas muselée, j'ai vu fleurir des milliers d'hommages. Mots simples de vieux soldats, certes, mais aussi de "ménagères de moins de 50 ans", de jeunes mamans, d'adolescents... Une multitude d'anonymes qui ont salué le Commandant, les yeux dans les yeux. Une France au regard franc. La vraie France.

« Reposez en paix Monsieur Hélie Denoix de Saint-Marc...
L’hommage que le journal télé ne vous donne pas, prenez-le de ces quelques lignes.
Merci d’avoir été.
Merci du fond du cœur. » 
Commentaire d’Ha mandaa lectrice de La Plume & L’Epée, sur notre page FaceBook.

Hélie de Saint-Marc - Algérie.jpg

Livres Hélie de Saint Marc.jpg


Œuvres d'Hélie de Saint-Marc

Les Champs de braises. Mémoires avec Laurent Beccaria, Ed. Perrin.
Les Sentinelles du soir, Ed. Les Arènes.
Indochine, notre guerre orpheline, Ed. Les Arènes.
Notre histoire (1922-1945) avec August von Kageneck, conversations recueillies par E. de Montety, Ed. Les Arènes
Toute une vie, en collaboration avec Laurent Beccaria, Ed. Les Arènes.

L’Aventure et l’Espérance, Ed. Les Arènes.


Le CBA de Saint-Marc a été inhumé le 30 août dernier.

Lors de la cérémonie religieuse en la primatiale Saint-Jean de Lyon, devant  plus d'un millier de personnes rassemblées pour un dernier hommage, l'une de ses filles s'est ainsi exprimée :
"Tu as préféré l'honneur aux honneurs".

1rep_insigne.jpg

"Un homme doit garder la capacité de résister, de s'opposer, de dire "non". Ensuite, il n'a pas à s'excuser. Trop d'hommes agissent selon la direction du vent. Leurs actes disjoints, morcelés, n'ont plus aucun sens. "
CBA Hélie de Saint-Marc

1175735_10151814420746357_1542581238_n.jpg

"Le dernier saut du para" 

Dessin publié sur la page FB des « amis d’Hélie de Saint-Marc »
________________________________________________________________________

31 août 2013 - Le Figaro Magazine
"Hélie de Saint Marc, l'honneur d'un commandant"
Par Guillaume Roquette





Le lien ici : HDSM - 2013-08-31 - L'honneur d'un commandant ________________________________________________________________________


31 août 2013 - La Croix.fr
"Le cardinal Barbarin rend hommage à la « responsabilité » d’Hélie Denoix de Saint-Marc"

par C.H.


« Quelle force puisée dans cette existence si chahutée et si droite, si douloureuse et si lumineuse à la fois ! » Présidant les funérailles d’Hélie Denoix de Saint-Marc, vendredi 30 août 2013, en la primatiale Saint-Jean, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a rendu hommage au « courage » et à la « responsabilité » de l’ancien légionnaire.

Déporté à Buchenwald en 1943 et condamné à dix ans de réclusion criminelle après le putsch manqué d’Alger en 1961, Hélie Denoix de Saint Marc qui vivait à Lyon depuis cinq décennies, est décédé lundi 26 août à l’âge de 91 ans.

« Cet homme assume tout, tout ce qu’il a fait lui-même (…). Il dit avoir toujours agi comme il pensait devoir le faire. Il comprend très bien dans la finesse, la douceur de son intelligence, et son respect de toutes les autres personnes (…) que d’autres aient agi autrement », a rappelé l’archevêque dans son homélie. « Jamais il n’a rejeté la responsabilité sur une autorité supérieure avec laquelle il n’aurait pas été d’accord. Il a fait ce qu’il avait à faire quand c’était son rendez-vous avec l’Histoire, en jugeant avec sa conscience (…). Jamais encore plus, bien sûr, il n’a reporté la responsabilité sur ses subordonnés ».

« DU SILENCE, DE L’AMOUR, BEAUCOUP DE POINTS D’INTERROGATION… »
Poursuivant sur ce thème de la responsabilité, le cardinal Barbarin a souligné devant la famille d’Hélie de Saint-Marc : « Il avait à répondre de sa vie devant la justice des hommes. Mais aujourd’hui notre réconfort, c’est que sa responsabilité est mise en jeu aussi (…) et aujourd’hui il répond de sa vie devant Dieu » qui est « un juge et un père ». « Dans son cœur il y avait du silence, de l’amour, beaucoup de points d’interrogation, du respect et peut-être surtout de la confiance », a-t-il relevé encore.

« Tous ces maux de son existence, a poursuivi l’archevêque, qui sont les maux de la Seconde guerre mondiale, de l’Indochine, de la guerre d’Algérie, ce sont des maux qui traversent les siècles et les aléas de l’histoire. La résistance n’est pas qu’un fait du passé. Aujourd’hui aussi il y a une objection à vivre et les sentinelles dont il parle tant ne sont pas si loin des Veilleurs ».

________________________________________________________________________




30 août 2013 - Lyon people.fr
"En direct de St-Jean. Les obsèques d’Hélie Denoix de Saint-Marc"
par Benjamin Solly et Marc Polisson


01
Photos © Marco et Fabrice Schiff

L’ancien officier est décédé lundi 26 août 2013 dans sa résidence drômoise de la Garde-Adhémar. Il avait 91 ans. Revivez dans les conditions du direct les obsèques d’Hélie de Saint-Marc à la primatiale Saint-Jean de Lyon où près de 3000 personnes se sont rassemblées pour l’accompagner dans son dernier voyage

- 14h : Bonjour à tous et merci de nous suivre pour vivre en direct les obsèques d’Hélie de Saint-Marc. La cérémonie débutera à 15h en la primatiale Saint-Jean à Lyon et sera célébré par le Primat des Gaules Philippe Barbarin.

- 14h05 : Résistant à 19 ans, déporté, lieutenant blessé en Indochine, « soldat perdu » en Algérie, la vie d’Hélie de Saint-Marc s’est entrechoquée avec l’Histoire du XXe siècle.

- 14h07 : Une centaine de personnes attend devant la cathédrale. Les militaires et porte-drapeaux forment une haie d’honneur, prêts à rendre un dernier hommage au commandant de Saint-Marc. Les honneurs militaires seront donnés après la cérémonie. A l’intérieur, ils sont déjà plus de 150 à avoir garni les rangs d’honneur.  16 livres d’or ont été disposés à l’entrée de la Primatiale. Robert Batailly a déjà signé les registres et a pris place dans le carré d’honneur

L1120168

- 14h10 : Héros pour les uns, militaire séditieux pour les autres après sa participation au putsch manqué d’Alger en avril 1961, la trajectoire d’Hélie de Saint-Marc a toujours fait polémique. A telle enseigne que le ministère de la Défense a modifié son premier communiqué de presse envoyé suite à sa disparition, évoquant dans le second document « la complexité » du personnage.


- 14h15 : D’après un article de L’Opinion, peu de personnalités de premier ordre devraient se déplacer pour la cérémonie. Selon les informations du quotidien, le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian, le ministre délégué aux Anciens combattants Kader Arfi n’en seront pas. Du côté de l’état-major, c’est service minimum. « Le chef d’état-major des armées (occupé lui aussi par l’affaire syrienne) ou celui de l’armée de terre n’y participeront pas. Sauf nouvelles décisions, pour l’heure, ne seront présents que le général Martial de Braquilanges, en tant que gouverneur militaire de Lyon et le général Christophe de Saint-Chamas, commandant de la Légion étrangère, au sein de laquelle Hélie de Saint-Marc avait servi. Un détachement du 2ème REP, dont le chef de corps, sera présent à la cathédrale de Lyon », précise le journal.

- 14h20 : Le commandant de Saint-Marc, très discret, ne souhaitait pas d’obsèques militaires aux Invalides, mais tenait à cette cérémonie lyonnaise. Engeolé pendant 5 ans après la tentative de putsch manqué d’Alger en avril 1961, c’est à Lyon qu’il a réinstallé ses quartiers en 1966.

- 14h25 : Le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb a rendu hommage au militaire par voie de communiqué. « A quelques jours du 69ème anniversaire de la libération de Lyon, je salue la mémoire du Résistant, arrêté en 1943 par la gestapo, puis déporté à Buchenwald avant d’être envoyé au camp de concentration de Langenstein dont il fut un des rares survivants parmi le millier de Français internés. Dans les moments tragiques de la guerre d’Algérie, par fidélité aux hommes qu’il commandait, il fit des choix qu’il assuma toujours avec dignité. C’était un homme d’honneur, une figure d’une extrême intégrité, un être authentique habité d’un humanisme profond. Son ami André Laroche l’avait aidé à s’installer à Lyon, en 1966. Malgré son grand âge, il honorait de sa présence nos cérémonies commémoratives. En 2011, il avait été fait Grand Croix de la Légion d’Honneur. Par cette distinction, la nation entendait honorer le Résistant et l’homme. Hélie Denoix de Saint Marc restera dans les mémoires. » Gérard Collomb et le préfet de Rhône-Alpes Jean-François Carenco, sont attendus aux obsèques.



L1120169- 14h27 : Le conseiller régional centriste Jean-Loup Fleuret, est arrivé dans la cathédrale, précédant de quelques minutes les députés du Rhône Georges Fenech et Philippe Meunier. Tous ont pris place au 3e rang.

- 14h30 : Selon nos informations, Marine Le Pen devait faire le déplacement. Son père, le sous-lieutenant Jean-Marie Le Pen, a servi sous les ordres du commandant de Saint-Marc en Algérie, au 1er Bataillon Etranger de Parachutistes. « Je représente Marine qui n’a finalement pas pu se déplacer », confie Christophe Boudot, secrétaire départemental du FN du Rhône

- 14h35 : Il a décoré Hélie de Saint-Marc de la Grand-croix de la Légion d’Honneur en 2011. Nicolas Sarkozy sera-t-il présent aux obsèques du militaire ? Sa conseillère en communication, Véronique Waché, nous confirme par téléphone que l’ancien président a bien été convié par la famille mais qu’il ne sera présent. « Nicolas Sarkozy a envoyé une lettre de condoléances à sa veuve », nous informe-t-elle.

L1120172- 14h42 : Député du Rhône et président départemental de la fédération UMP, Philippe Cochet a fait son entrée, rejoignant le banc des parlementaires. Alain Mérieux est également arrivé.

- 14h45 : Le candidat UMP aux municipales lyonnaises de 2014, Michel Havard, est également là.

- 14h49 :  L’ancien maire de Lyon Michel Noir erre comme un âme en peine au milieu du transept, et cherche à se faire installer aux places d’honneur.

- 14h50 : A noter également la présence de deux anciens gouverneurs militaires de Lyon, les Généraux de Marnhac et Pomente. Martial de Braquilanges, l’actuel gouverneur militaire de Lyon, est évidemment présent.

L1120173- 14h52 : La cathédrale est maintenant pleine. L’ancien ministre de la Défense, Charles Millon a pris place à côté de Michel Noir.

- 14h54 : Les orgues démarrent. Le corps doit faire son entrée sur le Messa di Gloria de Puccini

- 14h55 : Mitre et sceptre de sortie, le Cardinal Barbarin, entouré des chanoines, va prendre place au lutrin.

- 15h : La cérémonie débute, les porte-drapeaux ont rejoint l’intérieur de la cathédrale. Le cercueil d’Hélie de Saint-Marc a été disposé. Il est recouvert du drapeau tricolore, du béret vert et de ses décors de Grand-Croix de la Légion d’Honneur.

L1120187- 15h10 : «  Mon cher Petit Papa… » Au nom de ses trois sœurs et des vingt petits enfants du commandant, la fille d’Hélie de Saint-Marc lit un très émouvant discours à l’attention de son père. Elle est la première à prendre la parole, avant le Cardinal Barbarin. « Cette stature d’officier, nous l’avons peu à peu apprivoisé mais dans notre cœur, tu es toujours ce papa plein de tendresse et d’attention. A Lyon, nous avons découvert la vie ensemble en famille, nous avons essayé avec maman de chasser les ombres qui te hantaient. » La fille d’Hélie de Saint-Marc évoque avec beaucoup de dignité la trajectoire concentrationnaire de son père pendant la Seconde Guerre mondiale.  « Ta capacité à pardonner nous a marqué à jamais. »

- 15h15 :  «  Tu as préféré la vérité, l’honneur aux honneurs. Tu as sacrifié ta carrière, ta réputation voire tes amitiés », continue sa fille face au cercueil de son père. L’instant est très émouvant. « Meurs et devient », conclut-elle.

