mardi 28 janvier 2014

La haine des "nuques roides"

Le génocide des païens en Europe ou 
la "tolérance de la religion de l'amour"



Un ami me demandait un jour "pourquoi tant de haine envers les monothéismes", mais je lui réponds que je ne me sens absolument pas concerné par sa remarque, car je n'éprouve aujourd'hui, ni haine ni passion pour la religion dans laquelle j'ai été élevé... juste une "apostasie" de coeur et d'esprit (du grec ancien ἀπόστασις (apostasis), « se tenir loin de »)

Car ma réflexion ayant été libérée par mes lectures, mes rencontres, et mes voyages je suis devenu en mon âme et conscience, opposé à toute forme de contrainte dogmatique et pensée universaliste.
Or, force est de constater que le christianisme a cherché depuis 2000 ans a imposer le Dieu biblique par ces deux formes de totalitarisme de la pensée. Je suis convaincu que cette pensée monothéiste et sa vision manichéenne a ouvert la porte à la tyrannie de la pensée unique et au mondialisme, qui lentement ont germé dans les gouvernances christianisées.

De plus son prosélytisme s'est exprimé par une intolérance violente et génocidaire à l'égard des croyances natives européennes et étrangères, comportement qui ps'inscrit d'ailleurs dans la continuité des massacres perpétrés au nom du Jéhovah talmudique.  La liste des crimes commis au nom du dieu unique est longue et reste malheureusement ouverte, car  l'Islam à son tour s'est emparé du relais et cherche à imposer par la violence physique ou mentale la loi de son Allah coranique.

Hypatie


Si je devais choisir une seule figure païenne pour immortaliser l'intolérance de la religion de l'amour", ce serait sans conteste Hypatie d'Alexandrie (en grec ancien Ὑπατία / Hypatia, v. 370–415), immortalisée au cinéma par "Agora", le film d'Amenabar, mais dont même l'historien contemporain, le chrétien Socrate le Scolastique rapporte dans son Histoire ecclésiastique (vers 440) le martyr atroce  :

« Il y avait dans Alexandrie une femme nommée Hypatie, fille du Philosophe Théon, qui avait fait un si grand progrès dans les sciences qu'elle surpassait tous les Philosophes de son temps, et enseignait dans l'école de Platon et de Plotin, un nombre presque infini de personnes, qui accouraient en foule pour l'écouter. La réputation que sa capacité lui avait acquise, lui donnait la liberté de paraître souvent devant les Juges, ce qu'elle faisait toujours, sans perdre la pudeur, ni la modestie, qui lui attiraient le respect de tout le monde. Sa vertu, toute élevée qu'elle était, ne se trouva pas au dessus de l'envie. 
Mais parce qu'elle avait amitié particulière avec Oreste, elle fut accusée d'empêcher qu'il ne se réconciliât avec Cyrille. 

Quelques personnes transportées d'un zèle trop ardent, qui avaient pour chef un Lecteur nommé Pierre, l'attendirent un jour dans les rues, et l'ayant tirée de sa chaise, la menèrent à l’église nommée Césaréon, la dépouillèrent, et la tuèrent à coups de pots cassés. Après cela ils hachèrent son corps en pièces, et les brûlèrent dans un lieu appelé Cinaron. Une exécution aussi inhumaine que celle-là couvrit d'infamie non seulement Cyrille, mais toute l'Eglise d'Alexandrie, étant certain qu'il n'y a rien si éloigné de l'esprit du Christianisme que le meurtre et les combats. 
Cela arriva au mois de Mars durant le Carême, en la quatrième année du Pontificat de Cyrille, sous le dixième Consulat d'Honorius, et le sixième de Théodose. »

Maurice Rollet, qui vient de nous quitter ce 21 janvier 2014, a écrit une chanson en l'honneur d'Hypatie, interprétée ici par Christophe Lespagnon, connu sous le nom d'artiste de "Docteur Merlin"

Docteur Merlin - Hypatie
video

HYPATIE
(Paroles : Maurice Rollet. Musique : Docteur Merlin)

REFRAIN 1
Elle était sage, elle était belle
Dans son cœur les dieux réunis
Murmuraient la chanson rebelle
Garde souvenir d'Hypatie.

