jeudi 17 mars 2016

Le mythe des frontières nationales

Les peuples d'Europe à l'assaut de leurs nations-prisons


Il y a 2 ans exactement, une réparation historique était réalisée par un processus référendaire qui donnait au peuple de Crimée la possibilité de se prononcer sur son avenir au moment où l'Ukraine venait de subir un changement de régime brutal orchestré par les USA et leurs laquais de l'UE, comme en témoigne depuis les déclarations des responsables étasuniens en charge du dossier, de Victoria Nuland, qui reconnait une aide financière à de 5 millions de dollars à l'opposition ukrainienne, au Président Barak Obama lui-même qui avoue la responsabilité des USA dans le changement de régime survenu à Kiev en février 2014.

Le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie est légal car réalisé par des votes démocratiques conformes au "Droit des peuples à disposer d'eux mêmes" (art55 de la charte des Nations Unies). En effet le référendum qui a été réalisé sous couvert d'une équipe d'observateurs qui n'ont constaté aucune infraction dans la procédure du scrutin, a donné une très large victoire au rattachement par 96.77 % des votes de 83,1% de participation. Le résultat est sans appel !



Après que le peuple de Crimée se soit majoritairement prononcé le 16 mars 2014 en faveur d'une "réunification de la Crimée avec la Russie dans les droits de la Fédération de Russie" le parlement a fait une déclaration d'indépendance et a présenté sa demande de rattachement à la Fédération de Russie à la Douma russe, qui l'a aussitôt entérinée le 18 mars 2014.

Les occidentaux, furieux de voir s'échapper des griffes de leur cupidité militaro-industrielle, le plus beau morceau géostratégique régional (notamment avec la présence de la flotte russe de la Mer Noire) ont aussitôt hurlé à l'illégalité du référendum oubliant leur outrecuidance d'avoir validé un mois plus tôt un coup d'état à Kiev ! C'est le début des sanctions économiques déclenchée contre la Russie depuis 2 ans...

Or ce référendum en Crimée a été justement rendu possible parce que le Maïdan avait créé un rupture de l'ordre constitutionnel ukrainien et des protocoles qui liait à Kiev cette province devons nous le rappeler qui fut arbitrairement rattachée à l'Ukraine soviétique en 1954 par Nikita Khrouchtchev, et ceci sans demander l'avis de son peuple !

Depuis l'affaire est entendue par l'opinion publique : la Crimée russe est retournée à sa Mère Patrie et les gesticulations des palais atlantistes justifiant le maintien des sanctions économiques contre la Russie montrent aujourd'hui que le rattachement de la Crimée n'était qu'un prétexte pour déclencher une agression économique étasunienne russophobe..

Nous ne reviendrons pas sur cette réparation historique légitime mais sur le cas de jurisprudence qu'elle représente sur le plan du droit international et qui a déjà été soulevé au moment du référendum sur l'indépendance du Kosovo.
En effet, le 22 juillet 2010 la cour internationale de Justice appelée a étudier le référendum et du Kosovo a conclu que l’adoption de la déclaration d’indépendance du 17 février 2008 de cette partie de la Serbie "n’a violé ni le droit international général, ni la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité, ni le cadre constitutionnel.En conséquence, l’adoption de ladite déclaration n’a violé aucune règle applicable du droit international."


A l'occasion de ce deuxième anniversaire du référendum de Crimée, John Kirby du Département d'Etat américain s'est fendu d'une déclaration dont la mauvaise foi aussi stupide qu'arrogante :


Tout d'abord si John Kirby ne prend pas en compte le XXIème siècle c'est pour éviter d'aborder les décennies précédentes et tous les problèmes nés des conflits et des traités internationaux qui pourtant ont bien imposé aux peuples d'Europe "des changements de frontières par la force" pour ne parler que des traités de Versailles ou Ribbentropp-Molotov par exemple. Et cela évite à ce bouffon du Nouvel Ordre Mondial d'évoqué le rattachement arbitraire de 1954 lié au dossier évoqué !

Et quand bien même nous ne considérerions que le XXIème siècle, qu'en est-il alors des indépendances du Timor Oriental (2002) ou du Kosovo (2008) déjà évoqué plus haut et qui ont été obtenues suite à des référendums populaires similaires à celui de la Crimée ?