- 15h18 : « Croyez-vous en la résurrection ? Je n’ai pas d’autre solution. » Le cardinal Barbarin cite un mot plein d’esprit d’Hélie de Saint-Marc pour évoquer l’homme.

L1120184- 15h20 : Le préfet Carenco et le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb sont côte à côte pour assister à la cérémonie.

- 15h23 : Place au protocole liturgique avec le Kyrie puis la lecture de la Lettre de Saint-Paul aux Romains.

- 15h28 : Nous ne les avons pas croisés mais d’après nos informations, l’ancien ministre de la Défense Gérard Longuet, Renaud Denoix de Saint-Marc, membre du Conseil constitutionnel et le Général Ract Madoux, chef d’État-Major de l’armée de terre, sont dans l’assemblée.

- 15h31 : Le maire du 6e arrondissement Jean-Jacques David est bien là, accompagné par quelques conseillers dont Amaury Nardone.

- 15h35 : « Les textes des lectures et des chants ont été choisis par Mme de Saint-Marc (Manette, sa veuve, qu’Hélie de Saint Marc à rencontré en Algérie – NDLR) et ses filles », confie le Cardinal Barbarin.

- 15h40 : Le Primat des Gaules évoque la vie à Lyon, depuis 1966 et pendant cinq décennies, d’Hélie de Saint-Marc. L’homélie continue. Il évoque le texte d’Hélie de Saint-Marc, Que dire à un jeune de vingt ans, écrit à la fin de sa vie et reproduit dans les livrets de messe du défunt« Il a fait ce qu’il avait à faire quand il a pris son rendez-vous avec l’Histoire, il en a pris la responsabilité », rappelle l’ecclésiaste qui évoque à demi-mot le choix fait par Saint-Marc de soutenir les généraux putschistes d’Alger en avril 1961.
L1120199
- 15h47 : « La résistance n’est pas un phénomène passé, aujourd’hui, il y a beaucoup de résistances à vivre avec les veilleurs », continue Barbarin. « Tous ceux qui se laissent conduire par l’esprit de Dieu, ceux-là sont vraiment fils de Dieu. » L’homélie est terminée.

- 15h55 : Les intentions de prières sont lues par l’aumônier de la Légion, représentant les anciens légionnaires ayant servi sous le commandement d’Hélie de Saint-Marc. « C’est mon lieutenant », lui a confié l’un d’eux, « les yeux plein de larmes », rapporte l’orateur.

- 15h58 : Le président de Vietnam Espérance est au lutrin pour lire une intention de prière pour l’Eglise du Vietnam, qu’Hélie de Saint-Marc a contribué à relever.

- 16h02 : Famille et militaires se succèdent au pupitre pour continuer les intentions de prières.

- 16h05 : C’est l’heure de la quête, qui précède l’Offertoire dans le déroulé de la cérémonie. Une choriste interprète Lascia Ch’io Pianga de Haendel.

L1120212- 16h10 : La photo ne le montre pas, mais Charles Millon et Michel Noir s’époumonent sur le Sanctus.

- 16h11 : Place au sacrement de l’Eucharistie.

- 16h21 : La famille s’avance pour la Communion. Parmi les personnalités, Dominique Nachury, Jean-Loup Fleuret, Michel Noir, Philippe Cochet, Philippe Meunier sont allés communier. Le préfet Carenco n’a pas quitté son banc. Gérard Collomb non plus. Le sénateur-maire de Lyon avait un mot d’excuses de son Vénérable.

- 16h31 : Rangé des pubs, Jean-Marc Requien, qui s’est vraisemblablement perdu en visitant le Vieux-Lyon, est totalement dissipé.

L1120223- 16h33 : Parmi les concélébrants, l’abbé Jérôme Billioud a quitté le temps d’un dernier hommage à Hélie de Saint-Marc sa paroisse de Saint-Denis de la Croix-Rousse.

- 16h36 : Le Dernier Adieu au commandant de Saint-Marc est célébré sur le très beau texte du Cantique de Syméon.

- 16h39 : Encensoir et signe de croix, le Cardinal Barbarin procède à la bénédiction du corps.

- 16h43 : Mme de Saint-Marc s’approche du cercueil pour bénir le corps de son mari, suivie de tous les membres de sa famille.

16h43- 16h47 : La cérémonie touche à sa fin. Un Salve Regina s’envole du chœur. En raison de l’affluence – plusieurs centaines de personnes – la famille ne recevra pas de condoléances à la cathédrale. Le général Martial de Braquilanges, gouverneur militaire de Lyon, recevra famille et amis en son hôtel de l’avenue Foch à l’issue des honneurs militaires rendus au commandant sur le parvis de la cathédrale. Un oraison funèbre sera prononcé durant la cérémonie par le Général Dary.

- 16h52 : Les porte-drapeaux quittent la cathédrale Saint-Jean. La famille se regroupe autour du cercueil.

- 16h52 : Les porte-drapeaux quittent la cathédrale Saint-Jean. La famille se regroupe autour du cercueil.


16h55
- 17h13 : La Sonnerie aux Morts se fait entendre sur le parvis de la cathédrale. La cérémonie débute en présence du chef d’état-major de l’Armée de Terre. Une compagnie et la musique de la Légion étrangère sont présentes sur la place, ainsi qu’une délégation de l’école militaire de Saint Cyr.


- 17h19 : « Mon commandant, mon ancien. Ils sont là, ils sont tous présents. Croyants, agnostiques ou incroyants, souffrants ou en pleine santé, jeunes soldats ou anciens combattants, civils ou militaires. Ils sont tous présents. Tous ceux qui ont croisé une partie de votre chemin sont regroupés. » Le général Dary prononce son oraison funèbre.

17h13- 17h23 : « Vous laissez chacun de nous heureux et fiers de vous avoir connu. Vous laissez surtout chacun de nous face à sa conscience, ses interrogations », continue l’ancien gouverneur militaire de Paris.

- 17h28 : Le général Dary retrace la carrière militaire d’Hélie de Saint-Marc, qu’il a traversée au côté de « la mort, sa compagne. » Évoquant sans détours l’abandon de l’Indochine et de l’Algérie ainsi que la trahison des autorités françaises de l’époque.

- 17h32 : « En dépit des pressions politiques, des tribunaux d’exception, de la rapidité du jugement, les honneurs vont seront reconnus. Par la Nation et par les médias, à travers les succès de vos livres. » Pour la Grande Muette, la plaie de la condamnation du commandant de Saint-Marc pour sa participation aux événements d’avril 1961 en Algérie est encore ouverte.

17h41- 17h34 : « Tout sacrifier pour sauver son honneur. » La formule illustre, pour le général Dary, le profond sacerdoce d’Hélie de Saint-Marc.

- 17h40  : « Mort, où est ta victoire… quand on a toujours été à l’avant-garde de l’Histoire, sans jamais manquer à son devoir. » Le général reprend cette formule d’introduction dans une anaphore très émouvante.

- 17h41 : « Ce n’est qu’un au revoir mon frère (…) Adieu Hélie, et surtout merci. » Reprenant les premiers vers du célèbre chant scout, le Général Dary termine son oraison funèbre. Tonnerre d’applaudissements alors que les anciens bérets verts entonnent « Contre les Viets »..

17h48- 17h44 : La Sonnerie aux Morts retentit une second fois, les tambours battent. Place au silence sur la place Saint-Jean. Il est assourdissant. La fanfare militaire reprend ensuite  Le Boudin, hymne de la Légion étrangère.

- 17h48 : Huit légionnaires portent le cercueil d’Hélie de Saint-Marc jusqu’au corbillard. Gérard Collomb et Jean-François Carenco viennent présenter leurs condoléances à Manette, la veuve du commandant.

- 17h50 : Merci d’avoir suivi notre direct sur Lyon People. Le commandant sera inhumé demain samedi à La Garde-Adhémar (26)


02



________________________________________________________________________




30 août 2013 - Le Progrès.fr
"Plus d'un millier de personnes pour les obsèques d’Hélie Denoix de Saint-Marc"

Il y avait plus de 1 000 personnes auprès de la famille d’Hélie Denoix de Saint-Marc ce vendredi après-midi aux obsèques du commandant à la primatiale Saint-Jean.
/ Photo Stéphane Guiochon
Photo Stéphane Guiochon

Une heure avant, il ne restait déjà plus de places assises dans la primatiale Saint-Jean. Frères d’arme, préfet, élus de tous bords (de Gérard Collomb à Michel Noir en passant par Charles Millon, Michel Havard ou Christophe Boudot), autorités militaires : il y avait plus de 1 000 personnes auprès de la famille d’Hélie Denoix de Saint-Marc ce vendredi après-midi aux obsèques du commandant à la primatiale Saint-Jean.

Cette légende du monde combattant est décédée lundi dernier à l’âge de 91 ans.

« Tu as préféré l’honneur aux honneurs » ont témoigné ses quatre filles lors de la cérémonie religieuse.

Pour le cardinal Barbarin, quatre mots résumaient Hélie Denoix de Saint-Marc : « honneur, fidélité, courage et responsabilité ».

Le général Bruno Dary, qui a prononcé l’éloge funèbre sur la place Saint-Jean, a mis en avant « l’incroyable destinée » de celui qui a été « l’homme de tous les conflits du XXe siècle ».

Porté par des légionnaires, son cercueil recouvert du drapeau bleu-blanc-rouge a quitté la place Saint-Jean sous les chansons de la Légion Etrangère et les applaudissements du public.
Résistant, puis déporté, Hélie Denoix de Saint-Marc a commandé un avant-poste de la Légion Etrangère en Indochine, à la frontière chinoise.
En 1961, à la tête du 1er REP en Algérie, il se joint au putsch des généraux car il ne voulait pas abandonner les harkis.
Condamné à dix ans de réclusion criminelle, il est gracié le jour de Noël 1966 après cinq années passées à Tulle.
Installé depuis à Lyon, il est l’auteur de plusieurs livres de témoignage 
Il avait été fait Grand-Croix de la Légion d’Honneur par le président de la République il y a deux ans lors d’une cérémonie aux Invalides.


F.G.L
/ Photo Stéphane Guiochon
Photo Stéphane Guiochon
________________________________________________________________________


29 août 2013 - www Nouvelles de France
"Le règne de l'individu roi"
Christian Vanneste



Christian VannesteL’un des traits dominants de notre époque est l’individualisme. L’éclatement de la famille, le renversement du rapport entre les devoirs envers la collectivité et les droits proclamés de l’individu, la remise en cause des appartenances héritées ou subies au profit des adhésions choisies ou revendiquées vont dans le même sens. Mais cette évolution qui paraît inéluctable se décline de manière multiple et parfois contradictoire. Ses « figures » sont loin d’avoir le même profil ou la même valeur. La liberté même lorsqu’elle conduit à l’adhésion et à la fidélité à celle-ci repose toujours sur la faculté de dire non, de refuser. De Gaulle est un exemple éclatant de ce principe. En 1940, il refuse la défaite, il n’accepte pas l’abaissement de la France, et s’oppose au régime « légal »du pays. Il le fait sur le plan moral et affectif, l’honneur, mais aussi intellectuellement et rationnellement, le bon sens. Ce refus, c’est celui d’un individu, qui se sent personnellement touché et engagé par la défaite nationale, et qui va ensuite toujours réagir d’une manière personnelle aux situations politiques auxquelles la France et lui-même seront confrontés. De Gaulle, comme tous ceux de sa génération, a lu Barrès : il sera toujours à se construire sous l’oeil des barbares, c’est-à-dire en l’occurrence face à des hommes pour qui il nourrissait un certain mépris, mais cet « individu », comme Barrès, va s’identifier à la nation, à cette énergie nationale par laquelle, une personnalité singulière insuffle à un pays, à une collectivité sa propre détermination. Les barbares pour de Gaulle, ce sont les « veaux », tous ces Français qui, comme le dit le Roi Ferrante, chez Montherlant ne respirent pas à la hauteur où lui-même respirait. C’est un paradoxe qu’il faille pour donner de la force aux sociétés des personnes dénuées de conformisme, comme si les dissidents devaient être les plus capables non seulement de donner un nouvel élan mais une véritable unité à la collectivité.