1
Les airs, les nombres, les présages
Elle en comprenait les secrets
Elle avait le divin langage
De tout le savoir oublié.
2
Elle enseignait sous les portiques
La tolérance et la beauté
Mais Cyrille le fanatique
Ne pouvait la laisser parler.
3
Venait le temps des certitudes,
De la parole révélée
Temps de peine et de servitude
Aux lois venues de Galilée.
4
L'évêque courbé sous son étole
La bouche pleine de serpents
Éructait son flot de paroles
Contre la maîtresse des vents.
5
Une foule en rage est infâme
Plus rien ne peut la contenir
Qu'importe la grandeur de l'âme,
A coups de pierre l'ont fait mourir !
6
Mais elle survit éternelle
Au plus profond de notre esprit
Elle est la petite étincelle
Qui embrasera notre nuit.

Refrain 2
Elle était sage, elle était belle
Et rien ne fait pour qu'on l'oublie
Je chante ta chanson rebelle
Ô sainte, Ô très pure Hypatie.


Hypatie n'est pas malheureusement la seule victime de la folie meurtrières des "nuques roides", elle rejoint la longues cohortes des amoureux de la vie qui ont été massacrés car ils savaient que le divin est de ce monde et que sa manifestation est multiple au coeur de l'Homme.


Erwan Castel, à Régina le 27 janvier 2014


En 1992, Pierre de la Crau, dans la revue "Le druidisme" inventoriait le martyrologe des païens européens sous le titre « Dieux mille ans de religion d'amour et de tolérance chrétienne ». 

Depuis Constantin,  cette liste écrite dans le sang des Européens est restée ouverte... 



MARTYROLOGE PAÏEN


Photo "UNDERGROUND UNITED"
323 : L'empereur romain Constantin, premier souverain ouvertement favorable aux chrétiens, ordonne la destruction du temple d'Aphrodite à Aphaca, au Liban, et du temple de Mambré en Palestine. Ces temples sont censés «profaner le lieu où est apparu Abraham»...

326 : destruction du temple d'Asclépios à Aigeai en Cilicie.

330 : fermeture du temple de Belenos-Apollon à Bayeux.

346 : première interdiction des cultes païens.

353, 1er août : Défaite du dernier prince païen, Magnence, face à Constance II.

353, 23 novembre : interdiction des sacrifices nocturnes.

354, 1 décembre : interdiction, sous peine de mort, des sacrifices dans l'enceinte des temples.

356, 19 décembre : interdiction des rites utilisant des statues comme support.

357 : Le dernier ex-voto est consacré dans le temple d'Apollon à Rome.

358, 19 décembre : Interdiction de tous les rites utilisant des statues comme support.

359 : dernier sacrifice aux Dioscures à Rome.

363, 26 juin : Mort de l’Empereur Julien, dernier souverain païen d'Occident qui avait tenté de restaurer le paganisme.

364, août : Valentinien signe le dernier édit de tolérance envers les païens.

365 : règne éphémère de Procope, dernier empereur païen d'Orient.

367 : Malgré les protestations du Pape, le Préfet de Rome, le païen Vettius Agorius Praetextatus, fait restaurer le portique des Douze Olympiens.

370, 12 mars : exécution du philosophe Simonidès ainsi que du philosophe et théurge Maxime d'Ephèse, ancien précepteur de l’empereur Julien.

371 : début de la christianisation officielle de la Gaule par Martin : destructions de lieux sacrés, de temples, d'arbres, de fontaines, de forêts ...

383 : influencé par l’évêque Ambroise, l’empereur Gratien abandonne le titre de Pontifex Maximus et supprime les dernières subventions versées à des prêtres païens.

384 : Première majorité «chrétienne» au Sénat de Rome. Multiplication des conversions opportunistes, dictées par l'intérêt mais aussi par la crainte.

386 : interventions armées pour détruire les temples de Palmyre et d'Apamée. Les milices chrétiennes terrorisent l’Egypte, le Liban et la Syrie.

389 : dernière consécration connue d'un mithraeum.

390 : Plaidoyer païen du Préfet de Rome Symmaque, et discours «Pro templis» du dernier grand rhéteur grec Libanios, ami fidèle de Julien.

390 : Massacre de 10 à 15000 thessaloniciens par Théodose Ier dit "le Grand"

391, 24 février : interdiction des cultes païens à Rome par Théodose.

