samedi 15 mars 2014

La vie n'existe que dans sa danse avec la mort...

Publié initialement sur Facebook le 15 mars 2014

"Le Septième sceau" d''Ingmar Bergman 1957
video
La partie d'échecs et la confession d'Antonius Block

Notre époque est cynique, car jamais autant de guerres et de violences, réelles ou imaginées n'avaient envahi notre quotidien... Et pourtant la Camarde elle même, n'est plus invitée depuis longtemps à nos veillées solitaires... 
Les fantômes ont disparu de nos maisons froides et les danses macabres de nos sanctuaires abandonnés, disparaissent dans les toiles d'araignées. 

En 1957,  Ingmar Bergman réalisait "Le septième sceau", dont le personnage central, le chevalier Antonius Block , (qui rappelle le Chevalier de Dürer décrit par Dominique Venner), de retour des croisades défie la Mort venue le chercher dans une partie d’échecs. 

Humaniste, solitaire et païen ce chevalier hors du temps entame une quête métaphysique et nous invite à une réflexion existentielle.
Car si le scénario nous plonge dans une Europe du XIVème siècle, ravagée par la peste, la quête menée par Antonius Block, pour trouver un sens à la vie, résonne plus que jamais dans notre monde lui aussi ravagé par le matérialisme consumériste.

Dans cette quête, qui invite le chevalier à une danse macabre (allégorie médiévale très populaire que l'on retrouve dans le film), c'est la Connaissance qui est recherchée bien plus que la croyance en un Dieu ou un Diable, qui se condamnent eux-mêmes par leurs propres silences.  

Alors que la Mort, au contraire, omniprésente, amène le chevalier, en sublimant sa solitude, à s'interroger sur l'absurdité du monde autour d'un échiquier. 
Et l'Homme au coeur vide, qui gagne alors les parties d'échec retrouve à ce moment là, dans cet univers glauque, la joie de vivre et de rire... ainsi que l'espoir en l'humanité.

Car c'est elle la Mort qui finalement donne à la vie sa saveur et son sens consubstantiel... Rien n'est alors plus important à Antonius Block, qui,  abandonnant sa quête personnelle de la connaissance, veut redonner par des actes un sens à sa vie finissante. 

Le chevalier se sacrifie alors, pour justifier son existence, et faisant semblant de tricher pour perdre, il sauve un enfant, tandis que la Mort, enfin, l'emmène dans son royaume.

Erwan Castel, 15 mars 2014




Pour découvrir le film : Critique du Septième sceau


La Mort ( Bengt Ekerot) et le Chevalier (Max Von Sydow)



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