Mais le dissident peut l’être d’une manière plus complète. Singulier destin que celui d’Hélie Denoix de Saint-Marc. Premier refus, à 19 ans, il est résistant, se fait arrêter et déporter à Buchenwald. Il est l’un des 30 survivants d’un convoi de 1000 déportés. Après Saint-Cyr, c’est l’Indochine et le refus demeuré impuissant d’abandonner aux mains du viet-minh les villageois qui ont aidé les Français. Lorsque le Général de Gaulle dévoile ses véritables intentions sur l’Algérie, cet officier pense aux harkis, à la promesse qui leur a été faite, et c’est un nouveau refus. Il participe au putsch d’Alger en 1961. Deux fois dissident, d’un patriotisme animé par le sens de l’honneur, cet homme est lui aussi un « individu » qui s’identifie à la Nation dont il est le soldat, mais il le fait en moraliste, non en politique : son opposition au pays légal procède d’une sorte d’adhésion maximale au pays réel ou peut-être idéal au service duquel sa personnalité s’est forgée et dont il refuse les faiblesses. On ne peut qu’approuver le geste de Sarkozy en faveur de cet homme, putschiste, par exigence morale, au nom de l’idée qu’il se faisait de son pays.

« Il y a aujourd’hui le risque d’un individualisme capricieux de personnes incertaines d’elles-mêmes, mais prêtes à tout sacrifier à ce qu’elles estiment leurs droits. »

Lorsqu’on évoque la dissidence, on pense immédiatement à Soljénitsyne, à son refus du totalitarisme communiste, à son internement dans l’archipel du goulag, à son exil. Voilà cette fois un homme qui a été traité comme un renégat par le système soviétique, mais qui était passionnément russe et qui souffrait, en fait, de voir un régime défigurer le visage de sa Nation, lui arracher son âme. Patriote, croyant et même réactionnaire, Soljénitsyne a beaucoup déçu nos gauchistes de salon, mais il appartient lui aussi à cette catégorie de caractères dont la singularité confère à l’engagement patriotique une dimension exceptionnelle.

Très différents sont ceux qui mériteraient davantage le nom de renégats, ceux dont la différence va jusqu’à l’opposition, et l’opposition jusqu’à la trahison. L’espèce de fascination qu’exercent ces hommes dont le refus vire au nihilisme est le signe du règne de l’individualisme dans nos sociétés. Ce que certains admirent chez eux, c’est l’anticonformisme lorsqu’il tend à la provocation systématique, l’attirance pour l’autre au point de le choisir contre les siens. Jacques Vergès a eu droit, lors de son décès à plus d’éloges qu’Hélie Denoix de Saint-Marc. Ils avaient été résistants tous deux. L’un avait été en prison pour cause d’Algérie Française, l’autre n’avait pas choisi son pays, mais l’autre camp dont il avait pris aussi la nationalité. Défendre corps et âme les poseurs de bombes qui tuent des Français, avoir en bien des occasions des attitudes troubles, notamment dans ses relations avec le régime inhumain des Khmers rouges, et son chef Pol Pot, prendre plaisir à devenir l’avocat du diable provocateur, font supposer chez un tel personnage que le refus de l’adhésion à la collectivité dont il est membre est devenu un principe, une sorte d’individualisme royal et cynique.

L’histoire de Bradley Manning est un cas-limite. Voilà un soldat qui n’hésite pas à divulguer des informations qui peuvent nuire à l’armée à laquelle il appartient et au pays qui est le sien. Il n’est pas journaliste, mais militaire, et ne détient ces informations que dans le cadre d’un service qui lui impose des devoirs. Or, il place les exigences de sa conscience à un niveau tel qu’il estime avoir le droit, non de quitter un service qu’il réprouve, mais de le trahir. Dans ce cas précis, l’inversion entre l’individu et la collectivité est totale. Il ne s’agit plus de vivre sa singularité dans un engagement collectif qui, à la fois, en bénéficie et lui offre un terrain d’action plus vaste. Il s’agit d’attribuer à l’individu le droit de nuire à la collectivité parce que tel est son bon plaisir ou sa conviction profonde. Aux dernières nouvelles, Manning aurait exprimé la volonté de changer de sexe. Une telle démarche est révélatrice. Il y a des individualismes fondés sur des personnalités riches qui irriguent les communautés de leur créativité. Nietzsche disait que les peuples étaient des détours pour arriver à quelques grands hommes et les oublier ensuite. Il y a aujourd’hui le risque d’un individualisme capricieux de personnes incertaines d’elles-mêmes, mais prêtes à tout sacrifier à ce qu’elles estiment leurs droits.
________________________________________________________________________


29 août 2013 - www L'Histoire en rafale
"L’hommage au commandant Hélie Denoix de Saint-Marc"
Hervé Chabaud

Les obsèques du commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, 91 ans, ont lieu ce vendredi 30 août 2013 à la collégiale Saint-Jean-Baptiste de Lyon. Les honneurs militaires lui sont rendus à l’issue de la célébration religieuse, devant la cathédrale.

Cet homme d’honneur si attachant par la puissance de ses raisonnements et la fidélité inébranlable aux valeurs auxquelles il croyait a été une figure de la Résistance, un officier remarquable de la guerre d’Indochine et un officier indigné de la guerre d’Algérie. Il est décédé le lundi 26 août 2013 à la Garde-Adhémar dans la Drôme où il sera inhumé. L’écrivain François Sureau lui rendant hommage a écrit qu’un juste vient d’entrer dans l’invisible. Cela sonne vrai. Lorsque j’ai rencontré Hélie Denoix de Saint-Marc, la première fois, c’était à Reims où il venait présenter ses Mémoires “Les Champs de braises”. J’avais envie de rencontrer l’homme, celui qui avec ses tripes parlait de ses choix, de ses souffrances et de cette capacité à pouvoir se regarder dans la glace sans avoir honte parce qu’il s’était toujours donné à la France par conviction. Il parlait d’une voix, douce et son regard clair était transperçant. Sa simplicité, sa franchise, sa proximité n’étaient pas simplement touchantes mais émouvantes. Sa sincérité était indiscutable. Pas la moindre la nostalgie mais avec sa plume d’écrivain et ses paroles de témoin et d’acteur de l’histoire, il incarnait la grandeur de l’homme accompli.

Issue d’une famille bordelaise, élevé chez les jésuites, il est dès l’adolescence apprécié pour sa rigueur intellectuelle et sa droiture. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, voir la France renoncer, l’armistice signé, l’occupation s’imposer est pour lui unes épreuve insoutenable. Il choisit de résister et faut-il être surpris, il rejoint le réseau Jade-Amicol où se trouve aussi son ancien directeur de collège? La Résistance expose parce qu’on prend des risques, qu’on met en danger sa vie. Il est arrêté et n’échappe pas à la déportation d’abord à Buchenwald avant de rejoindre l’effroyable tunnel du kommando de Langestein où il vit cette déshumanisation de l’homme par l’homme.

Il souffre, il plie. Il ne rompt pas. Il parlait de tout cela avec beaucoup de retenue, s’interrompant pour prendre une bouffée, ce qui l’aidait à mieux respirer. Les séquelles de la prison et de la déportation avaient laissé quelques traces. Il parlait des hommes du mal, de la lâcheté, de la fierté mais surtout de l’honneur qui est le nom que les militaires donnent à leur conscience. Sur la place d’Erlon, autour d’un café, il s’était soudain figé et m’avait montré un jeune homme passant avec un cabat et me regardant droit dans les yeux il m’avait confié: ” Ce garçon-là, il a fait de la prison comme moi. Ceux qui ont fait de la prison se reconnaissent à leur regard”. Alors nous avons pris un rendez-vous, celui de nous revoir pour ses autres livres “Les sentinelles du soir”, “Notre Histoire”, “Toute une vie”, ‘L’aventure et l’espérance”. Saint cyrien, il a vecu la guerre d’Indochine et un premier départ douloureux de la France puis la guerre d’Algérie qui a conduit l’officier de la Légion étrangère à se rebeller. Condamné lourdement, emprisonné, privé de tout, réhabilité, il a passé de longues années à expliquer son cheminement en passant au crible l’histoire de son pays avec la lucidité d’un témoin authentique, dont la mémoire ne flanche pas et n’est jamais révisée au fil des ans vers plus de gloire.

En novembre 2011, le président de la République, Nicolas Sarkozy, l’a élevé dans la cour des Invalides à la dignité de grand croix de la Légion d’honneur. Alors qu’on lui demandait sa réaction il avait déclaré tout de go: “La Légion d’honneur on me l’a donnée, on me l’a reprise, on me l’a rendue”. Ereintée par une vie abîmée mais reconstruite avec une dignité exemplaire il évoquait ainsi sa santé qui n’était plus fameuse en même temps qu’il revivait des épreuves qui figeaient son visage: “La semaine dernière la mort est encore passée tout près de moi. Je l’ai tout de suite reconnue: nous nous sommes si souvent rencontrés”.

Hélie de Saint-Marc qui a fait de la réconciliation, l’un des combats intellectuels de sa vie est parti sur l’autre rive mais son oeuvre demeure et surtout sa vie a été entièrement donnée à la France. Tous les épisodes de sa vie sont construits sur la même ligne c’est pourquoi il mérite le respect éternel.

Le commandant Hélie Denoix de Saint-Marc était grand croix de la Légion d’honneur, croix de guerre 39-45 ( une citation), croix de guerre des Territoires d’opérations extérieures (Huit citations) croix de la Valeur militaire (4 citations). Il était aussi titulaire de la médaille de la Résistance, de la croix du combattant volontaire de la Résistance, de la croix du combattant de la médaille de la déportation et de l’internement pour faits de résistance.

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a salué la mémoire du commandant Hélie Denoix de Saint Marc en ces termes: « Grand patriote, résistant de la première heure, déporté à Buchenwald, Hélie Denoix de Saint Marc a mené une carrière militaire prestigieuse en Indochine puis en Algérie. De sa complexité, il faut retenir aujourd’hui la force de son engagement d’officier et la générosité de son dévouement aux hommes dont il était responsable. Par ailleurs, il a su garder à travers les péripéties de l’Histoire, un esprit curieux et novateur, notamment dans le dialogue avec l’ancien ennemi allemand, en publiant avec le colonel August Von Kageneck le livre commun notre histoire, 1922-45 ».

________________________________________________________________________


28 août 2013 - Ouest France.fr - Dinan
« Un des derniers textes d’Hélie Denoix de Saint-Marc était pour nous »


Loïc René-Vilbert, bibliothécaire de Dinan, se souvient de l’éloge aux morts d’Indochine rédigé en 2009 par Hélie Denoix de Saint-Marc, mort lundi matin.

« Hélie Denoix de Saint-Marc est décédé lundi. Emprisonné par la Guestapo, résistant, déporté, il a combattu en Indochine, puis en Algérie, où il a fait partie des putschistes en avril 1961. Il a ensuite été emprisonné pendant cinq ans. Il a reçu la Légion d’honneur. Ce qu’on sait moins, c’est que l’un des derniers textes qu’il a écrit a été pour Dinan. En 2009, je lui ai téléphoné pour lui demander d’écrire l’éloge aux morts pour la France des campagnes d’Indochine, pour la cérémonie du 8 juin. Sa santé lui empêchait de venir jusqu’à Dinan pour le lire mais il a envoyé sa femme à sa place, qui a lu ce texte magnifique, devant le monument Indochine de Dinan.