391, 26 juin : interdiction des cultes païens en Egypte. Destructions massives, notamment celle du Sérapeion d'Alexandrie, malgré la résistance armée du philosophe Olympios. Répression des révoltes, fuite des fidèles...

392 : Mort de Tatianos, dernier Préfet du Prétoire non chrétien.

392, 15 mai : Le roi franc Arbogast, un païen, prend le pouvoir à Rome avec l'aide de plusieurs grandes familles romaines restées fidèles à leur foi païenne, les Symmachi et les Flaviani.

392, 8 novembre : interdiction par Théodose de tous les cultes païens et suppression de la liberté de pensée. Le souverain chrétien ordonne la fermeture et la destruction de tous les temples.

393 : interdiction des jeux Olympiques.

394, 5 septembre : défaite de l'armée païenne d'Arbogast qui arbore des étendards frappés au portrait d'Hercule. C’est la fin de la dernière tentative de restauration païenne. Celle-ci ayant été soutenue par l’aristocratie romaine, les grandes familles sont épurées.

398 : l’évêque Porphyre fait fermer les temples de Gaza.

399 : ordre est donné au préfet de Damas de raser les temples des campagnes avoisinantes. Vague de destructions de temples en Afrique avec la bénédiction d'Augustin. Répression des révoltes qui en sont la conséquence.

402 : destruction des derniers temples de Gaza et répression de la révolte qui en découle.

405 : saccage des temples de Phénicie par des moines chrétiens.

408 : confiscation des revenus des derniers temples.

14 novembre 408 : Edit interdisant l'accès de la haute administration romaine aux non chrétiens. En Italie, le comte Générid s'oppose à son application.

410 : dernier culte druidique attesté en Gaule armoricaine.

410, 24 août : siège de Rome par Alaric, dont les hommes sont chrétiens. Le pape refuse les prières païennes pour protéger la Ville. Après le sac, les païens sont dénoncés aux barbares par les chrétiens ...

415 : assignation des prêtres païens à résidence, confiscation des biens des collèges sacerdotaux en Afrique. 

415 Assassinat d’Hypathie, poétesse et philosophe païenne d'Alexandrie. Elle est tuée à coups de tessons, son corps est déchiqueté et ses morceaux exhibés dans les rues puis brûlés.

416, 7 décembre: les païens sont exclus de l'armée, de l'administration et de la justice.

423 : les empereurs Honorius et Théodose II promettent protection aux païens « qui se tiendront tranquilles ».

431 : concile d’Éphèse qui décide d'y fixer le lieu d'enterrement de la mère de Jésus de Nazareth. Les temples de cette ville sainte vouée à Artémis sont détruits pour faire place aux églises.


435 : édit renouvelant la peine de mort pour les païens pratiquants. Nouvel édit ordonnant la destruction des temples encore intacts.

31 janvier 438 : confirmation de la loi prévoyant la peine de mort pour les païens.

451, 4 novembre : la peine de mort prévue pour les païens pratiquants est étendue aux propriétaires du local où a lieu le culte.

455 : pillage de Rome par Genséric.

475 : Dans la plaine du Landry, à l'emplacement d'un ancien lieu de culte druidique, est construite la première abbaye chrétienne de Catulliacum dédiée à Saint Denis.

476 : Fin officielle de l'Empire romain d'Occident.

482-488 : dernières révoltes païennes en Asie Mineure. Le poète païen Pampréprios est décapité en 488.

485, 27 Avril : à Athènes, mort du philosophe grec Proclos, dernier grand philosophe non chrétien.

486 : chasse aux temples clandestins d'Isis en Egypte. Assassinat de Marcellinus, dernier grand général païen, vainqueur des Vandales en Sicile et en Sardaigne.

496, 21 décembre : Chlodwig, plus connu sous le nom latinisé de Clovis, roi des Francs, choisit de se faire «chrétien» pour obtenir le soutien de l'Eglise. Conversion officielle obligatoire de son armée et de l'ensemble de ses sujets.

515 : christianisation totale de la région de la Mer Morte. L'empereur Justinien rend le baptême obligatoire et renouvelle la peine de mort prévue pour les non-chrétiens.

529 : Justinien ferme l'école platonicienne d'Athènes. Fuite des philosophes en Perse et survie d'une école néoplatonicienne païenne à Harrân jusqu'au Xle siècle.

