samedi 8 février 2014

8 février, la "queste" continue !

Disparition de Wolfram von Eschenbach

" Je vais renouveler pour vous une histoire qui parle de grandes fidélités... 
Certes celui que j'ai choisi comme héros n'est pas encore né lorsque commence l'histoire qui lui est consacré comme à ses aventures merveilleuses."
Livre 1 du "Parzifal" de Wolfran von Eschenbach

Wolfram von Eschenbach
Codex de Manesse (env. 1310)
Le 8 février 1220, est la date supposée de la disparition, à 50 ans du chevalier et poète Wolfram von Eschenbach, considéré comme le chef de file des " Meistersinger ", l'équivalent allemand des troubadours et trouvères, les hérauts poétiques de l'art lyrique gothique et principalement de l'amour courtois ("minnesang"), qui donneront naissance à la célèbre école de Mayence...

Ce chevalier entre dans le panthéon des plus grands poètes épiques européens, avec le "Parsifal", son oeuvre majeure composée vraisemblablement au cours de la première décennie du XIIIe siècle.
"Parzifal" est un roman de 25 000 vers  écrit en moyen haut-allemand, et inspiré du roman épique "Perceval" de Chrétien de Troyes.

Par cette oeuvre magistrale, Wolfram von Eschenbach ouvre la littérature allemande à l'épopée arthurienne qui, depuis le VI° siècle et la "matière de Bretagne", reste la pierre angulaire d'un imaginaire merveilleux européen, porté jusqu'à nos jours par les poètes, les romanciers, les musiciens, les sculpteurs, les dessinateurs...

Si Chrétien de Troyes est considéré comme l'initiateur du cycle arthurien qui cristallise les légendes celtiques autour du thème central de la quête chevaleresque fabuleuse du "saint Graal", Wolfram von Eschenbach quant à lui, poursuit l'oeuvre inachevée du poète français du XII° siècle et surtout lui donne une dimension ésotérique. "Parzifal" a inspiré notamment, dans ses multiples adaptations, les artistes de renom en général, comme Richard Wagner par exemple, avec son célèbre opéra sacré Parsifal présenté en 1882.

Ce "roman" qui offre aux légendes celtiques une survivance à la christianisation de l'Europe, propose de sublimer à travers les aventures initiatiques des chevaliers de la Table ronde recherchant le Graal, les valeurs politiques et culturelles européennes, par la mise en scène d'un idéal aristocratique fusionnant l'aventure chevaleresque, la quête spirituelle et l'amour courtois.

Si le cadre historique du cycle arthurien est l'Europe médiévale des croisades, en revanche sa dimension symbolique relève d'une Tradition primordiale et fondatrice d'une Europe multimillénaire qui survit à travers les changements politiques qui bouleversent son évolution. Cette Tradition est une colonne vertébrale de notre corps mental et physique, c'est un axe dynamique individuel et collectif autour duquel se cristallisent les valeurs et s'organise leur transmission.


Toute civilisation, si elle veut survivre à ses mutations et préserver son unité doit avoir une "fondation divine" dont les valeurs, immortalisées dans la Tradition, sont portées par une aristocratie traditionnelle. Cette aristocratie donne corps à la noblesse, non pas une caste privilégiée renfermée sur son sang dégénérescent, mais une élite ouverte et renouvelée par la démonstration d'actes héroïques exemplaires au service de la communauté. 

C'est la vraie noblesse définie "non par le sang reçu mais par le sang versé".

C'est l'héritage que nous laisse Wolfram von Eschenbach, à travers l'initiation du jeune Parzifal chevalier ignorant qui, à travers une double initiation intérieure et extérieure, va s'engager dans une quête qui le mènera jusqu'au château du Graal. La communauté de la Table ronde représente symboliquement cette élite nécessaire à toute civilisation, guerriers veilleurs et gardiens de la Tradition, qui, bien qu'imparfaits, assurent la survie de notre vieille civilisation européenne.

Cette aristocratie de pensée et de combat est ce coeur d'équilibre qui évite le chaos et maintient l'Unité.

"Parzifal", illustre donc par sa symbolique ésotérique, cette Tradition éternelle, qui nous offre une éthique, celle dont Dominique Venner nous a rappelé qu'elle a "la Nature comme socle, l'Excellence comme but, la Beauté comme horizon", et qui fait de tout Homme, un chevalier en quête permanente de pureté de pensée et perfection d'action.

Erwan Castel, à Cayenne le 8 février 2014

Photo Yvon Boelle, lors d'une fête médiévale à Campénéac


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