Il disait notamment : « […] Le devoir de mémoire n’est pas qu’une simple formule oratoire, il est une profonde et charnelle réalité. […] Nos jours sont comptés. De tout ce que nous laisserons, rien ne nous sera rendu. Mais dans la suite des temps et la succession des hommes, il n’y a pas d’actes isolés. Il faut toujours croire à la force du passé, au poids des morts, au sang versé et à la mémoire des hommes. […] Nous le savons, demain recule d’heure en heure, mais demain courra également, sans trêve, d’âge en âge ! »

_________________________________________________________________________________


27 août 2013 - www Boulevard Voltaire
"L’honneur d’Hélie de Saint Marc"
Par Jean Sévilla

2449009

Nous le savions lentement aspiré par l’âge et la maladie, mais comme les vieux chênes, tant et qu’il vivait et durait, il était là. Et puis est venu ce matin d’été où Hélie de Saint Marc est parti, nous sommes nombreux, si nombreux, à être tristes. Et pourtant il n’aurait pas aimé notre tristesse, lui qui avait appris à surmonter les épreuves, toutes les épreuves que la vie lui avait infligées.

Quelle image retenir de lui, tant elles se bousculent dans la mémoire ? Enfance bordelaise et périgourdine, milieu de hobereaux désargentés. Sur une cheminée de la demeure familiale trône un buste de Marie-Antoinette. Le père, avocat, lit Charles Maurras mais veille, en 1942, à saluer dans les rues de Bordeaux les passants qui portent l’étoile jaune. Déjà un héritage de fidélité et d’esprit rebelle. Le jeune Hélie est membre d’un réseau de Résistance. En 1943, cherchant à rejoindre les forces combattantes d’Afrique du Nord, il est dénoncé, arrêté. Prison, Compiègne, Buchenwald, puis le camp satellite de Langenstein… Saint Marc en réchappe grâce à un communiste letton qui l’a pris sous sa protection. Quand il est libéré par les Américains, il pèse 42 kilos et ne se rappelle plus son nom.

Ayant frôlé la mort, il n’a plus peur. À 23 ans, il est élève à Saint-Cyr. Avec la Légion, ce sont ensuite deux séjours en Indochine, et cette scène qui le hantera jusqu’à la fin de ses jours : sur ordre du commandement, au cours d’une opération de repli à la frontière de Chine, il devra abandonner des villageois qui avaient fait confiance à l’armée française.

Ce sera ensuite la guerre en Algérie, sous la direction du général Massu, puis le putsch de 1961 dans lequel, commandant par intérim du 1er REP, il entraîne son régiment. Lors de son procès, le soldat perdu expliquera n’avoir pas voulu revivre ce qu’il avait subi en Indochine : trahir la parole donnée.

Condamné à dix ans de réclusion criminelle, gracié en 1966, il entame une carrière civile et mène enfin une vie de famille. Deux décennies d’activité professionnelle où il ressemble – en apparence – à un cadre tel que l’industrie française en emploie des milliers, mais où il mûrit en réalité une réflexion qui s’exprimera, à partir des années 1990, dans ses livres et ses conférences. Témoin et acteur d’événements tragiques, Hélie de Saint Marc devient alors un personnage public, qui raconte et commente ce qu’il a vu. Mais il ne le fait pas comme un ancien combattant ; soit dit avec le respect qu’on doit aux anciens combattants…

Ancien déporté, ancien officier ayant servi dans des guerres perdues, ancien prisonnier, ancien proscrit, Hélie de Saint Marc, quand il se racontait, ne ressassait pas ses malheurs. Au contraire, sans renier ses engagements, il sublimait sa propre histoire, parvenant à une sagesse lucide sur la destinée humaine. Ceux qui avaient l’honneur d’être reçus par lui, à Lyon ou à l’ombre de ses oliviers, dans la Drôme, le constataient : le présent et l’avenir le passionnaient plus encore que le passé.

La foi, la fidélité, l’honneur, le patriotisme, le courage, le don de soi, le service, telles étaient les valeurs qu’il prêchait, avec son profond regard et sa voix sûre, mais calme. « Il faut croire à la grandeur de l’aventure humaine », écrivait-il dans sa Lettre à un jeune de vingt ans. Adieu donc, cher Hélie de Saint Marc, à la douce pitié de Dieu. Vous aussi, à votre manière, vous étiez un Veilleur.


________________________________________________________________________



27 août 2013 - Valeurs Actuelles
"Hélie de Saint Marc, sentinelle de légende"


Hommage. 1922-2013 “Le paradoxe de mon existence aura été d’être souvent attiré aux avant-postes de l’Histoire, d’en côtoyer les passions et les brûlures, tout en demeurant, sur le plan intérieur, en proie au questionnement…” Photo © AFP



« J’approche du mystère et je me sens plus démuni qu’un enfant. » Hélie de Saint Marc avait laissé, il y a trois ans, un testament spirituel sous le titrel’Aventure et l’Espérance. « À mon âge, écrivait-il, c’est peut-être la seule grâce qui reste, cette flamme fragile, si bouleversante, que je veux confier à mes lecteurs. » C’est parce qu’il a voulu la transmettre intacte, au-delà de la génération de ses frères d’armes, à celle de leurs enfants et petits-enfants, que cette flamme ne s’est pas éteinte le matin du lundi 26 août.

« Repiquer chaque matin le riz de nos souvenirs, écrivait-il encore, pour que d’autres en extraient quelques grammes d’humanité, pour les repiquer ailleurs. » Il était la sentinelle, le veilleur d’une très longue Histoire, le témoin dont parle Pascal quand il dit : « Je ne crois qu’aux témoins qui se font égorger. » « Les témoins, rappelait Saint Marc, sont le sel d’un pays. De près, ils brûlent la peau car personne n’a envie de les entendre. »

La première fois qu’il se fit entendre par d’autres hommes que ses soldats, ce fut le 5 juin 1961 devant le président et les huit juges du Haut Tribunal militaire réunis au palais de justice de Paris. Il portait son uniforme de sortie, son béret vert de légionnaire parachutiste et ses décorations (treize citations) sur la poitrine. « Depuis mon âge d’homme, monsieur le président, j’ai vécu pas mal d’épreuves, dit-il, la Résistance, la Gestapo, Buchenwald, trois séjours en Indochine, la guerre d’Algérie, Suez et puis encore la guerre d’Algérie. »

Il s’exprime ce jour-là comme détenu sous le mandat d’arrêt délivré le 6 mai 1961 par le juge Henry Théret à Denoix de Saint Marc, Marie Joseph Élie (avec une faute d’orthographe), né le 11 février 1922, commandant le 1er régiment étranger de parachutistes (Rep), cantonné à Zéralda (Algérie), sous l’inculpation d’“occupation d’édifices publics, port d’arme d’un mouvement insurrectionnel, intelligence avec les dirigeants d’un mouvement insurrectionnel”. Il s’en explique devant ses juges : « Monsieur le président, on peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier. On ne peut lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de mentir, de se renier, de se parjurer… »

C’est pour cette raison-là, pour ne pas renier les engagements qu’il avait pris sur l’honneur en Algérie au nom de l’armée française, pour ses hommes, pour ses harkis, que six semaines plus tôt, le 21 avril 1961, il avait rallié un général entré en révolte, Challe, qu’il admirait comme il avait admiré de Lattre en Indochine. Il avait entraîné son régiment dans un putsch militaire et son destin avait basculé. Il est condamné, lui l’officier français, résistant, déporté, légionnaire, à dix ans de détention criminelle. Incarcéré à la Santé, à Clairvaux, à Tulle, il sera gracié par de Gaulle et libéré le jour de Noël 1966.

Le soldat jusqu’alors plongé dans l’action passe brutalement de l’aventure la plus intense à l’enfermement total. « Ce fut un temps de réflexion après une vie d’une incroyable richesse et le commandement d’hommes étranges et rudes. La prison peut pourrir. Elle m’a permis de beaucoup travailler. » Il avait près de lui aussi bien Péguy — « Mère, voici vos fils qui se sont tant battus » — qu’Aragon, Conrad, Kipling, ou même Duras — Un barrage contre le Pacifique, « le livre de l’enthousiasme et de l’utopie », dira-t-il. Ce temps de réflexion est aussi un temps de travail sur lui-même.

Mais à sa sortie de prison, le destin extraordinaire de ce soldat n’intéresse personne ou presque. Après tout, écrira Laurent Beccaria, son petit-neveu (il est le fils d’une Saint Marc), « il partageait avec les autres réprouvés une mémoire blessée et orpheline ; il avait connu la prison, la dégradation et la privation des droits civiques ». À 60 ans, « il était encore en quête de sa vérité et mettait une intensité rare à la recherche du passé ».

Ce passé, Beccaria, né deux ans après le putsch d’avril 1961, le fait surgir dans une biographie publiée en 1988. Apparaît soudain devant le grand public comme une figure de Commandeur ce personnage de légende, combattant de la Résistance à 19 ans, arrêté par la Gestapo à 21, déporté au camp de Buchenwald, puis transféré par un froid glacial dans un tunnel pire encore, Langenstein, et finalement libéré de cet enfer quotidien le 9 avril 1945 alors qu’il vient d’avoir 23 ans… Il s’est nourri de Malraux — « l’espoir ne commence qu’au-delà du courage et du malheur » — ou de Montherlant — « je reste pour juger quels bonheurs valaient que je périsse ».

Que faire après une telle épreuve ? L’armée ? Défaite en 1940. Alors les services spéciaux ? Il se laisse finalement convaincre : ce sera quand même Saint-Cyr, pour être officier. À la sortie, il choisit la Légion. « J’ai été attiré par elle comme par un aimant. Sa mythologie faisait partie du roman national. Mais je me suis surtout dirigé vers le seul univers dans lequel je pourrais refaire ma vie en entier, dans lequel je pourrais reprendre goût au bonheur. »

La Légion l’emmène au Maroc, en Indochine, à Suez, en Algérie enfin : auprès du général Massu, qui conduit la bataille d’Alger, d’abord comme chef de cabinet, puis comme chargé des relations avec la presse. Cette bataille d’Alger est gagnée, même si c’est dans la douleur. Sur un coup de tête, Saint Marc demande un congé sans solde et s’en va. Mais c’est pour revenir, en avril 1960, après la révolte des Barricades, reprendre un poste à l’état-major de la 10e division parachutiste et retrouver son 1er Rep dans le djebel, en Petite-Kabylie. Jusqu’à ce vendredi 21 avril 1961, où il reçoit un message du général Challe, qui l’appelle à Alger.

Après une heure d’entretien, Saint Marc rentre à son PC de Zéralda, convoque les sept commandants de compagnie de son régiment : « Ce que nous allons faire est très grave, leur dit-il. Nous y risquons notre peau. Si jamais ça tourne mal, c’est moi qui prendrai la responsabilité de cette aventure. »

Elle tourne mal, en effet, au bout de quatre jours. Comment avait-il pu se laisser engager dans une telle affaire, aussi contraire à l’obéissance et à la discipline, aussi risquée à l’époque qu’elle paraît incroyable aujourd’hui ? C’est cela qu’il tente de faire comprendre à un tribunal militaire qui se refuse à comprendre. « Monsieur le président, dit-il, j’ai sacrifié vingt années de ma vie à la France. Depuis quinze ans, je me bats. Depuis quinze ans, j’ai vu mourir pour la France des légionnaires, étrangers peut-être par le sang reçu, mais français par le sang versé. C’est en pensant à mes camarades, à mes légionnaires tombés au champ d’honneur que j’ai fait, devant le général Challe, mon libre choix. »

________________________________________________________________________


27 août 2013 - Le Monde 
"Hélie Denoix de Saint Marc, un soldat d'un autre temps"

Par Philippe-Jean Catinchi

Helie Denoix de Saint-Marc en novembre 2011 à Lyon.
Helie Denoix de Saint-Marc en novembre 2011 à Lyon. | AFP/JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Soldat d'un autre temps, baroudeur accompli et aristocrate policé, Hélie Denoix de Saint Marc est mort le 26 août à La Garde-Adhémar (Drôme) à l'âge de 91 ans. Ce militaire aura connu les honneurs dus à son combat de résistant comme à sa carrière d'officier, avant que son implication dans le putsch d'Alger en avril 1961 ne caricature son engagement.
Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

Né à Bordeaux le 11 février 1922, Hélie de Saint Marc est issu d'une lignée de notables périgourdins, noblesse de robe catholique attachée au droit et à la terre. Fils d'un héros de la Grande Guerre, cadet d'une fratrie de sept enfants, le jeune Hélie, au sortir de ses études au collège jésuite bordelais Saint-Joseph-de-Tivoli, hésite entre les voeux monastiques et l'armée. C'est la seconde option qui l'emporte. Hanté par les martyrs chouans, les pionniers de l'aventure coloniale et la geste naissante de l'Aéropostale, il fait sienne la devise de Guynemer : "Faire face". La débâcle de 1940 le stupéfie. Aussi rejoint-il tout naturellement, dès mars 1941, la Résistance et le réseau Jade-Amicol, comme agent de liaison. Arrêté en juillet 1943, il est déporté à Buchenwald, puis à Langenstein. Survivant par miracle, il gît inconscient dans une baraque-mouroir quand les Américains libèrent le camp en avril 1945.