537 :  Fermeture officielle du temple d'Isis à Philae, dans le sud de l'Egypte, après une longue série de persécutions à l'encontre des païens qui s'y étaient réfugiés.

542 : Jean d'Ephèse est nommé prévôt préposé aux païens d'Asie Mineure. Il s'ensuit aussitôt une vague de persécutions anti-païennes sans précédent.

550 : christianisation totale de la Galice et de la Sardaigne.

555 : fin du culte de Baal à Balbeck, au Liban.

573 : bataille d'Armtered (dans la région de Carlisle en Grande-Bretagne), fin du dernier petit royaume païen de la région. Le druide Merlin s'enfuit en Ecosse.

580 : l'empereur Tibère déclenche une nouvelle vague de persécution des païens, surtout au Liban. Des milliers d’entre eux sont arrêtés, torturés, puis crucifiés. Parmi eux le gouverneur d'Antioche, Anatolios, surpris en train de prier Zeus. C'est la première Inquisition connue.

582 : l'empereur Maurice relance les persécutions et les tortures.

589 : Le Concile de Narbonne condamne l'usage de dédier le jeudi à Jupiter (jeudi = jour de Jovis, Jupiter)

625 : concile de Reims, qui condamne les chrétiens participant aux festins des païens.

743 : concile de Lestines, qui condamne les « superstitions vivaces ».

746 : Massacre de participants à une assemblée des princes alémaniques par le maire du palais d'Austrasie Carloman.

772 : Charlemagne commence la christianisation forcée des Saxons. Destruction de l'arbre cosmique d'Irminsul dans le temple d'Eresbourg.

782 : massacre de Werden. Quatre mille cinq cents Saxons ayant refusé d'être baptisés sont tués.

789 : loi contre le culte des arbres, des pierres et des fontaines.

794 : loi qui oblige de couper les arbres sacrés.

800 : Charlemagne ordonne la destruction des « pierres païennes ». Beaucoup de mégalithes sont alors renversés, et parfois enterrés.



850 : christianisation des derniers villages païens du Péloponnèse, dans le sud de la Grèce.

867 : Une loi capitulaire de Louis le Débonnaire est promulguée contre « Diane, les sorcières et le retour de l'idolâtrie ».

966 : christianisation forcée de la Pologne.

978 : mort de Domnal Hau Neill, le dernier roi d'Irlande à avoir eu des druides à sa cour.

989 : baptême du Prince Vladimir de Russie.

997 : christianisation de la Hongrie.

1037 : dernières révoltes païennes en Pologne.

1047 : défaite des derniers Normands païens au Val des dunes, devant le futur Guillaume le Conquérant.

1050 : fin de la christianisation de la Scandinavie.

1050: fermeture de l'école néo-platonicienne de Carrhae par les Turcs seldjoukides

1230-1283 : christianisation des tribus borusses dans les pays baltes. Conquête de la Prusse et attaque de la Lituanie païenne par les chevaliers teutoniques.

1386 : union de la Pologne et de la Lituanie, qui met ainsi fin au dernier royaume païen indépendant européen, celui des Lithuaniens. La christianisation des campagnes baltes ne se terminera qu’au début du XIXe siècle.

1409/1410 : la Samogitie, une province du nord-est de la Lituanie qui est restée majoritairement païenne, se révolte. Les Chevaliers teutoniques interviennent, mais sont battus à la bataille de Tannenberg par une coalition de Polonais et de Lituaniens.

1452 : Mort du philosophe byzantin Georges Gémiste Pléthon, considéré par certains comme le premier des «néopaïens».

1453 : Fin officielle de l'Empire romain d'Orient.

1484 : le pape Innocent VIII, par la bulle Summis desiderantes affectibus, déclare la sorcellerie une hérésie. C’est le début de la chasse aux sorcières qui aura cours jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. Elle réprimera ce qui reste dans les campagnes de rituels païens agraires.

1493 : Début de la christianisation forcée des Indiens d'Amérique. Point de départ d'un véritable ethnocide à très grande échelle, commençant notamment par la destruction des civilisations païennes d'Amérique du Sud (Incas) et d'Amérique Centrale (Aztèques).

En Europe, le Concile de Trente lance une nouvelle vague de christianisation des campagnes (preuve qu'elles n'étaient alors pas aussi chrétiennes qu'on tend trop souvent à le croire !), qui durera plus d'un siècle.


