lundi 24 mars 2014

1000 ans d'histoire européenne...

" L’Europe viendra à bout des patries qui la déchirent. "

OÙ IL EST QUESTION DE L'EUROPE...

video

La crise ukrainienne a au moins l'avantage de remettre dans le débat public la question cruciale de la définition de l'Europe, à l'aune de son Histoire. Car deux positions s'affrontent et subissant la définition bipolaire de l'histoire contemporaine, déchirent le vieux continent :

Soit une vision ethno-nationaliste, qui, à partir de réalités naturelles et historiques, cherche à redonner aux peuples une souveraineté nationale. Cette démarche légitime est une réaction logique à un mépris des peuples européens dont les identités ont été bafouées par les états nations du XIXème siècle et les impérialismes soviétiques ou étasuniens du XXème siècle.

Soit une vision fédérale, qui dépasse et prolonge le localisme jusqu'à une unité basée sur un socle naturel et civilisationnel. Cette vision impériale qui s'appuie sur une socle indo-européen ancien et une unité géographique continentale, propose une convergence filiale identitaire pour toutes les patries charnelles européennes.

Cette petite vidéo, nous montre une Europe vivante, agitée, déchirée par ses luttes intestines, et elle m'évoque, comme une illustration dynamique cette pensée de Pierre Drieu La Rochelle qui décrivait des "vieilles dames gâteuses qui, tardant à mourir, empêchent d’hériter une grande femme que j’aime et qui s’appelle l’Europe."

Il ressort de cette animation le sentiment étrange d'une énergie stérile divisant une Europe, qui n'ayant pas conscience d'elle-même; s'épuise, et se rend fragile et à la merci des impérialismes.

"Il faut faire les Etats-Unis d’Europe, parce que c’est la seule façon 
de défendre l’Europe contre elle-même et contre les autres groupes humains." (Drieu)

Cette fragilité est bien réelle et aujourd'hui l'Europe risque de disparaître, soit dans une nouvelle fragmentation conflictuelle, soit phagocytée par l'hégémonie étasunienne qui s'est déjà emparée de l'institution de l'Union Européenne des formats culturels dominants. 

Ici et là les peuples tentent de se réveiller, agitations culturelles, soubresauts nationalistes, revendications écologico-localistes etc... et avec la mondialisation de la communication des réseaux alternatifs se créent et tissent une toile dissidente qui tente de résister à la désintégration des identités humaines.

Mais, si "l'union fait la force", elle ne peut vaincre les hégémonies politiques culturelles ou économiques qu'à condition de correspondre à une identité civilisationnelle impériale. Je suis convaincu que tout combat patriotique, ou nationaliste ne peut être constructif que s'il s'inscrit dans une destinée commune et partagée par tous les peuples composant l'Empire, sinon l’affaiblissement se poursuivra jusqu'à l'esclavage au profit d'un empire extérieur. 

"... Que nous est une patrie si elle n’est pas promesse d’empire ?"  (Drieu)

Erwan Castel, Cayenne le 24 mars 2014

L'enlèvement d'Europe, mosaïque de Byblos, le Musée National, Beyrouth
" Je dis que les patries ne vivent plus pour nous, Européens, que comme des idées pures que nous ne pouvons plus prier que dans le ciel et non plus sur la terre. (…) Et dans cet esprit, notre tâche immédiate est de faire l’Europe. Il faut faire l’Europe parce qu’il faut respirer quand on ne veut pas mourir. (…) Entre Calais et Nice, j’étouffe : je voudrais m’allonger jusqu’à l’Oural. Mon cœur nourri de Goethe et de Dostoïevski filoute les douanes, trahit les drapeaux, se trompe de timbre-poste dans ses lettres d’amour. Je veux être grand et achever le monument européen pour la plus grande gloire du monde. Nous sommes 360 millions. "


 Pierre Drieu La Rochelle

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