vendredi 14 mars 2014

L'hégémonie étasunienne


Autour du dossier ukrainien, les conversations et les commentaires vont bon train, et il est ahurissant de constater combien les prises de positions occidentales sont basées sur des postulats simplistes, relayés par les propagandes des diplomaties européennes, véritables marionnettes irresponsables aux ordres de Washington...
Ainsi, à en croire les aliénés au système politico-médiatique, Obama serait le blanc chevalier parangon des droits de l'Homme et protecteur de la liberté des démocraties européennes et Poutine un noir démon crypto-bolchévique voulant mettre en esclavage le monde libre.

Chaque jour, on constate que le mur, qui est physiquement tombé à l'Est, est mentalement restauré à l'Ouest de l'Europe, par un totalitarisme idéologique qui protège un mondialisme économique hégémonique. 

Pour comprendre les intentions réelles de nos gouvernants et leurs stratégies, il ne faut pas, servilement, se contenter d'avaler leurs talk-shows télévisés, coincés entre une émission de télé-réalité débile et un message publicitaire mensonger (avec lesquels d'ailleurs, ils se confondent de plus en plus). 
Non, il faut lire, les cartes géopolitiques où sont les ressources stratégiques vitales, mais aussi les essais réalisés par les grands stratèges, politiciens, économistes et théoriciens du système.


L'EXEMPLE BRZEZINSKI

Ainsi de Zbigniew Brzezinski, qui dévoile dans ses livres la stratégie imaginée par les USA après la chute du mur pour garantir leur hégémonie politico-économique. Un de ces livres écrit en 1997, s'appelle "Le grand échiquier" et son auteur n'est pas n'importe qui :

Zbigniew Brzezinski, né en 1928, est un stratège étasunien, juif d'origine polonaise, et sa russophobie historique et culturelle, est exacerbée par l'opposition Est-Ouest qui cristallise l'Europe depuis la dernière guerre mondiale. Toute sa vie, qu'il met au service de l'administration nord-américaine, il va s'attacher à affaiblir à n'importe quel prix l'influence eurasienne dans le monde.
Tout d'abord, après de brillantes études, il impose son influence en créant en 1973, avec David Rockefeller (à l'initiative du groupe Bilderberg) "La commission trilatérale", puissant Think Tank qui regroupe les 300 à 400 personnalités les plus influentes du monde politico-financier occidental, et qui affiche ouvertement une stratégie mondialiste libérale, basée sur une hégémonie étasunienne. 

Le lobbying financier international qui n'était que balises et indicateurs, s'est théorisé et peut rentrer maintenant dans la cabine de pilotage...

C'est ainsi que Brzezinski devient conseiller à la Sécurité Nationale du président Jimmy Carter de 1977 à 1981 où il se fait connaître alors, planifiant la guerre en Afghanistan contre l'URSS en recrutant notamment un certain... Ben Laden ! Sous Reagan il est membre des commissions à la Défense et à la Sécurité Nationale. Son influence incontestable (même lorsqu'il est dans l'opposition), continue après la disparition de l'URSS, car les objectifs géostratégiques étasuniens pour l'Europe restent les mêmes, et il en est l'un des meilleurs analystes et théoricien et surtout membre du groupe de pression le plus important du système. 
En 2007, il est conseiller d'Obama (qui nomme une dizaine de hauts fonctionnaires issus de la "Trilatérale") et s'attache a garantir la suprématie des USA au Moyen Orient et leur plein contrôle sur leurs alliés, et en 2008, on peut mesurer l'importance de son influence, lorsqu'il fait reculer un Netanayou hystérique qui cherche a déclencher une guerre contre l'Iran. 
Car si les objectifs restent les mêmes, les méthodes ont changé, et, pour éviter le d'endosser la responsabilité de la déstabilisation et de payer le coût de l'enlisement éventuel d'un conflit, les USA évitent l'interventionnisme direct et mènent désormais leur politique hégémonique selon la stratégie financière des sociétés écrans, qu'elles soient politiques ou idéologiques...


LA STRATÉGIE DU CHAOS

Dans l'empire de la globalisation, les gouvernements qui n'ont plus de nationaux que le nom, ces vassaux étasuniens, politiquement dirigés et tenus par une laisse économique, évitent l'intervention directe et déclenchent des révolutions, appuyés en sous main par une logistique financière, militaire et technique étasunienne. 
Peu importe si le chaos s'installe dans les territoires attaqués, car au pire un désordre est préférable à des régimes indépendants qui contrôlent l'accès à leurs ressources énergétiques. 

Pour l'Europe, c'est plus compliqué car la restauration de la souveraineté russe engagée par Poutine contrarie les ambitions de la Commission Trilatérale qui contrôle Bruxelles et dont le système financier ne doit sa survie qu'à une extension permanente de son empire. 

Le système libéral est en train de vaciller économiquement, et sans cette extension vitale, il risque rapidement l'effondrement et une subordination à l'économie expansionniste chinoise, et plus il est menacé, plus la guerre devient un risque acceptable... voire nécessaire à un redressement. Il veut entraîner le monde et l'Europe dans une fuite en avant suicidaire à plus ou moins long terme...

Sauf si les populations européennes se réveillent, et retrouvant enfin le pouvoir conféré par la démocratie prise en otage par les financiers, proposent ensemble une troisième voie, indépendante et souveraine et restaurent une Europe fédérale organisée sur les réalités naturelles et historiques de ses patries charnelles. et il y a aujourd'hui, des indicateurs de ce réveil des libertés européenne étranglées (l'Islande, la Suisse, la Norvège... pour ne citer que ces pays où des votes ont contestés récemment la politique mondialiste portée par l'UE)

En attendant pour les sceptiques, je les invite à lire ce faucon de Washington pour mieux comprendre ce qui aujourd'hui, se joue dans le monde en général et en Ukraine en particulier...

Erwan Castel, le 14 mars 2014

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