mardi 22 mars 2016

La langue, coeur de l'identité

La langue, témoin vivant de la mémoire d'un peuple qui par sa seule expression défend son identité mieux dans la bouche d'un de ses enfants que n'importe quelle armée décidée sur un champ de bataille.

Lorsque le pouvoir bascule à Kiev en février 2014, les régions russophones regardent avec inquiétude les nouveaux maîtres de l'Ukraine qui semblent non seulement se tourner résolument vers l'Europe atlantiste, mais surtout vouloir porter le projet de devenir un e "anti-Russie" exemplaire.

Prolongeant les slogans russophobes qui fusaient sur les barricades, le gouvernement Turtchinov issu des excités du Maïdan, a dans les jours qui ont suivi le renversement du Président Ianoukovitch, pris des mesures arbitraire à l'encontre de l'identité et l'héritage russes présents en Ukraine... 


L'interdiction de la langue russe comme seconde langue officielle du pays a mis le feu aux poudres qui sont sensibles dans ce pays écartelé entre le monde slave et le monde occidental  et qui porte encore visibles les stigmates passées du bandérisme et du stalinisme...

Les défenseurs du Maïdan minimisent, voire nient cette politique culturocide inadmissible, et pourtant, alors que le russe est une langue extrêmement présente dans la société ukrainienne où on estime que 60% de la population l'emploie quotidiennement, les mesures visant à son éradication sont permanentes et de plus en plus radicales depuis le coup d'état du Maïdan.
Ainsi de ce projet à Kiev, dont l'auteur est le chef de la faction parlementaire "Svoboda" Yuri Sirotyuk, qui dans une présentation hallucinée évoque le russe comme «la langue de l' occupation": 
Ce fanatique niant la réalité historique, démographique et culturelle de son pays préconise d'imposer "la langue ukrainienne comme seule langue de travail, de la tenue des dossiers, de la documentation, de l'autonomie locale des organismes, des entreprises, des institutions et des organisations de la propriété communale."

De fait les mesures concernent plus une éradication du russe que une valorisation de l'ukrainien puisque cette dernière langue bénéficie d'un monopole forcé par l'administration plus qu'une présence identitaire naturelle. Cela rappelle la politique catastrophique menée dans la France jacobine pour tenter de faire disparaître les langues régionales.

Cette défense de la langue ukrainienne démontre en réalité sa fragilité, car la vivacité d'une langue n'est pas et ne peut-être la conséquence d'une décision administrative mais une réalité humaine profonde enracinée dans la mémoire de l'identité naturelle. En revanche ce que peut faire la bureaucratie d'un état totalitaire c'est de tenter d'imposer par défaut une langue en réprimant sévèrement les autres...

Depuis le temps de la reine Boadicée, nombre de tyrannies ont tenté d'effacer la mémoire des peuples dominés mais les manuels d'histoire réécrits, les programmes culturels sélectifs  ne servent à rien si la langue persiste, car libre ou captif, soumis ou souverain un oiseau représentera la Liberté tant qu'il continuera à chanter..


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