jeudi 13 février 2014

Des œillères pour le peuple, des baillons pour les penseurs !

Publié initialement sur Facebook le 13 février 2014


Les débats contradictoires qui, depuis l'agora antique ont magnifié la pensée occidentale, et constitué le moteur de son évolution intellectuelle, sont en train d'être dirigés vers les culs-de-basse-fosse d'une république péripatéticienne soumise aux fantasmes idéologiques universalistes d'une pensée unique, intolérante et violente.

D'abord, je tiens à préciser que je suis très loin d'être un thuriféraire de la pensée d'Alain Finkielkraut trop souvent déviée et emprisonnée dans un communautarisme sioniste revendiqué. Mais force est de constater qu'il est un acteur incontournable de la réflexion sociétale et de surcroît, capable de mordre pour défendre sa liberté de penser (liberté, par ailleurs, qu'il réfute souvent avec véhémence à ses détracteurs) 

Récemment, Alain Finkielkraut a été pris à partie par les tartuffes qui nous gouvernent et dont la malhonnêteté, portée par leur stupidité n'a pas hésité à soupçonner le philosophe juif dans la main duquel ils venaient manger hier, de défendre une pensée forcément nazie puisque contraire à "l'idéologie du même" défendue par la pensée unique actuelle. C'est l'histoire de l'arroseur arrosé !

En dehors du fait que Finkielkraut, ce parangon de l'hégémonie sioniste, subisse cocassement cette dictature de la pensée qu'il impose aux autres depuis longtemps, voilà une nouvelle preuve de la dictature politique qui se met en place dans notre pays. Le pouvoir ne peut supporter la contradiction, la divergence de vue, le débat intellectuel cherchant les bonnes questions. La pensée unique ne veut donner la paroles qu'à ses serviteurs, les philosophes du spectacle, ou ses esclaves, les perroquets médiatiques. C'est " la politique de l'entre-soi" dénoncée par Michel Maffesoli dans son dernier livre "Les nouveaux bien pensants". 

Une armée de Torquemada allume de nouveaux bûchers pour brûler les bouffons, les patriotes, les débatteurs, les dissidents, les manifestants... enfin bref tous ceux qui veulent rester attachés qu'à un seul maître : leur Liberté de penser et de s'exprimer. 

Entre des circonvolutions byzantines stériles et une dictature de la pensée... il y a à mon avis un juste milieu dont l'esprit est né dans l'agora grecque ou les conseils des sociétés celtiques, par exemple. Il nous faut retrouver rapidement cette intelligence tolérante et forte, avant le naufrage définitif de la pensée occidentale.

"Oublier le passé c'est risquer de le revivre" et nous vivons aujourd'hui un retour du totalitarisme de forme vicieuse, comme l'avait prédit Churchill :

"Les fascistes de demain s’appelleront eux-mêmes antifascistes"

Erwan Castel, Cayenne le 13 février 2014


UNE PARTIE DE LA GAUCHE A PERDU LA RAISON ET LA MÉMOIRE

Après l'émission, Des Paroles et des Actes ce jeudi 6 février, deux membres du conseil national du PS, Mehdi Ouraoui, ancien directeur de cabinet d'Harlem Désir et Naïma Charaï, présidente de l'Agence national pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (ACSE) ont saisi le CSA. Dans une lettre envoyée à son président, ils qualifient l'intervention d'Alain Finkielkraut «d'inacceptable» et «dangereuse». Ils s'inquiètent précisément de l'usage par le philosophe de l'expression «Français de souche», «directement empruntée au vocabulaire de l'extrême droite».

«Je suis totalement abasourdi. Hier soir, lors de l'émission Des paroles et des actes, j'ai dit que face à une ultra droite nationaliste qui voulait réserver la civilisation française aux Français de sang et de vieille souche, la gauche a traditionnellement défendu l'intégration et l'offrande à l'étranger de cette civilisation. La gauche en se détournant de l'intégration abandonne de fait cette offrande. Manuel Valls a expliqué que nous avions tous trois -lui-même, David Pujadas et moi - des origines étrangères et que c'était tout à l'honneur de la France. J'ai acquiescé mais j'ai ajouté qu'il «ne fallait pas oublier les Français de souche». L'idée qu'on ne puisse plus nommer ceux qui sont Français depuis très longtemps me paraît complètement délirante. L'antiracisme devenu fou nous précipite dans une situation où la seule origine qui n'aurait pas de droit de cité en France, c'est l'origine française. Mes parents sont nés en Pologne, j'ai été naturalisé en même temps qu'eux en 1950 à l'âge de un an, ce qui veut dire que je suis aussi Français que le général de Gaulle mais que je ne suis pas tout à fait Français comme lui. Aujourd'hui, on peut dire absolument n'importe quoi! Je suis stupéfait et, je dois le dire, désemparé d'être taxé de racisme au moment où j'entonne un hymne à l'intégration, et où je m'inquiète de voir la gauche choisir une autre voie, celle du refus de toute préséance de la culture française sur les cultures étrangères ou minoritaires. L'hospitalité se définit selon moi par le don de l'héritage et non par sa liquidation.» 

Alain Finkielkraut 
Figaro Vox 7 février 2014


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