Rétabli, il entre à l'école militaire de Saint-Cyr. Muré dans le silence comme nombre de rescapés des camps, il est ébloui par la vie mais se sent débiteur de ceux qui ne sont pas revenus. Aussi décide-t-il de rechercher la fraternité qui lui a fait surmonter les épreuves. Il choisit d'entrer, en décembre 1947, dans la Légion étrangère, dont il ne cessera jamais de célébrer la grandeur.

A la tête de son unité, il plonge bientôt dans le brasier indochinois avec le 3e régiment étranger d'infanterie. Apprenant la langue des autochtones et interrogeant les prisonniers vietminhs pour percer leurs motivations comme leurs méthodes. Un lien fort se tisse avec le pays ("une sorte de pic de l'existence") et l'ordre d'évacuer le poste, dix-huit mois plus tard, laissant démunis les paysans qui avaient aidé les Français, bouleverse l'officier. Il se conforme pourtant aux ordres, allant jusqu'à frapper à coups de crosse les mains qui s'agrippent aux véhicules militaires. Ce que Saint Marc appelle sa "blessure jaune" ne guérira jamais. L'officier n'oubliera pas que la France avait promis amitié et protection à un peuple qu'elle a abandonné cependant. Sans doute est-ce là l'une des clés de son ralliement dix ans plus tard aux putschistes d'Alger.

Car, après l'épisode indochinois, Saint Marc sert en Algérie. Recruté par le général Challe, il débarque à Oran fin 1954. Engagé dans les Aurès, il est bientôt au service du général Massu, au plus fort de la tourmente. Sa ligne d'obéissance et son respect de l'autorité le conduisent à participer à la bataille d'Alger ("sûrement la plus amère des épreuves", confessera-t-il). C'est ainsi qu'avec le 1er régiment étranger de parachutistes qu'il commande par intérim, il participe au putsch des généraux en avril 1961. L'affaire tourne court et Saint Marc, refusant le passage à la clandestinité qui l'aurait sans doute conduit à l'OAS, se constitue prisonnier.

Au procès qui lui est intenté, le 5 juin 1961, il assume – plaidant la défense des harkis, menacés du sort des Indochinois huit ans plus tôt. Le haut tribunal militaire le condamne à dix ans de réclusion criminelle. Incarcéré à Tulle, il est libéré fin 1965, gracié (1966), puis amnistié (1968). Réhabilité dans ses droits civils et militaires (1978), il s'efface néanmoins de la vie publique, jusqu'à ce que son petit-neveu, Laurent Beccaria, ne l'interroge pour un mémoire à Sciences Po. Suivront une biographie (Hélie de Saint Marc, Perrin 1989), puis des Mémoires (Les Champs de braises, Perrin, 1995, couronné par le Femina essai). D'autres livres suivront (Les Sentinelles du soir, Les Arènes, 1999 ; Indochine, notre guerre orpheline, les arènes, 2000), dont un saisissant dialogue avec l'Allemand August von Kageneck, mené par Etienne de Montéty : Notre histoire 1922-1945 (les arènes, 2002).

Ferveur blessée, dignité intacte, Saint Marc est fait grand-croix de la Légion d'honneur en novembre 2011. Interrogé au terme d'une émission "Apostrophes", en mai 1989, Hélie de Saint Marc résume ainsi sa vie : "Je n'ai pas de ressentiment. J'ai mené une vie passionnante. J'ai été aux avant-postes de l'Histoire. Je crois que j'ai été fidèle à moi-même et à mes convictions, et c'est peut-être cela l'honneur de vivre."

________________________________________________________________________




26 août 2013 - Lyon people
"Adieu Hélie Denoix de Saint Marc. Monument d'honneur"
Par Nadine Fageol

Helie de Saint Marc
Hélie de Sain-Marc, une des nos plus belles rencontres – Photos © Jean-Luc Mège

Résistant à 19 ans, déporté, lieutenant blessé en Indochine, « soldat perdu » en Algérie… la vie d’Hélie était fascinante au-delà du roman. L’ancien officier est décédé lundi 26 août 2013 vers 8h30 dans sa résidence drômoise de la Garde-Adhémar. Il avait 91 ans. Retour sur le parcours d’un homme d’exception, que nous avions rencontré chez lui au printemps 2010.

On l’attend dans un appartement cossu du 6ème arrondissement ponctué d’objets d’une vie, épées, photos, livres, nombreux sur l’armée, l’Asie, des toiles des ancêtres en perruques et puis Monique, dame de compagnie aussi menue que prévenante. C’est à Blandine Peillon, ancienne communicante aujourd’hui à la tête de Jours de Printemps , une société de services à la personne et créatrice de l’association « Xvân, les enfants de l’avenir » que l’on doit cette rencontre avec un Monsieur hors norme, Hélie Denoix de Saint Marc. Il arrive enfin, replié dans un fauteuil roulant. Les mains fines et froissées, le cheveu blanc en bataille et des yeux intensément bleus, presque hypnotiques. À 87 ans, la maladie gagne, la vieillesse ronge et la parole a du mal à se frayer un chemin, mais Hélie force, pousse les mots dans la gorge caillouteuse. Intéressé, il s’enquiert sur le support Lyon People , son mode de financement… La vivacité d’esprit reste furieusement intacte.

L’histoire d’Hélie démarre avec le siècle quand Madeleine Buhan, opulente famille bordelaise anoblie par Louis XVI, épouse en 1900 Joseph Denoix de Saint Marc issu d’une vieille famille du Périgord Vert catholique, légitimiste et juriste par tradition. Forte nature, l’avocat salue de son chapeau en ville tout porteur d’étoile jaune et sera élu bâtonnier de l’Ordre des avocats de Bordeaux à deux reprises. Dernier de sept enfants, Hélie est élevé dans la rigueur et l’austérité. La devise du père, « travail, travail, et travail » ; Hélie qui ne goûte peu les études pimente son univers de longues lectures : « Charrette, Cadoudal, Corday et tous les grands sabreurs de la Révolution et de l’Empire… » Il découvre l’aventure coloniale auprès de Gallieni, Lyautey, le père de Foucauld et puis Kessel, Mermoz… London, Conrad, Kipling, Stevenson nourrissent une soif infinie d’aventures. «  Je m’intéressais plus aux hommes qu’aux événements. J’aimais les destins fulgurants et tumultueux. Soit inconsciemment, le culte du héros. Mais pourquoi pas ? » explique-t-il dans la biographie signé de l’historien Laurent Beccaria.

La guerre arrive, la route de Bordeaux au Périgord entaillée par la ligne de démarcation, seuls ses parents obtiennent un laissez-passer. L’adolescent connaît la région sur le bout des doigts, s’affranchissant de tout, il emprunte à vélo les sentiers déserts et, surveillant le passage des patrouilles, franchit la ligne. Régulièrement. Il transporte paquets ou aide un ami à passer sans oublier de rajouter une once de frayeur. Début 1941, une convocation du recteur de son collège de Tivoli le fait basculer dans l’armée des ombres. Le supérieur prévenu de ses escapades illicites lui demande de rendre service à un ami, le colonel Arnould, un des fondateurs de la Résistance dans le Sud-ouest via le réseau Jade-Amicol. Agent de liaison, Hélie disparaît des jours entiers. Côté études, rien de folichon, il échoue à la prépa de Saint-Cyr. La France occupée, les études déconnectées de la réalité, l’avenir paralysé, sur un coup de tête Hélie décide de partir pour l’Espagne avec des copains de collège. Toute la bande est arrêtée, vendue aux Allemands par le passeur. Accusé de vouloir échapper au STO, Hélie l’agent de liaison inconnu de la Gestapo, est expédié à Buchenwald. L’horreur n’a pas de nom, il en découvre les variantes pendant deux ans. Sauvé par deux fois, un docteur vend son bien pour lui procurer des médicaments et un détenu qui travaille à sa place et vole de quoi le nourrir.

C’est un quasi mourant qui entend sonner le tocsin de la Libération. Passé les retrouvailles en Périgord, il retente Saint-Cyr. S’impliquer, défendre la patrie, sa vie a désormais un sens même s’il mesure la complexité de l’âme humaine. Au camp, il a fréquenté toutes les nationalités, c’est donc naturellement qu’au moment de choisir son corps d’armes, il opte pour la légendaire Légion étrangère. Rivées sur la reconstruction du pays, les autorités françaises négligent l’empire colonial en déroute. En trois séjours en Indochine, Hélie mesure la valse hésitation des politiques qui va d’ordre en contre-ordres. Sur le terrain, cela se traduit pour Hélie et ses hommes en renoncements terribles ; l’abandon aux représailles Vietminh de villages entiers armés par les Français. Les images restent tenaces comme celle de ces gens qui tentent de rallier son bateau, le jour du départ vers… l’Algérie où se noue un autre drame.

Cette guerre pudiquement nommée « événement ». Hélie qui va aimer l’Algérie autant qu’il a adoré l’Asie est pris au piège des tergiversations politiques : on demande aux militaires de défendre une « Algérie Française », thèse soutenue par Hélie dans un idéal généreux, des droits identiques pour tous, Pieds Noirs, Harkis comme musulmans. À force de contradictions gaullistes, la rumeur puis la révolte monte au sein de la Grande Muette. Homme de discipline, droit dans ses bottes, Hélie franchit le Rubicond en avril 1961 au côté du général Challe. À la tête du 1er REP, régiment d’élite, il prend Alger !!! Le putsch dure le temps que Challe voit ses soutiens s’évaporer comme peau de chagrin, la cause ne pèse plus grand chose face aux individualismes menacés, quand bien même la communauté française attend le souffle court sur la grand’ place d’Alger. Hélie aura la politesse de ramener son régiment à la caserne. Procès, prison, destitué de ses droits civils et militaires, il lutte dans l’univers carcéral d’une prison de Clairvaux pour ne pas sombrer dans la dépression. Manette, sa jeune femme rencontrée à Alger, gère au mieux.

Libéré le 25 décembre 1966, « le soldat perdu » doit cette fois apprendre à vivre avec une France qu’il ne connaît pas… Quelques amis se mobilisent, Hélie qui a repris les études en prison trouve une place de chef du personnel dans une entreprise lyonnaise. Le temps passe, une vie se reconstruit, Hélie a une quatrième fille, un appartement près du parc de la Tête d’Or, une maison en Drôme pour renouer avec la nature et des amis, des nouveaux et quelques fidèles parmi les anciens, ceux de sa trempe. Son père décède lors de son séjour en prison, un membre de la famille obtient une autorisation de sortie agrémentée d’une déclaration sur l’honneur qu’Hélie refuse de signer. Il n’assistera pas aux obsèques de son père. «  Je ne pouvais pas signer cette déclaration car je savais que j’aurais tenté de faire la belle  ».

Mélange d’audace et de retenue, Hélie de Saint Marc a finalement vécu le nazisme, l’émergence du Tiers Monde, la montée des jeunes nationalismes, la poussée du communisme en Asie, le réveil du fondamentalisme religieux, les grands changements du siècle… Il a surtout rêvé d’une décolonisation qui ne soit pas une déchirure. En vain.