1850 : Début des missions d'évangélisation (parfois soutenues par les armées coloniales) en Afrique et en Asie.

1876 : En Russie, dernier baptême de masse de païens, effectué sous contrainte policière et militaire

1937 (14 mars) : Le Pape Pie XII proclame : «Notre Dieu [...] n'admet ni ne peut admettre à côté de Lui aucun autre dieu» (Encyclique «Mit brennender Sorge»).

1943 : Le régime collaborationniste de Vichy, notoirement catholique et conservateur, interdit la revue néo-druidique bretonne «KAD»

Années 1930 et 1940 : En Allemagne, le régime hitlérien, dont certains hauts dignitaires sont chrétiens, persécute et interdit de nombreuses associations et publications néopaïennes.

1963 : Au Vietnam du Sud, la répression anti bouddhiste, ordonnée par le Président catholique Diêm conduit le bonze  Thich Quang Duc a s'immoler par le feu le 11 juin 1963 . 

1975 : Après la prise de Saigon par les communistes, « 22 bonzes, nonnes et laïcs bouddhistes faisaient de même pour en appeler à la liberté religieuse au Vietnam »

1988 : Ouverture d'écoles coraniques dans les derniers villages païens Kalash au Pakistan.

1999, octobre, le synode des évêques de France jugea encore opportun de dénoncer le " paganisme " de la société française.

1989 : Agitation de diverses sectes chrétiennes américaines contre l'existence d'associations néopaïennes.

2011 : Entre 330 et 800 Dozos sont massacrés en  Côte d'Ivoire



EN GUISE DE CONCLUSION...

Un article paru initialement sur le blog "Le chemin sous les buis" le 9 octobre 2013, le lien :  ICI

La haine des "nuques roides

Extrait de "Les confidences d’un Loup-Garou" de Robert Dun:

« La haine des « nuques roides » habitait les gens d’Église et Nietzsche n’invente rien en affirmant que le christianisme s’est attaqué à tous les êtres de bonne venue. Le conflit était omniprésent. Le christianisme enseignait le pardon des injures ; mais le sentiment populaire européen faisait de la vengeance un devoir d’honneur, surtout dans la noblesse. La devise des chevaliers errants, redresseurs de torts, disait : « Doux envers les humbles, fier envers les forts ». Une telle devise ne pouvait manquer de hérisser le clergé pour qui toute fierté était coupable. La beauté aussi était haïe. De belle et bienfaisante (bella donna) qu’elle était, la sorcière (sourcière) devient, à partir du onzième siècle, vieille, hideuse et jeteuse de sorts. La carabacen, servante du druide, devient la fée Carabosse.

Abélard châtré pour avoir prêché la beauté et la noblesse de l’amour charnel, des centaines de milliers de femmes brûlées pour crime de séduction, parce qu’un moine refoulé les accusait de les avoir ensorcelé, la fierté traquée comme le pire des vices, telle fut la sélection à rebours pratiquée du onzième au dix-neuvième siècle par l’Église. Voltaire évaluait à quinze millions le nombre de victimes de l’Inquisition du onzième siècle jusqu’à son temps et dans la seule Europe. Il est impossible d’être précis mais quand on prend la peine d’y regarder de près, le chiffre cesse de paraître invraisemblable. Et la dernière malheureuse victime de cette folie fut une fillette de quinze ans, décapitée à la hache à Braunschweig en 1854 pour commerce sexuel avec le diable.

Il nous semble juste d’ajouter que si un tel cortège d’horreurs fut possible aux gens d’Église, c’est parce qu’ils bénéficièrent de la haine des faibles et des tarés de toutes sortes envers la fierté, la liberté, la beauté et la richesse. »


Robert Dun






2 commentaires :

  1. merci de nous raconter l'histoire d'une femme que je porte tout particulièrement dans mon cœur...et qui n'est pas suffisamment
    connue , reconnue. Si seulement nous avions une once de son savoir , de son courage, nous pourrions changer tant de chose.

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  2. amusant. Je viens de répondre dans la même veine sur youtube à un gars qui me demandait de lui citer des victimes de l'intolérance de l'église.
    Et bien sur Hypathie.

    QI-SI - Quaeris et Ingeneris-Sol Invictus

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