mardi 14 janvier 2014

Finalement, avec Robespierre c'était mieux !

Publié initialement sur Facebook le 14 janvier 2014


Combien de journaux pamphlétaires, de feuilles de chou contestataires et autres chansons sur feuilles volantes répandaient autrefois leurs sarcasmes et critiques, réveillant les consciences parfois avec humour et acidité... C'était l'époque où le débat était ouvert et libre, le temps où le "J'accuse" de Zola, au moment de l'affaire Dreyfus, menaçait l'ordre moral et le gouvernement, 
"Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître" mais où les personnes sur des sujets graves ou légers, pouvaient se donnaient "des coups de journal" comme on disait en Guyane....

Aujourd'hui la presse est en faillite, accusant des chutes de ventes historiques. Le discours facile consiste à accuser la concurrence des médias télévisuelles et surtout celles du net. Certes l'écrit dans son ensemble recule devant la culture de l'image, mais surtout si internet est de plus en plus fort c'est parce que les médians classiques sont de plus en plus faibles, enchaînés par une dépendance économiques au pouvoir politique qui en retour les utilise comme outils de propagande... 

Aujourd'hui les "canards" ( qu'on devrait plutôt appeler "perroquets" ) soignent leurs publics fanatiques ou désabusés, publiant les informations que ces derniers veulent avaler avec une boulimie narcissique masturbatoire. La presse écrite et les médias télévisuels sont devenus les chiens de garde d'un ministère de la propagande orwellien chargé de lobotomiser ses esclaves, et les rares journalistes qui dérogent encore à la dictature de la pensée unique, comme Frédéric Taddéi (qui ose inviter des penseurs libres et anticonformiste comme Alain de Benoist), sont cachés dans les zones désertées de la programmation.

La liberté de la presse quant à elle, s'est réfugiée aujourd'hui dans la jungle virtuelle du Net, une sorte de "Recours aux forêts" jüngérien, qui échappe à tout contrôle, toute censure mais aussi à toute règle déontologique de respect ou d’honnêteté intellectuelle et qui offre la possibilité d'un flicage extraordinaire. 
Il nous faut donc avancer avec prudence, vérifiant chaque information en sortant de ses ricochets infinis sur la toile... Parfois on se perd dans un fouillis, près de ravines épineuses, ou au bord de gouffres obscurs aux odeurs nauséabondes...
Ce monde virtuel de la communication, dont Facebook est un vecteur principal d'information peut se révéler une toile d'araignée plus qu'un réseau de liberté, et exige souvent une maturité, une culture et une éthique préalables à son exploration.
Et surtout c'est un monde froid, anonyme jusqu'à être déshumanisé.

Mais je suis persuadé, comme pour une page Facebook personnelle, que le net peut-être contrôlé par chacun, et que les réseaux de réinformation peuvent y adopter une éthique et une déontologie honnêtes et professionnelles. En fait, beaucoup de systèmes sont morts par ce qui les avaient porté à leur naissance : les fascismes de la guerre, le communisme des révolutions... et le capitalisme est en train de vaciller par l'argent, etc... Le mondialisme peut, à mon avis, être noyé dans ses propres outils de communication créés par la mondialisation, et ainsi, Internet devenir son Frankenstein, car nous sommes plus nombreux que les banquiers et notre puissance est dans nos coeurs pas dans nos portefeuilles...

Cependant, je rêve surtout que revienne à nouveau le temps des papiers, feuilles de chou, canards ou gazettes, aux articles libertaires ou sulfureux, caustiques ou élogieux, abandonnés au coin d'un comptoir ou reliés dans la bibliothèque... Ils étaient des feuilles de liberté tombées des arbres multiples de la pensée, jaunies, tachées, froissées; mais chaudes et signées par des vrais journalistes responsables, aux talents variés mais qui dansaient avec la littérature; et pas les "troupes d'occupation mentale", qui aujourd'hui, nous hypnotisent...

L'Etat limite de façon totalitaire la liberté de la presse (tout en se réclamant pourtant l'héritier de la Révolution française libertaire) il veut contrôler la presse, censurer les débats d'idées, cacher les informations dérangeantes, il exerce sur le peuple, comme l'a décrit Jean Yves Le Gallou une "tyrannie médiatique" qui prend le relais du conditionnement moralisateur de l'éducation nationale. C'est le règne de la pensée unique, héritière laïcisée de l'intolérance religieuse et dogmatique monothéiste... 

Mais les dictatures n'ont jamais réussi à contrôler les esprits et ce règne de la médiocrité ne pourra pas plus éteindre notre rage de Savoir et notre amour de la Liberté... Alors en attendant que revienne la Liberté de la presse si bellement défendue par Robespierre le 11 mars 1791, il nous faut vivre dans l'ombre de la forêt profonde et virtuelle et aiguiser nos couteaux...

Erwan Castel Cayenne le 14 janvier 2014



Article relayé sur le site de l'association culturelle Zenit le 24 janvier 2014 le lien ici : La pensée unique et la faillite de la presse



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