La messe de funérailles sera célébrée vendredi 30 août 2013 à 15h en la primatiale Saint Jean (Lyon)


_________________________________________________________________________

26 août 2013 - la Saint-Cyrienne
"Hélie DENOIX de SAINT MARC, un homme d'honneur"
Général de corps d'armée (2s) Dominique DELORT





________________________________________________________________________




26 août 2013 - www Nouvelles de France
"Le champ de braises s’est éteint pour Hélie de Saint-Marc"

Le champ de braise s’est éteint pour Hélie de Saint-MarcLe champ de braises s’est éteint pour Hélie de Saint-MarcHélie Denoix de Saint-Marc s’est éteint à l’âge de 91 ans à La Garde-Adhémar, dans la Drôme. Il était l’un des derniers survivants du réseau de résistance Jade-Amicol et le dernier survivant du putsch des généraux en avril 1961. Entre résistance, déportation, combat en Indochine et en Algérie, engagement en faveur de l’Algérie française, il aura été de tous les combats patriotiques du siècle dernier.

Né en février 1922 à Bordeaux d’un père avocat strict et anti-républicain et d’une mère issue d’une famille de notables, il est le dernier d’une famille de sept et passe son enfance dans le Périgord dont le souvenir le marquera. Son enfance est également marquée par l’empreinte du christianisme qui lui inspire la culpabilité mais aussi la beauté de l’engagement. Première influence, premier moteur d’héroisme. S’y ajoutent des figures tutélaires, des figures historiques (Jeanne d’Arc, les croisés, Charette), les aventuriers contemporains (Mermoz, Guynemer), les écrivains (Saint-Exupéry, Bernanos, Psichari). Très jeune, il ressent l’appel de l’aventure et de la fraternité des armes. Il se tient également au courant des grands bouleversements politiques des années 1930.

La défaite de juin 1940 le surprend comme beaucoup et le heurte profondément. Premier choc, première désillusion, pas la dernière. Premier engagement également lorsque, en février 1941, à 19 ans à peine, par l’intermédiaire d’un professeur jésuite, il est présenté au responsable du réseau de résistance Jade-Amicol, le colonel Arnould. Affecté à des missions de transport de documents secrets, il connaît ses premières peurs. Arrêté suite à une dénonciation en juillet 1943 alors qu’il tentait de franchir la frontière espagnole, il est déporté à Buchenwald à 21 ans, l’âge de la majorité à l’époque. Il y connait une nouvelle épreuve faite de souffrances, physiques et psychologiques, de bouleversement des valeurs, d’effroi, mais aussi de courage et de générosité. Il y rencontre des hommes qu’il n’aurait jamais connu autrement, notamment un Letton qui le sauve d’une mort certaine en partageant avec lui sa nourriture. Lorsque les Américains le récupèrent en avril 1945, il ne pèse plus que quarante-deux kilos et ne se souvient plus de son propre nom durant plusieurs jours.

Revenu de l’enfer en France, il garde les traces de cette épreuve et voit la libération d’un goût amer avec les difficultés et les bassesses de l’après-guerre. Cherchant à se reconstruire, il s’engage pour une formation à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr, puis s’engage finalement à la légion étrangère. C’est ainsi qu’il embarque pour l’Indochine en 1947 pour sa nouvelle aventure. Au sein de la 3e REI, il commande des sections de partisans Thos, très hostiles aux communistes dont il apprend à connaître les mœurs et les mentalités. Il mène de durs combats sur la RC4, à Talung, à Cao Bang. Il doit alors affronter l’épreuve de l’abandon des populations de partisans qui les avaient soutenus lorsqu’il doit évacuer le poste de Talung. Deuxième traumatisme, très profond, qui influera beaucoup sur ses engagements ultérieurs, et qu’il appellera sa « blessure jaune ». En 1951, il effectue son deuxième séjour en Indo, cette fois au sein de 2e BEP (Bataillon étranger de parachutistes) en tant que commandant du 2e CIPLE (Compagnie indochinoise parachutiste de la Légion étrangère). De nouvelles épreuves avec, à nouveau, la perte de camarades de combat : le chef de bataillon Raffali, chef de corps du 2e BEP au Tonkin, l’adjudant Bonnin à Hoah Binh ou encore le général de Lattre de Tassigny décédé des suites d’une intervention chirurgicale, tous à quelques mois d’intervalles.

Puis, ce fut l’Algérie, l’ultime aventure et occasion d’autres blessures et déceptions. De nouveaux combats, la guérilla du désert, dans les Aurès et l’Est constantinois comme capitaine, puis à Alger même, de nouvelles rencontres avec les généraux Challes et Massu, Jacques Morin, Roger Faulque. Il découvre ainsi le petit peuple pied-noir pour lequel il se prend d’affection ainsi que les harkis. C’est en grande partie pour eux que, en avril 1961, il participe à la tête du 1er REP (Régiment étranger de parachutiste) à la tentative de putsch sur Alger. C’est un échec, un de plus après l’Indochine et le dernier combat qu’il mènera en uniforme. Se constituant prisonnier, il passe devant le Haut tribunal militaire le 5 juin 1961 où il expose sa défense, calmement et humblement, l’impératif moral qui l’a poussé à ne pas abandonner ses compagnons d’arme comme il avait dû le faire en Indochine. Condamné à dix ans de réclusion criminelle, il passera cinq ans à Tulle avant d’être gracié par le président Charles de Gaulle, celui-là même dont il avait combattu la politique. Il devra cependant attendre 1978 pour recouvrer l’ensemble de ses droits civiques. Ultime épreuve et ultime humiliation pour celui qui n’aura cessé de mettre sa peau et son âme au bout de ses idées.


La suite fut moins exaltante, mais non moins honorable. Se lançant dans une carrière civile dans l’industrie, il fut directeur du personnel dans une entreprise de métallurgie jusqu’en 1988. Il est alors largement inconnu du grand public mais sera redécouvert par une nouvelle génération de Français, qui n’a connu ni la guerre ni la privation, lorsqu’en 1989, Laurent Beccaria entreprend la rédaction de sa biographie qui sera achevée en 1995 : Les champs de braise-Mémoires. Devenu un personnage public à près de soixante-dix ans, Hélie de Saint-Marc témoignera de son expérience à travers plusieurs conférences aux États-Unis, en Allemagne et en France. En 2001, Le livre blanc de l’armée française en Algérie, qui a pour objectif de rétablir une part de vérité sur le conflit et l’attitude des soldats français en pleine polémique, s’ouvre sur une interview d’Hélie de Saint-Marc. En 2002, avec August Von Kageneck, ancien combattant allemand sur le front de l’Est, il publie Notre histoire, 1922-1945, un récit d’entretien avec le journaliste Étienne de Montety. Finalement, à l’âge de 89 ans, il obtient enfin la reconnaissance de la nation en recevant en novembre 2011, des mains du président Nicolas Sarkozy, la Grand-croix de la légion d’honneur, cinquante ans après sa condamnation par le tribunal militaire. C’est donc l’un des derniers héros historiques de la France qui disparaît, emportant avec la mémoire de cette période si troublée et laissant en héritage le plus précieux des biens : le sens de l’engagement et du dépassement de soi, qui demeure encore largement d’actualité de nos jours.

_________________________________________________________________________________


26 août 2013 - Libération 
"Décès du résistant Hélie Denoix de Saint Marc"

Helie Denoix de Saint-Marc, lors d'une interview, chez lui, en novembre 2011.
Helie Denoix de Saint-Marc, lors d'une interview, chez lui, en novembre 2011.
Déporté à Buchenwald et «soldat perdu» condamné à dix ans de réclusion criminelle après le putsch manqué d’Alger, Hélie Denoix de Saint Marc, décédé lundi à l’âge de 91 ans, symbolisait les déchirements de la France de la Résistance à la guerre d’Algérie. «Je n’ai pas réussi dans la vie. Je ne suis pas un grand chanteur ou un grand industriel. Mais je crois avoir réussi ma vie», confiait-il en novembre 2011 à la veille de son élévation à la dignité de grand’croix de la Légion d’honneur, la plus haute distinction de la République.

Cassé par les rhumatismes, il se déplaçait avec difficulté mais ses yeux clairs gardaient toujours une lueur amusée.

Né le 11 février 1922 dans une grande famille bordelaise maurassienne, il s’engage dès l’âge de 19 ans dans le réseau Jade-Amicol, réseau de résistance du Sud-Ouest, chargé du passage des aviateurs anglais abattus vers l’Espagne.

Trahi, il est arrêté le 13 juillet 1943 à Perpignan. Déporté à Buchenwald puis à Langenstein, il est libéré d’extrême justesse, inconscient et squelettique dans le baraquement des mourants, parmi les 30 survivants d’un convoi de 1 000 déportés.

A son retour en France, il choisit la Légion étrangère à sa sortie de Saint-Cyr et part en juin 1948 pour l’Indochine, «la première des guerres orphelines» où il découvre la guerre, «horreur du monde rassemblée dans un paroxysme de crasse, de sang, de larmes.» Dès lors, il sera un très brillant officier, accumulant les citations. Treize au total, dont sept pour l’Indochine, sans compter la croix de chevalier de la Légion d’honneur à 30 ans.

Le jeune officier, ébloui par la beauté du pays, est affecté au poste de Talung, à la frontière de la Chine. Il reçoit au bout de 18  mois l’ordre d’évacuer, abandonnant villageois et partisans aux représailles du Vietminh, une «honte» qui ne cessera de le hanter.

«Je ne regrette rien»

Après l’amère campagne de Suez, en 1956, il débarque à Alger où il se charge des relations avec la presse. Comme une partie de l’armée, il s’inquiète du revirement du général de Gaulle en 1959, qui prône l’autodétermination, après cinq ans de guerre pour maintenir l’Algérie française. «J’étais légaliste, et nous avions bien conscience que le statut colonial avait fait son temps. Mais une partie des musulmans se battait à nos côtés et je me souvenais du Vietnam, où nous avions abandonné une population à qui nous avions promis la protection», racontait-il en 2011.

Commandant par intérim du 1er Régiment étranger de parachutistes (REP), il cède aux arguments du général Challe. Il se dit «certain qu’il ne s’agit ni d’un coup d’Etat fasciste ni d’une action à tendance raciste». Il participe à la prise d’Alger à la tête de son unité, fer de lance du putsch qui échoue. Le 1er REP est dissous et les légionnaires quittent leur camp de Zeralda en chantant «Je ne regrette rien.»

L’officier de 39 ans, marié et père de deux petites filles, comparait en juin 1961 devant le Haut tribunal militaire en grand uniforme, décorations pendantes, coiffé de son béret vert de légionnaire. Le 5 juin, après un délibéré d’une heure, Hélie Denoix de Saint Marc est condamné à dix ans de réclusion et radié de l’ordre de la Légion d’honneur. «C’était ma deuxième détention. Sans trop savoir pourquoi, j’ai pensé à un sandwich. J’étais un homme entre deux couches de prison», raconte-t-il dans «L’aventure et l’espérance». Gracié en décembre 1966, il sort de la prison de Tulle sans maison ni métier, dans un pays qu’il reconnaît à peine.

Il saisit alors la main tendue par un ancien déporté, à Lyon et entre dans une imprimerie. Réhabilité en 1978, il sort de son silence en 1995 dans ses mémoires «Les champs de la braise», écrits par Laurent Beccaria, prix Femina de l’essai. Suivront une dizaine d’ouvrages, dont «Notre histoire, 1922-1945», en collaboration avec un écrivain et ancien officier allemand, August von Kageneck.


________________________________________________________________________




26/08/2013 - www Vétéran Jobs Center
"Hélie de Saint Marc rejoint le Panthéon du soldat...!"


Hélie Denoix de Saint Marc est mort à 91 ans à la Garde-Adhémar, dans la Drôme, a annoncé, lundi 26 août, sa famille. Quoi que l’on puisse penser du choix fait par cet homme au moment de l’affaire algérienne, c’est un grand soldat qui vient de disparaître. Engagé dans la Résistance en 1941 au sein du réseau Jade-Arnicol dès l’âge de 19 ans, il est arrêté deux ans plus tard à Perpignan, suite à une trahison.