Non on voit bien, s'il en était besoin, que l'argumentaire historiographique de Kirby démarre son référencement hypocrite quand ça arrange l'hégémonie étasunienne. Ainsi est-il plus aisé pour ce Nouvel Ordre Mondial en quête de légitimité, d'interdire tous les coups d'état , tous les conflits, tous les référendums... sauf bien sûr ceux qu'il a initié et contrôlé !

C'est le temps du 2 poids 2 mesures ou le système paniqué ne craint pas l'incohérence malhonnête et ridicule et a appuyant par exemple un référendum mené par des représentants illégaux du Kosovo en 1991 et en déclarant en 2015  illégal celui organisé par le parlement élu de Catalogne !  


En réalité, ce que nous observons aujourd'hui dans la région du Dniepr est symptomatique de tout système artificiel idéologique, religieux ou politique fondé par la force et non le droit et qui pour des raisons diverses (économique, politique, démographique etc...) est fragilisé dans son pouvoir. 
Les peuples étrangers intégrés et soumis à ce système centralisateur unitaire retrouvent alors souvent le chemin racinaire de leurs identités naturelles qui ont été un moment asservies par l'Histoire toujours écrite et imposée par les vainqueurs militaires.

Ainsi de cette Ukraine composite monstrueuse aux pièces polonaises, moldaves ou russes rapportées au cours des derniers conflits européens. Dans cet immense pays fragilisé par 25 années de corruption gouvernementale atavique, les provinces réputées étrangères ont toujours voulu s'émanciper d'une mentalité centralisatrice dans laquelle elles ne s'étaient jamais reconnues, leurs identités spécifiques n'étant pas elles mêmes reconnues par le Pouvoir.
Les régions russophones (40% de la population) ont toujours appuyé l'idée d'une fédéralisation pour garantir leurs spécificités dans le cadre de la constitution ukrainienne. Cette fédéralisation a toujours été demandée, évoquée, et même promise mais toujours trahie depuis la fin du régime soviétique quand Leonid Koutchma prend le pouvoir.

Ce qui s'est passé en Crimée et se déroule dans le Donbass depuis les 2 années de guerre qui ravage la région, c'est exactement ce qui va se produire dans l'Europe (et ailleurs) de manière identique ou sous d'autres déclinaisons plus pu moins violentes : une libération des peuples natifs par une reconquête de leur territoires naturels et de leurs pouvoirs représentatifs.

Les Etats nations ont vécu, n'en déplaise à leurs fanatiques colleurs d'affiches "nationalistes", y compris d'ailleurs certains staliniens, nazillons, clébards du GUD et autres paumés du système qui sont venus de France selon leurs humeurs et tumeurs, à Kiev mais aussi à Donetsk lutter contre un mondialisme dont ils ne sont finalement que des fidèles représentants et idiots utiles. 

L'ancien monde s'écroule et emportera définitivement dans l'oubli de l'Histoire les totalitarismes religieux et politiques coupables du chaos actuel, tandis qu'une nouvelle métapolitique, à la fois plus ancienne et plus audacieuse est en train de naître et restaurer l'authentique Europe qui va renaître dans le concert de ses peuples libérés et de leurs frontières historiques restaurées. Car, force est de constater que contrairement à l'Afrique ou les conflits sont ethniques (à part peut-être la Mauritanie), les saignées vécues en Europe ont presque toujours un différent frontalier à l'origine, carcan artificiel dessiné par des intérêts supra nationaux et étouffant ou divisant ses peuples natifs. 

C'est pourquoi cet anniversaire de l'autodétermination de la Crimée nous concerne tous car il n'est que le premier pas de d'une réparation historique à l'échelle de tout le veux continent et dont nous avons la chance de pouvoir être non seulement les témoins mais aussi les acteurs d'une nouvelle Europe qui fondée sur un principe de subsidiarité respectant ses peuples natifs sera libérée des dictatures successives des Etats nations des princes et de l'Union Européenne des banquiers.

Demain l'Europe aux cent drapeaux de Yann Fouéré ne sera plus un rêve, et rien ne pourra lui résister, surtout pas ces frontières artificielles dont le mythe n'est que mystification historique.

Erwan Castel



Sources de l'article :

- Site Ria Novosti, le lien : ICI
- L'avi de la Cour internationale de justice concernant le Kosovo, le lien : ICI

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