lundi 10 février 2014

10 février, "La Russie sans Pouchkine comme c'est étrange"

Cette déclaration de Nicolas Gogol témoigne de l'importance majeure tenue par le jeune Alexandre Pouchkine, véritable pierre angulaire de la littérature russe.

Mais, alors que déjà considéré comme le plus grand écrivain russe de son vivant, Pouchkine disparaît, à Saint-Pétersbourg, le 10 février 1837 à l'âge de 38 ans, des suites d'une blessure mortelle reçue, lors d'un duel d'honneur contre le baron Georges-Charles de Heeckeren d'Anthès qui était soupçonnait d'entreprendre son épouse Natalia. 

Le monde entier reconnaît en Pouchkine une incarnation de l'âme poétique russe à l'image de Vissarion Belinski,« Pouchkine m'a inoculé l'amour. Le mot amour. » 

Fedor Dostooïesky, autre géant de la littérature dira de lui plus tard : 

"Le géant de la littérature russe Pouchkine est mort depuis quarante-trois ans, quand, en 1880, l’autre géant Dostoïevski prononce un discours élogieux (Речь о Пушкине ) sur ce « prophète » : « Pouchkine est un phénomène extraordinaire, et peut-être le phénomène unique de l’âme russe, a dit Gogol. J’ajouterai, pour ma part, que c’est un génie prophétique. Pouchkine apparaît juste à l’heure où nous semblons prendre conscience de nous-mêmes, un siècle environ après la grande réforme de Pierre, et sa venue contribue fortement à éclairer notre chemin. »

Une grande partie de cet éloge est consacrée à l’intéressante analyse d’Eugène Onéguine et à la compréhension du personnage de Tatiana : « Eugène Onéguine, un poème qui n’a plus rien de fantaisiste, mais qui est d’un réalisme évident ; un poème dans lequel la vraie vie russe est évoquée avec une telle maîtrise que rien d’aussi vivant n’a été écrit avant Pouchkine ni peut-être depuis lui. »

Les mots de la fin : « Pouchkine est mort dans tout l’épanouissement de son talent et il a emporté dans sa tombe la solution d’un grand problème. Tout ce que nous pouvons faire, c’est tenter de le résoudre. » "

"Je vous aimais" est certainement un des poèmes les plus populaires de Pouchkine, et en le lisant, on comprend pourquoi... ici sur fond d'un détail du tableau "Les Adieux de Pouchkine à la mer", d'Ilya Repine et de Ivan Aïvazovski (1877).

Erwan Castel, A Cayenne le 10 février 2014 

Я вас любил : любовь еще, быть может,
В душе моей угасла не совсем;
Но пусть она вас больше не тревожит;
Я не хочу печалить вас ничем.
Я вас любил безмолвно, безнадежно,
То робостью, то ревностью томим;
Я вас любил так искренно, так нежно,
Как дай вам бог любимой быть другим....


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