Déporté en Allemagne, Hélie de Saint Marc survit à l’inhumanité des camps de concentration nazis. « Le Dieu de nos pères était absent de la planète Buchenwald. Les justes mouraient comme des chiens, malgré une générosité et une noblesse dans l’épreuve sans limite. (…) C’était un monde totalitaire, un système déserté par toute transcendance. Le mal n’était pas un scandale, mais la règle commune. Dans ma chute, j’ai éprouvé la validité de quelques attitudes éthiques élémentaires : refuser la lâcheté, la délation, l’avilissement. J’ai compris qu’un homme réduit à sa plus simple expression pouvait l’emporter sur les puissances du mal tout simplement en résistant » écrira-t-il plus tard, dans ses mémoires (« Mémoire : Les champs de braises« ).

Revenu du camp de concentration de Langenstein dans un état de santé très précaire – il est l’un des 30 survivants d’un convoi de 1.000 déportés – Hélie de Saint Marc profite d’une disposition offerte aux anciens résistants pour intégrer l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr. A l’issue de sa scolarité, il choisit la Légion étrangère.

Envoyé en Indochine, il est affecté à un poste situé près de Talung, à la frontière chinoise, où il forme des partisans. Mais 8 mois plus tard, il reçoit l’ordre d’évacuer le village, le laissant ainsi aux représailles du Vietminh. Il ressentira cet abandon comme une honte, qui expliquera d’ailleurs ses choix futurs.

Car c’est en Algérie que la vie du commandant de Saint-Marc va basculer. Précisément le 21 avril 1961, où, à la tête du 1er Régiment Etranger Parachutiste (REP), il prend part au putsch des généraux Challe, Zeller, Jouhaud et Salan à Alger.

« Pendant que le général Challe me parlait, je revoyais un poste de bambou en haute région, le jour de 1948 où j’avais accepté de former des partisans à Talung. J’ai senti de nouveau le souffle de la honte. Je ne pouvais pas refuser d’entrer dans la révolte. Un homme qui trahit sa parole sans pouvoir faire autrement est un vaincu. Un homme qui trahit d’autres hommes en toute conscience est un criminel. J’ai préféré le crime de l’illégalité au crime de l’inhumanité » expliquera-t-il dans ses mémoires. Et son choix de rejoindre les putschistes a donc été motivé par son refus d’abandonner les Algériens restés fidèles à la France, quitte même jusqu’à se battre sous son drapeau

Seulement, le putsch est un échec. Le 1er REP est alors dissous. Et le commandant de Saint Marc est condamné à 10 ans de réclusion. Alors qu’il est en détention à Tulle, où il côtoie d’ailleurs le commandant Pierre Guillaume, qui inspirera plus tard, à Pierre Schoendoerffer, le personnage du "Le Crabe-Tambour" , il est gracié par le général de Gaulle en décembre 1966.

Mis sur le pavé, il refuse les offres de mercenariat et entame une carrière dans l’industrie, grâce à l’aide d’un ancien déporté. Ce n’est qu’en 1978 que le commandant de Saint Marc sera réhabilité par le président Giscard d’Estaing.

"Je crois qu’on ne peut pas comprendre – je ne dis pas justifier – la rébellion d’officiers légalistes, comme moi, si on ne se remet pas en mémoire les périodes noires de notre histoire : la défaite de la France en 1940, l’humiliation de l’Occupation, la déchirure de l’Epuration, la défaite en Indochine. Quand le général Challe, qui avait commandé toutes les troupes françaises en Algérie et les avait menées à la victoire, m’a convoqué ce 21 avril, j’ai tout de suite deviné le poids terrible qui pesait sur ses épaules. Il m’a demandé si j’étais prêt à le suivre, avec le 1er REP que je commandais par intérim. Je lui ai posé quelques questions. Il y a eu un long silence durant lequel j’ai revu les mains de mes partisans en Indochine. Des mains qui se crispaient sur les ridelles d’un camion et sur lesquelles les crosses s’abattaient pour leur faire lâcher prise. Des mains que j’avais abandonnées. En un éclair, ma décision était prise. La rébellion a duré quatre jours. La victoire éclair du premier matin a été suivie de tractations et de négociations laborieuses. Les dernières heures à Alger furent tragiques. Je me forçais à tenir mes troupes pour contrôler la tension. Nous nous sommes finalement repliés vers Zeralda. Challe a décidé de se rendre pour répondre de ses actes. Je l’ai suivi. Ce qui m’a mené à l’arrestation et à la prison."

"J’ai eu le privilège – ou subi l’épreuve – de vivre des événements tragiques, ponctués par les drames qu’a vécus la France : l’écrasement de l’armée en 1940 qui a bouleversé ma vie et l’a orientée d’une manière décisive ; mon entrée dans la Résistance, mon arrestation par la Gestapo ; mon séjour en Indochine, puis en Algérie ; l’affaire de Suez ; le putsch, le jugement, la prison, la reconversion… Tous ces événements continuent de m’habiter. Je n’ai rien oublié."

Pour conclure sur ce grand soldat, une phrase trouvée dans ses mémoires : « L’honneur est un acte de pauvre. Il suppose le dépouillement. Il impose de tout mettre en péril pour ne pas déchoir : garder le silence sous la torture, choisir l’exil, le dénuement ou la prison plutôt que la soumission, risquer sa vie pour plus grand que soi. La taoïsme dit : Pratique l’honneur et ne te retourne jamais. Je ne me suis jamais retourné sur le putsch.

veniat pax requiescat in cubili suo qui ambulavit in directione su...
("Il entrera dans la paix, Il reposera sur sa couche, Celui qui aura suivi le droit chemin". Isaiah 57.2)

Décorations :

Grand'croix de la Légion d'honneur, en date du 28 novembre 2011
Croix de guerre 1939-1945 avec 1 citation
Croix de guerre des TOE avec 8 citations
Croix de la valeur militaire avec 4 citations
Médaille de la résistance
Croix du combattant volontaire de la Résistance
Croix du combattant
Médaille coloniale avec agrafe « Extrême-Orient »
Médaille commémorative de la guerre 1939-1945
Médaille de la déportation et de l'internement pour faits de Résistance
Médaille commémorative de la campagne d'Indochine
Médaille commémorative des opérations au Moyen-Orient (1956)
Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre en Afrique du Nord (1958) avec agrafes « Algérie » et « Tunisie »
Insigne des blessés militaires (2)

Officier dans l'ordre du mérite civil thaïlandais Sip Hoc Chau


________________________________________________________________________



26 août 2013 - www Zone Militaire

"Le commandant Hélie Denoix de Saint Marc est mort"


C’est un grand soldat qui vient de nous quitter : le commandant Hélie Denoix de Saint Marc s’est éteint, ce 26 août, à La Garde-Adhémar dans la Drôme, à l’âge de 91 ans.

Résistant, déporté, officier parachutiste de la Légion étrangère, il fut l’un des acteurs du putsch des généraux, à Alger, le 21 avril 1961, alors qu’il était à la tête du 1er Régiment Etranger de Parachutistes (REP).

Né le 11 février 1922 à Bordeaux, Hélie de Saint Marc entre en résistance à l’âge de 19 ans en intégrant le réseau Jade-Amicol, dont l’activité consiste à obtenir des renseignements pour le compte de l’Intelligence Service britannique dans le sud ouest de la France.

Sa vie bascule une première fois le 14 juillet 1943 : dénoncé, Hélie de Saint Marc est arrêté puis envoyé au camp de Langenstein-Zwiebrege, dépendant de celui de Buchenwald et où le taux de mortalité dépasse les 90%. Grâce à l’appui d’un mineur letton, le jeune homme sera l’un des 30 survivants d’un convoi qui comptait plus de 1.000 déportés.

Grâce à une mesure exceptionnelle prise à la fin de la Seconde Guerre Mondiale qui permettait aux anciens résistants d’être admis à l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr, Hélie de Saint Marc devient officier et choisit de servir au sein de la Légion étrangère. Ce qui l’emmenera à se battre en Indochine. Là, il sera marqué par la terrible expérience d’abandonner à leur sort des villageois ayant soutenu les Français. C’est ce qui expliquera sa décision de participer au putsch des généraux d’Alger.

“Nous nous souvenions de quinze années de sacrifices inutiles, de quinze années d’abus de confiance et de reniement. Nous nous souvenions de l’évacuation de la Haute-Région, des villageois accrochés à nos camions, qui, à bout de forces, tombaient en pleurant dans la poussière de la route. Nous nous souvenions de Diên Biên Phû, de l’entrée du Vietminh à Hanoï. Nous nous souvenions de la stupeur et du mépris de nos camarades de combat vietnamiens en apprenant notre départ du Tonkin. Nous nous souvenions des villages abandonnés par nous et dont les habitants avaient été massacrés. Nous nous souvenions des milliers de Tonkinois se jetant à la mer pour rejoindre les bateaux français. Nous pensions à toutes ces promesses solennelles faites sur cette terre d’Afrique. Nous pensions à tous ces hommes, à toutes ces femmes, à tous ces jeunes qui avaient choisi la France à cause de nous et qui, à cause de nous, risquaient chaque jour, à chaque instant, une mort affreuse. Nous pensions à ces inscriptions qui recouvrent les murs de tous ces villages et mechtas d’Algérie : ‘L’Armée nous protégera, l’armée restera’. Nous pensions à notre honneur perdu”, plaide-t-il devant le haut tribunal militaire, le 5 juin 1961.

Pour avoir “préféré le crime de l’illégalité au crime de l’inhumanité”, comme il l’a écrit dans ses mémoires, il est condamné à une peine de 10 ans de réclusion criminelle. Après 5 ans de détention à la prison de Tulle, il est finalement gracié le jour de Noël 1966. Bien que sollicité pour faire le mercenaire, le commandant de Saint-Marc entame une nouvelle carrière dans l’industrie, grâce au soutien d’un ancien déporté. Il sera réhabilité par Valéry Giscard d’Estaing en 1978 puis se verra élevé à la dignité de Grand’Croix de la Légion d’Honneur par le président Sarkozy, 23 ans plus tard.

Le commandant de Saint Marc a évoqué  ses expériences et ses souvenirs dans une série d’ouvrages, dont l’un – Les champs de braises. Mémoires – obtiendra le prix Femina de l’essai en 1996 et dans lequel il avait écrit ceci, en guise de conclusion :


“Un jour, je ne me réveillerai plus. J’ai pris l’habitude de voir la mort, cette étrange camarade, s’approcher, hésiter longuement puis, à l’instant de saisir sa proie, s’éloigner sans raison. Le jour où elle n’hésitera pas, la surprise sera peut-être d’autant plus grande. (…) Ces bonheurs et ces souffrances, ces paysages, ces hommes et ces femmes effacés de la matière par leurs bourreaux mais pas de ma mémoire, disparaîtront-ils avec mon cerveau lorsqu’il sera sans onde, et mon coeur sans battement et membres inertes? La réincarnation est l’un des grands mystères du bouddhisme. Ce livre, à sa manière, est peu de la même eau. Si un seul adolescent pouvait se méfier des slogans qui proclament que le bien de l’humanité exige la destruction de la moitié de ses semblables, j’aurais atteint mon but.”


________________________________________________________________________



26 août 2013 - www Le Figaro 
"Mort d'Hélie de Saint Marc, homme de refus et de réconciliation"
Par Etienne De Montety

Résistant, déporté, combattant, «putschiste», détenu et finalement réhabilité… Hélie de Saint Marc, officier au grand cœur, a vécu plusieurs vies, passant de la condition de soldat perdu au statut de héros. Rue des Archives/Louis Monier.
L'ancien officier s'est éteint ce matin à l'âge de 91 ans à La Garde-Adhémar, dans la Drôme. Il était devenu plus qu'un écrivain à succès, une référence morale et historique.


Résistant, déporté, combattant, «putschiste», détenu et finalement réhabilité… Hélie de Saint Marc, officier au grand cœur, a vécu plusieurs vies, passant de la condition de soldat perdu au statut de héros. Rue des Archives/Louis Monier.
Résistant, déporté, combattant, "putchiste", détenu et finalement réhabilité... Hélie de saint marc officier au grand coeur,
a vécu plusieurs vies, passant de la condition de "soldat perdu" au statut de héros. Rue des archives- Louic Monier

Hélie de Saint Marc, qui vient de mourir, connut un destin exceptionnel. Ne serait-ce que parce qu'au cours de sa longue vie il fut successivement l'homme de l'humiliation, de l'engagement, de la proscription avant d'être finalement réhabilité.

Humiliation: au printemps 1940, un adolescent assiste à Bordeaux à l'arrivée de l'armée française en déroute. Peu après, il entre dans la Résistance, décide de gagner l'Espagne, avant d'être arrêté dans les Pyrénées et déporté en Allemagne, au redoutable camp de travail de Langenstein.

Engagement: en 1945, un rescapé mal à l'aise dans la France de la Libération délaisse le statut que peut lui conférer son passé incontestable de résistant déporté, pour endosser la défroque mal taillée d'officier de la Légion étrangère. Avec l'armée française, il plonge dans une guerre incertaine en Indochine.

Proscription: en avril 1961, le commandant en second du 1er REP choisit la sédition pour protester contre la politique algérienne du général de Gaulle. Après l'échec du putsch, il connaît la prison.

Réhabilitation: longtemps, Hélie de Saint Marc reste silencieux, muré dans ses souffrances, acceptant son manteau de paria. Jusqu'à ce que l'amitié quasi paternelle qu'il porte à son neveu, l'éditeur Laurent Beccaria, le pousse à accepter de témoigner.


video
En 1989, Hélie Denoix de Saint Marc témoigne dans 
l'émission Apostrophes en 1989, après la sortie de sa biographie.

L'ancien officier, sorti de prison en 1966, qui vit paisiblement à Lyon, en pratiquant avec bonheur l'art d'être grand-père, devient en quelques livres l'icône d'un pays en mal de références.


Un mélange de tradition et de liberté

Hélie Denoix de Saint Marc incarnait la grandeur et la servitude de la vie militaire. De tout, il tirait des leçons de vie. Il relatait des faits d'armes oubliés, décrivait des héros inconnus. Il avait fait du Letton qui lui avait sauvé la vie à Langenstein, de son frère d'armes l'adjudant Bonnin mort en Indochine, du lieutenant Yves Schoen, son beau-frère, de Jacques Morin, son camarade de la Légion, des seigneurs et des héros à l'égal d'un Lyautey, d'un Bournazel, d'un Brazza. Au fil de souvenirs élégamment ciselés, il dessinait une autre histoire de France, plus humaine, plus compréhensible que celle des manuels scolaires.

Écouter ou lire Saint Marc, c'était voir passer, par la grâce de sa voix étonnamment expressive et de sa plume sensible et claire, une existence riche et intense.

Né en 1922, Hélie Denoix de Saint Marc était un fruit de la société bordelaise de l'avant-guerre, et de l'éducation jésuite. Il avait été élevé dans un mélange de tradition et de liberté (n'est-ce pas le directeur de son collège qui l'avait poussé à entrer dans le réseau Jade-Amicol?). De sa vie dans les camps, de son expérience de l'inhumanité, de ses séjours en Indochine, puis en Algérie, il faisait le récit sobre et émouvant, jusqu'aux larmes. Et de son geste de rébellion, il parlait toujours avec retenue, mezza voce, comme s'il était encore hanté par les conséquences de celui-ci.

Ses milliers de lecteurs, ses admirateurs, tous ceux qui se pressaient à ses conférences, aimaient en lui ceci: par son histoire se retrouvaient et se réconciliaient plusieurs France: celle de la Résistance, celle de la démocratie chrétienne et celle de l'Algérie française. Aux diverses phases de son existence, Saint Marc avait su donner une unité, en martelant: «Il n'y a pas d'actes isolés. Tout se tient.» C'était un être profond qui cherchait davantage à comprendre qu'à condamner. D'une conversation avec lui, on tirait toujours quelque chose sur soi-même, sur ses passions, ses tentations ou ses errements.


Cortège d'horreur, d'héroïsme et de dilemmes

La grande leçon qu'administrait Saint Marc, c'était que le destin d'un homme - et plus largement celui d'un pays - ne se limite pas à une joute entre un Bien et un Mal, un vainqueur et un vaincu. Il avait comme personne connu et subi la guerre, avec son cortège d'horreur, d'héroïsme et de dilemmes: en Indochine, que faire des partisans auxquels l'armée française avait promis assistance, maintenant qu'elle pliait bagage? En Algérie, que dire à ses hommes en opération, alors que le gouvernement avait choisi de négocier avec le FLN ?

Son parcours chaotique, abîmé, toujours en quête de sens, n'avait en rien altéré sa personnalité complexe et attachante qui faisait de lui un homme de bonne compagnie et lui valait des fidélités en provenance des horizons les plus divers.


Hélie Denoix de Saint Marc, en novembre 2011.
Hélie Denoix de Saint Marc, en novembre 2011. Jean Philippe Ksiazek - AFP

L'une d'elles, parmi les plus inattendues (et, au fond, des plus bouleversantes), s'était nouée il y a une dizaine d'années avec l'écrivain et journaliste allemand August von Kageneck. Cet ancien officier de la Wehrmacht avait demandé à s'entretenir avec son homologue français. Leur conversation, parsemée d'aveux et de miséricorde, devint un livre, Notre histoire (2002). Kageneck était mort peu de temps après, comme si avoir reçu le salut (et pour ainsi dire l'absolution) d'un fraternel adversaire l'avait apaisé pour l'éternité. Sa photo en uniforme de lieutenant de panzers était dans le bureau de Saint Marc, à côté de celle de sa mère, qu'il vénérait.


Rien d'un ancien combattant

D'autres admirations pouvaient s'exprimer dans le secret. Ce fut le cas dès son procès, où le commandant de Saint Marc suscita la curiosité des observateurs en se démarquant du profil convenu du «réprouvé». Des intellectuels comme Jean Daniel, Jean d'Ormesson, Régine Deforges, Gilles Perrault, un écrivain comme François Nourissier lui témoignèrent leur estime. Se souvient-on que ses Mémoires, Les Champs de braises, furent couronnés en 1996 par le Femina essai, prix décerné par un jury de romancières a priori peu sensibles au charme noir des traîneurs de sabre ?

En novembre 2011, Hélie de Saint Marc fut fait grand-croix de la Légion d'honneur par le président de la République. Dans la cour des Invalides, par une matinée glaciale, le vieil homme recru d'épreuves et cerné par la maladie reçut cette récompense debout, des mains de Nicolas Sarkozy. Justice lui était faite. Commentant cette cérémonie, il disait d'une voix où perçait une modestie un brin persifleuse: «La Légion d'honneur, on me l'a donnée, on me l'a reprise, on me l'a rendue…»


Le 28 novembre 2011, Nicolas Sarkozy remet la grand-croix de la Légion d'honneur à Hélie Denoix de Saint Marc.
Le 28 novembre 2011, Nicolas Sarkozy remet la grand-croix de la Légion d'honneur à Hélie Denoix de Saint Marc. - Christophe Ena - AFP

À ces hommages s'ajoutèrent au fil des ans les nombreux signes de bienveillance de l'institution militaire (notamment grâce à une nouvelle génération d'officiers libérée des cas de conscience qui entravaient leurs aînés), qui furent comme un baume au cœur de cet homme qui prenait tout avec une apparente distance, dissimulant sa sensibilité derrière l'humour et la politesse.

Histoire authentique ou apocryphe, il se raconte qu'un jour l'ex-commandant de Saint Marc avait été accosté par une admiratrice qui lui avait glissé: «Je suis fière d'habiter la France, ce pays qui permet à un ancien putschiste de présider le Conseil d'État.» La bonne dame confondait Hélie avec son neveu Renaud (aujourd'hui membre du Conseil constitutionnel). Cette anecdote recèle quelque vérité. La France contemporaine l'avait pleinement adopté, ayant compris que cet homme lui ressemblait, avec ses engagements heureux ou tragiques, ses zones d'ombre, ses chagrins et ses silences.

Hélie de Saint Marc n'avait rien d'un «ancien combattant». S'il avait insolemment placardé à la porte de son bureau le mandat d'arrêt délivré contre lui en mai 1961, il parlait de ceux qui avaient été ses adversaires avec mansuétude. Quand un article lui était consacré dans Le Figaro, il ne manquait jamais de demander à son auteur, avec ironie: «Avez-vous eu une réaction des gaullistes ?» Son épouse, Manette, et leurs quatre filles s'attachaient à lui faire mener une vie tournée vers l'avenir. Il n'était pas du genre à raconter ses guerres, s'enquérant plutôt de la vie de ses amis, les pressant de questions sur le monde moderne, ses problèmes, ses défis. Ce vieux soldat bardé d'expériences comme d'autres le sont de diplômes n'avait jamais renoncé à scruter son époque pour la rendre un tant soit peu plus intelligible.


Énigme insondable

L'existence humaine restait pour lui une énigme insondable. À Buchenwald, Saint Marc avait laissé la foi de son enfance. L'éclatement de tout ce qui avait été le socle de son éducation l'avait laissé groggy. Une vie de plus de quatre-vingt-dix ans n'avait pas suffi pour reconstituer entièrement un capital de joie et d'espérance. C'était un être profondément inquiet, qui confessait que sa foi se résumait à une minute de certitude pour cinquante-neuf de doute. Le mal, la souffrance, le handicap d'un enfant, ces mystères douloureux le laissaient sans voix.

Attendant la fin, il confiait récemment avec un détachement de vieux sage: «La semaine dernière, la mort est encore passée tout près de moi. Je l'ai tout de suite reconnue: nous nous sommes si souvent rencontrés.»
________________________________________________________________________


4 / DOCUMENTS VIDÉOS ET AUDIOS

Hommage au Commandant

"La Voix de la Russie" -  JT du 2 septembre 2013

Le Lien ci-dessous

Voix de la Russie - Hommage au Commandant Hélie de Saint Marc

________________________________________________________________________

Hommage au Commandant
video
Mouss Patria - Le 26 août 2013 nous avons perdu un grand monsieur, 
commandant du 1 REP. Legio Patria Nostra. Honneur et fidélité.

________________________________________________________________________


Reportage France 3 Rhône-Alpes
30 AOÛT 2013 - Obsèques à Lyon

Vidéo en fin d'article - Le lien ici :
Les Honneurs militaires pour Hélie Denoix de Saint Marc

_________________________________________________________________________________

Marche funèbre
video
30 AOÛT 2013 - Obsèques à Lyon
________________________________________________________________________

Chant de marche Légion
video
30 AOÛT 2013 - Obsèques à Lyon
________________________________________________________________________


Homélie du cardinal Barbarin
30 AOÛT 2013 - Obsèques à Lyon

Le lien ici :
HDSM - 2013-08-30 - Homélie du cardinal Barbarin
_______________________________________________________________________


Reportage local T.L.M.

video
30 AOÛT 2013 - Obsèques à Lyon

2 commentaires :

  1. " LE PASSE ÉCLAIRE LE PRÉSENT , QUI LUI MÊME TIENT DANS SES MAINS LES CLÉS DE L'AVENIR........."
    Nous ne vivons pas dans le passé..........
    Mais nous n'oublions pas.............
    JAMAIS.................
    C'est notre devoir............
    Perpétuer leur mémoire ....
    Pour qu'à leur tour nos enfants et petits enfants n'oublient jamais et deviennent à leur tour des témoins.......


    « ... Le devoir de mémoire incombe à chacun...rendre inoubliable. Ceux qui sont morts pour que nous vivions ont des droits inaliénables. Laisser la mémoire se transformer en histoire est insuffisant. Le devoir de mémoire permet de devenir un témoin... »

    CDt (er) LIONEL GENDRON

    RépondreSupprimer
  2. J'ai rencontré pour la première fois le Commandant Hélie De noix de Saint-Marc au cours d'une "SAINT-MICHEL" à Calvi au 2ème REP. Il est difficile de décrire ce que j'ai ressenti la première fois où ce Grand Soldat m'a serré la main. C'était pour un moi un mélange de fierté et d'honneur. Jamais je n'aurai cru le rencontrer un jour, alors que je l'admirai depuis mon adolescence.
    Gloire à lui, qu'il repose désormais dans cette paix "large et libératrice où ma pensée en deuil ira le visiter".
    Pseudo: AUTORITE21

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont les bienvenus, à condition qu'ils ne soient pas diffamatoires et injurieux. Merci de respecter cette règle.